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ExxonMobil : plus faible production depuis 1999 ! Mais à fond le schiste ?

ExxonMobil : plus faible production depuis 1999 ! Mais à fond le schiste ?

Signe des temps …. le géant pétrolier ExxonMobil a annoncé le plus faible niveau trimestriel de production d’hydrocarbures depuis 1999. Et ce même si, les prix de pétrole sont à leur plus haut en trois ans. Un communiqué qui aura d’autant plus déçu Wall Street, que le groupe a annoncé parallèlement des résultats en demi-teinte. Reste  que la major US mise  à fond sur le pétrole de schiste.

Bilan des courses : l’action ExxonMobil chutait de 3,37%, s’échangeant à 78,14 dollars 14H50 GMT, les investisseurs réagissant en suivant.

Le niveau de volume de production des majors pétrolières influence grandement les marchés, inquiétant quant il s’avère trop faible, dopant le cours quand la performance est au rendez-vous.

Ainsi le géant pétrolier US Chevron a vu quant à lui son titre progresser de 1,25% à 125,92 dollars, affichant parallèlement une hausse de production. La production d’hydrocarbures d’ExxonMobil a quant à elle diminué davantage que prévu, tombant à son plus bas pour un premier trimestre depuis la fusion entre Exxon et Mobil.

Reste que, comme les autres acteurs du secteur énergétique, les deux majors US profitent à plein depuis fin 2016 du net rebond des cours du pétrole. Ces derniers ont maintenu leur tendance haussière au premier trimestre 2018 après une année 2017 favorable.

Pour rappel, fin mars, les prix du brut évoluaient entre 65 et 70 dollars, soit 10 à 15 dollars en deçà que ceux enregistrés à la même période 2017. Les cours s’avèrent en effet dopés par les efforts de l’Opep et de ses partenaires pour réduire la production, la faiblesse du dollar et les incertitudes géopolitiques maintenant la pression sur les prix.

ExxonMobil s’attend à une forte baisse de la demande d’ici 2040

Volonté délibérée d’ExxonMobil de prévoir l’avenir …. voire même une sorte de reconversion ?

En février dernier, le géant pétrolier US a annoncé s’attendre à une forte baisse de la demande mondiale de pétrole d’ici 2040 dans le cas où les réglementations visant à limiter l’impact des émissions de gaz à effet de serre sur le climat étaient pleinement mises en œuvre.

Ajoutant : « dans ce scénario, Exxon Mobil prévoit une chute de la consommation mondiale de pétrole de 0,4% par an jusqu’en 2040 pour atteindre environ 78 millions de barils par jour. C’est environ 25% en dessous des niveaux actuels, estimés à 98 millions de baril/jour par l’Agence américaine sur l’énergie (EIA) ».

Précisons que ces conclusions d’un rapport voient le jour après le soutien des actionnaires d’Exxon en faveur d’une résolution sur l’impact climatique et l’approbation par le conseil d’administration d’Exxon d’un plan pour analyser les effets.
Selon Exxon, la demande d’électricité générée par les panneaux solaires, les éoliennes et d’autres sources renouvelables devrait augmenter de 4,5% par an jusqu’en 2040, selon ce scénario.

Bénéfices 2017 en hausse malgré une baisse de production

Reste que si la production d’ExxonMobil a d’ores et déjà régressé en 2017, son bénéfice n’en est pas directement affecté. Le géant pétrolier a ainsi enregistré un bénéfice de 19,7 milliards de dollars en 2017, en hausse de près de 12 milliards de dollars par rapport à 2016, même si sa production d’équivalent pétrole a diminué d’environ 68 000 b/ j, soit environ 3% par rapport à 2016.

La production américaine d’ExxonMobil s’établissait en moyenne à près de 2,94 millions de barils / j en 2017, contre près de 3,08 millions de barils / j en 2016, selon les résultats du quatrième trimestre.

Globalement, la production de l’entreprise est passée de plus de 4,05 millions de bep / j en 2016 à environ 3,99 millions de barils / j en 2017. La production au quatrième trimestre de 2017 était en moyenne de 3,99 millions barils / j, contre 4,12 millions barils / j .

Triplement de la production du Bassin Permian de pétrole de schiste

Notons toutefois qu’ExxonMobil a annoncé en début d’année son intention de tripler sa production journalière dans le Bassin Permian aux Etats-Unis à 600 000 barils / j d’ici 2025.
Jeff  Woodbury, Vice-président d’Exxon Mobil, avait alors indiqué que la société devrait investir 2 milliards de dollars dans l’infrastructure intermédiaire, y compris l’agrandissement d’un terminal à Wink, au Texas.   Reuters précisant que la société prévoyait de dépenser en 2018 environ 24 milliards de dollars en dépenses d’investissement et d’exploration, soit environ 1 milliard de dollars de plus qu’en 2017.

ExxonMobil, Chevron et Royal Dutch Shell investissent lourdement dans le pétrole de schiste américain. Rien qu’en 2017, ExxonMobil, Chevron et Royal Dutch Shell avaient prévu de dépenser 10 milliards de dollars (9,3 milliards d’euros) pour forer de nouveaux puits dans les bassins du Bakken, dans le Dakota du Nord, mais surtout du Permian, au Texas. Ce montant ne tenant toutefois pas compte de l’acquisition par ExxonMobil d’actifs texans à la famille Bass pour 6,6 milliards de dollars en janvier 2017. Une véritable ”Permian mania “, selon IHS Markit.

Le pétrole de schiste attise désormais les convoitises des majors pétrolières. « On note clairement une tendance, chez les grandes compagnies, à affecter une proportion croissante de leurs dépenses à des projets à cycles courts, tandis que leurs investissements sur les grands projets reculent », selon une note d’un analyste de HSBC.

Alors que le prix du baril affiche une certaine volatilité depuis trois ans, les majors cherchent en effet à conserver de la flexibilité dans leurs investissements, hésitant à s’engager dans de grands projets à plusieurs milliards de dollars aux retombées beaucoup plus tardives.

Or, selon les experts, dans le domaine du pétrole de schiste, une fois les permis obtenus et les équipes en place, la première production peut intervenir dès six mois après.

Face à un tel constat, Shell, Chevron et ExxonMobil comptent désormais sur le pétrole de schiste pour développer leur production.  Il devrait représenter de 20 à 25 % de leurs extractions dans trois ou quatre ans.

Chevron prévoit ainsi d’y consacrer 2,5 milliards de dollars cette année, essentiellement dans le Permian, où il a une position de leader.  Tablant sur un quintuplement de sa production en trois ans, de 100.000 à 500.000 barils par jour. De même, Shell compte y investir de 2,5 à 3 milliards par an.

Darren Woods, qui a remplacé Rex Tillerson  à la tête d’ExxonMobil, a indiqué, début mars, qu’il consacrerait plus d’un tiers de ses investissements (22 milliards de dollars au total) aux projets à cycles courts cette année. Même si les majors sont moins agiles que les compagnies indépendantes, qui les ont devancées dans le schiste, la productivité croissante y a nettement abaissé le coût de production.  Selon le patron du géant pétrolier, les 5.500 puits d’ExxonMobil dans le Permian affichent un taux de retour sur investissement de 10 %, et même plus pour un bon nombre d’entre eux, avec un baril à 40 dollars. Le groupe espère produire 800.000 b/j de pétrole de schiste en 2025.

Pour rappel, la capacité global de raffinage d’ExxonMobil était de 4,2 millions barils / j au quatrième trimestre de 2017, contre 4,37 millions barils / j à la même période de  2016. La capacité moyenne des raffineries américaines était  de 1,51 million barils / j en 2017, contre 1,59 million barils / j en 2016, selon Reuters.

Sources : AFP, Reuters, ExxonMobil, Chevron, HSBC

Elisabeth Studer – 29 avril 2018 – www.leblogfinance.com

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2 commentaires

  1. retrouvé le retour 29 avril 2018 à 20:52

    https://www.businessbourse.com/2018/02/27/oups-plateforme-dechange-coinbase-cede-donnees-de-clients-a-ladministration-fiscale-americaine

    Je connais la musique, le compartiment moteur du pétrin de Cousine Yvonne était plein de petites pierres qui brillent et c’était la vie de ses propriétaires !! l’anonymat peut-être la survie.
    Nous allons vers une période critique de mutations. Les USA sont sur la défensive. Comme toujours ils pillent leurs pseudo alliés qui ne sont en fait que des “harkis” de leur système.
    Chaque fois que la bourse monte, chaque fois qu’une monnaie se crée, c’est en fait de la “fake mouni” qui vient faire grossir une masse monétaire totalement à la dérive.

  2. retrouvé le retour 29 avril 2018 à 21:18

    Les USA grillent les dernières billes. Il y a bien longtemps que la soit disant “fracturation” est connue. Sa réapparition sous forme de “fracturation hydraulique” est un signe qui ne trompe personne sur l’état des réserves US

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