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Brexit : Barnier s’attend à une absence d’accord, l’Irlande pèse

Elisabeth Studer Actualités, Economie 6 commentaires
Brexit : Barnier s’attend à une absence d’accord, l’Irlande pèse

Pour le moins inquiétant … S’exprimant lors d’une conférence sur le sujet en Irlande, Michel Barnier, le négociateur européen du Brexit a déclaré que l’Union européenne devait se préparer au risque réel que les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE se terminent sans accord.

Un accord de retrait difficile à obtenir

“Dans les prochains mois de négociations, l’essentiel sera de conclure un accord de retrait. Nous n’y sommes pas encore et, pour être clair, pas seulement à cause de la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord”, a tenu à préciser déclaré Michel Barnier.

Selon lui, il existe un « risque réel » et les différentes parties doivent d’ores et déjà se préparer à toutes les possibilités, y compris l’absence d’accord. Ajoutant que cela ne correspondait pas à son choix.

Le négociateur a néanmoins déclaré espérer des progrès d’ici les conseils européens de juin puis d’octobre, tout en insistant sur le fait qu’il n’est pas “favorable à repousser davantage” la conclusion d’un accord.

Michel Barnier a également rappelé que la mise en place de la période de transition – laquelle doit s’étendre de fin mars 2019 à la sortie officielle du Royaume-Uni de l’UE prévue pour la fin décembre 2020 – était tributaire de la conclusion d’un accord entre Londres et Bruxelles en octobre prochain sur la sortie elle-même de l’Union européenne.

Reste que l’Irlande demeure un point extrêmement sensible, voire préoccupant.

La question irlandaise : une difficulté majeure

Le négociateur en chef du Brexit pour l’Union européenne a également mis en garde lundi sur le risque de voir échouer les négociations avec Londres sur le Brexit en raison de la question de la frontière irlandaise.

“Le cadre de l’accord doit contenir une solution claire et opérationnelle concernant l’Irlande”, a martelé Michel Barnier. Ajoutant que tant que cet accord n’aura pas été atteint, il y avait « un risque que ces négociations n’aboutissent pas. »

Tant le Royaume-Uni que l’UE disent vouloir éviter que la sortie du Royaume-Uni de l’UE provoque le rétablissement d’une frontière “dure” entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande voisine, membre de l’UE.

L’enjeu du dossier : préserver autant que faire se peut l’accord de paix conclu en 1998. Lequel avait mis fin à trois décennies d’affrontements sanglants entre nationalistes et partisans nord-irlandais d’une union entre les deux territoires, en renforçant les liens entre les deux entités.

En mars dernier, les Britanniques ont accepté d’intégrer dans l’ébauche d’accord de retrait de l’UE l’option d’un “espace réglementaire commun” incluant l’UE et l’Irlande du Nord, au moins jusqu’à ce qu’une solution satisfaisante soit proposée.

Cette solution, dite de “backstop”, “est sur la table à cause des lignes rouges dressées par le Royaume-Uni”, a tenu à souligner lundi Michel Barnier, faisant allusion à la décision prise par Londres de quitter l’union douanière et le marché unique après le Brexit.

Il s’agit pour lui d’une “solution opérationnelle” proposée par l’UE et non d’une “remise en cause de l’intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni”. Une nuance d’importance alors que certains craignent de voir naître une frontière interne si l’Irlande du Nord reste alignée sur la réglementation européenne contrairement à la partie Sud du pays.

Michel Barnier répond ainsi aux critiques émanant notamment des élus du petit parti unioniste nord-irlandais DUP, crucial allié de la Première ministre britannique Theresa May. Cette dernière détenant une majorité très fragile au Parlement.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a déclaré pour sa part qu’en aucun cas “l’Irlande et l’UE ne souhaitaient annexer” l’Irlande du Nord, ajoutant que “le backstop » n’était « la solution préférée de personne” mais que “les lignes rouges posées par le Royaume-Uni » étaient « les principaux obstacles” à une solution.

Le recours à une option de backstop n’est pas “une stratégie” de négociation, a renchéri de son côté Michel Barnier, affirmant que Bruxelles ne tentait pas de revenir sur le Brexit. Autre critique formulée à l’encontre des 27 pays membres par les tenants britanniques d’une ligne radicale sur le Brexit.

S’exprimant dimanche dernier dans un entretien au journal irlandais Sunday Independent, le responsable européen avait souligné que le Brexit avait créé « un problème spécifique en Irlande », et qu’il était donc « de la responsabilité du Royaume-Uni de présenter une solution pratique”. Déplorant n’avoir reçu à ce jour aucun scenario de tel ordre.

Il avait parallèlement précisé que “des progrès substantiels” devraient avoir été réalisés d’ici au Conseil européen de juin, date à laquelle les dirigeants européens devront évaluer si la question irlandaise a été résolue.

Sources : Reuters, AFP, Sunday Independent, Agefi-Dow Jones

Elisabeth Studer – 30 avril 2018 – www.leblogfinance.com

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6 commentaires

  1. Elisabeth Studer 30 avril 2018 à 18:43

    Les Lords donnent au Parlement britannique le droit de bloquer un Brexit sans accord

    30/04/2018 | 18:29
    Londres (AFP)–La chambre des Lords britannique a adopté lundi un amendement au projet de loi sur le Brexit donnant au Parlement le pouvoir d’empêcher le gouvernement de quitter l’Union européenne en l’absence d’accord avec Bruxelles.

    La proposition a été adoptée par 335 voix contre 244. A l’issue de son examen par les Lords, le texte doit revenir en mai devant les députés, qui l’avaient voté en janvier et qui pourraient donc supprimer ou modifier cet amendement embarrassant pour l’exécutif

    Agefi-Dow Jones The financial newswire

  2. retrouvé le retour 30 avril 2018 à 21:26

    Oui ES, La chambre des Lords sous sa forme actuelle va disparaître si elle s’oppose au Brexit. Un dommage collatéral !! :)

    Pour ce qui est de l’Europe, il va falloir faire l’Europe même si les bras tendus et autres phalanges relèvent le nez. La propagande nie ce phénomène de ” brunisation” en Europe de l’Ouest, c’est dommage. Le réalisme est une qualité.

    “Voto in Friuli Venezia Giulia: vince Fedriga del centrodestra. Pd secondo, crolla il M5S
    L’affluenza alle urne ieri è stata pari 49,63 per cento”
    La Stampa !!

    Un quotidien italien minable, gomme les crânes rasés et les costumes noirs portés par certains en particulier dans le Val d’Aoste. Comme on gomme tranquillement tout ce qui gène en “Asie Mineure”

    Les questions posées de l’unité de l’Irlande, de l’indépendance de la Catalogne, de l’Ecosse ou de celle de la Corse sont posées.

    Il faut relire l’analyse d’Yvonne Bollmann dans “la tentation Allemande” et mesurer que son analyse anticipatrice de 1997 est maintenant réalité.

    Pour ce qui est du fumeux “nouveau Moyen Orient” c’est cuit. La bêtise de Bush faisant présentant de fausses preuves contre l’Irak à la tribune de l’ONU, nous conduit à perdre, car nous n’avons aucun intérêt a soutenir des états religieux criminels et plus personne n’a les moyens pour transformer en réfugiés des millions de malheureux !!

  3. retrouvé le retour 1 mai 2018 à 10:13
  4. retrouvé le retour 2 mai 2018 à 04:03

    C’est bientôt l’anniversaire des 50 ans de l’échec au bac de Monsieur !! Mais une gamelle sur le Brexit est peu probable !! Si ces Messieurs Dames ne dégagent pas seuls ils seront poussés.
    La montée du $ en surnombre est la suite logique de la “pétoche” qui commence a envahir les esprits des imbéciles qui logent dans des états pseudo religieux autour de notre belle “Mare Nostrum”.

    ES on va faire quoi la prochaine ?

  5. retrouvé le retour 10 mai 2018 à 01:30

    Pendant que ES dors dans son véhicule !! Trump lisse sa coiffure qui est très belle et laquée (comme le canard ). mais qui se déplume (comme le cul de la poule).

    Une seule solution demander des plantations à un spécialiste qui jure en regardant “droit dans les yeux”, Gégé Cahuzac.
    Par contre je ne sais pas où il faut prendre les poils sans doute Stephanie Clifford alias «Stormy Daniels» pourra-t-elle aider cet homme de l’art :) :)

  6. retrouvé le retour 12 mai 2018 à 09:44

    Aller Michel met les dehors. Soit courageux. Même pas besoin de tirer un Penny de ces pingouins.

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