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Dassault veut le leadership de l’avion de combat du futur … devant Airbus

Dassault veut le leadership de l’avion de combat du futur … devant Airbus

Dassault Aviation veut prendre la tête du développement du futur avion de combat européen. Un projet intégré dans le programme franco-allemand de Système de Combat Aérien du Futur (SCAF), en anglais Future Combat Air System (FCAS). C’est en effet ce que vient de déclarer son directeur général au magazine allemand WirtschaftsWoche.

“L’expérience a montré que si on veut qu’un projet de défense réussisse, il faut que quelqu’un en soit le responsable, le leader”, a ainsi déclaré Eric Trappier dans un entretien accordé à l’hebdomadaire allemand.

Ces propos interviennent alors que la France et l’Allemagne devraient selon toute probabilité annoncer les premiers détails sur le futur successeur du Rafale, de l’Eurofighter et du Gripen lors du salon aéronautique ILA qui se tient à Berlin du 25 au 29 avril prochain. Un sujet de la plus haute importance pour Dassault, constructeur du Rafale, Airbus, BAE Systems et Leonardo, constructeurs de l’Eurofighter et du suédois Gripen.

N’y allant pas par quatre chemins, Eric Trappier a pris les devants, indiquant que Dassault pouvait « prendre le rôle principal”. Arguments avancés : selon lui le constructeur aéronautique français est à la fois “la seule entreprise en Europe à pouvoir construire un avion de combat complet de A à Z”, et la seule à détenir “70 ans d’expérience et de compétences”.

Anticipant les réactions de ses partenaires, le DG de Dassault a par ailleurs déclaré ne pas s’attendre à une opposition d’Airbus face à la volonté du constructeur du Rafale à prendre le leadership sur le dossier.

Airbus n’a pas dit son dernier mot

Reste, tout de même qu’en 2017, le directeur général d’Airbus Defence and Space, Dirk Hoke, a d’ores et déjà revendiqué le rôle principal au sein du programme. Arguant de l’importance du projet pour l’industrie aérospatiale européenne.

« Dans l’hypothèse où la volonté politique nécessaire est là, Airbus propose de conduite la coopération avec ses partenaires européens et de façonner ainsi cet aspect de notre futur européen commun », avait alors écrit Dirk Hoke, dans une tribune publiée par la lettre spécialisée allemande Griephan Briefe.

Pour M. Hoke, Airbus Defence & Space – dont les implantations sont principalement en Allemagne – doit même être le « chef de file pour un projet de cette nature. »

“C’est un programme conjoint franco-allemand, et il est évident pour tout le monde dans le secteur qu’il doit aussi s’agir d’un effort conjoint de l’industrie”, a déclaré le porte-parole d’Airbus, Florian Taitsch, suite aux propos de Eric Trappier.

Un porte-parole du ministère allemand de la Défense s’est quant à lui abstenu de tout commentaire.

Prochaine étape prévue à la fin du mois d’avril

La prochaine étape du Système de combat aérien du futur (SCAF), lancé en juillet 2017 lors du conseil franco-allemand de Défense, devrait intervenir lors du salon aéronautique ILA de Berlin, qui ouvrira ses portes le 25 avril prochain. Un projet stratégique qui pourrait comprendre drone de combat ou de surveillance, avion optionnellement piloté, avion ravitailleur, ou tout autre matériel.

Un document « d’expression du besoin » (High level command operational requirement document) pourrait alors faire l’objet d’une signature entre les autorités françaises et allemandes.

Ce document devrait résumerait les besoins militaires conjoints avant l’élaboration d’une feuille de route plus précise concernant le calendrier, la stratégie de coopération et le partage industriel. Laquelle pourrait être achevée dès la mi-2018 si l’on en croit « Le journal de l’aviation ».

Du côté du ministère des armées, on indiquait ainsi début avril que les choses avaient « bien avancé depuis la signature le 13 juillet dernier ». Et que cela devait à présent être « décliné en volet industriel. »

La feuille de route du programme et ses premières options industrielles devraient être précisées en juin.  L’objectif est de parvenir dans un an à un contrat commun pour faire travailler ensemble les deux industries. » indique-ton dans l’entourage du ministre de la défense, Florence Parly.

Pour l’instant, industriels allemands et français travaillent chacun de leur côté. L’Allemagne a déjà signé un premier contrat d’études avec Airbus. Côté français, la direction générale de l’armement (DGA) devrait rapidement faire de même avec Dassault (pour l’architecture de l’aéronef), Thales (pour les systèmes embarqués) et MBDA (pour l’armement).

Une mise en commun des travaux effectués par les deux pays devraient être opérée en 2019, avant de débuter la répartition industrielle du futur programme si l’on en croit le Journal de l’Aviation. Lequel ajoute que le projet devrait – en toute logique – disposer d’une maîtrise d’ouvrage unique.

Sources : Reuters, WirtschaftsWoche, Airbus, Journal de l’Aviation, Le Monde

Elisabeth Studer, le 16 avril 2018 – www.leblogfinance.com

 

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3 commentaires

  1. retrouvé le retour 16 avril 2018 à 11:57

    “70 ans d’expérience” sur des cellules de monomoteurs qui devaient être suivis au sol par des “ramasseurs” au cas où c’est pas grand chose !! Pour le moment les Anglais qui se sentaient mal on préféré le Brexit à l’humiliation, c’est déjà ça !!

  2. retrouvé le retour 18 avril 2018 à 01:34

    Le réacteur “de type CFM-56, fabriqué par une co-entreprise de General Electric et Safran, aurait endommagé le fuselage et un hublot de l’appareil, a précisé dans un communiqué la Federal Aviation Administration (FAA)”

    Réacteur ? cellule ? assemblage ?

  3. JP 20 avril 2018 à 08:15

    L’argument de Trappier est pas faux, mais gonflé.
    Grosso-modo, il dit que les autres ont raté l’EuroFighter, et que les meilleurs c’est Dassault.
    C’est ce que je lis entre les lignes. Je me demande comment cela sera reçu, car il tourne le couteau dans la plaie

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