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Voiture autonome : Uber réfute les accusations de Waymo de vol de technologies

Uber réfute les allégations de Waymo l’accusant de vol de technologies dans le domaine des voitures autonomes. La plainte, déposée en février, vient d’être complétée par Waymo, au début du mois. Plus encore, Uber profite de l’occasion pour tenter de vanter mérites et qualités de ses produits en indiquant pour sa défense qu’il ne saurait que faire des secrets commerciaux de la spinoff de Google lancée il y a huit ans, les services qu’il développe exigeant selon lui une technologie potentiellement supérieure.

Ses arguments ont été remis en fin de semaine dernière à la cour fédérale de San Francisco, constituant la première réponse détaillée d’Uber aux accusations de Waymo qui affirment que les voitures autonomes de son concurrent s’appuient sur une technologie cruciale conçue par lui.

Si Uber s’était montré au départ comme un allié de Google, au début 2015, il est apparu  comme son rival dans le marché de la conduite autonome, commençant alors à développer sa propre flotte de véhicules de ce type.

Alphabet (anciennement Google), par le biais de sa filiale Waymo, accuse l’un de ses anciens employés d’avoir volé des secrets industriels en touchant 120 millions de dollars au passage puis recruté d’autres employés en vue de développer Otto, une entreprise de camions autonomes, passée dans le giron d’Uber en août 2016.

Avant de quitter Google en janvier 2016, Anthony Levandowski aurait profité des technologies développées pour travailler en secret, sur Otto. Alphabet affirme que plus de 14.000 documents auraient été téléchargés sur une clé USB, avant de se retrouver au final utilisés par Uber. Selon le détail de la plainte, un an avant son départ de Google, Anthony Levandowski aurait débuté à recruter ses collègues afin qu’ils le rejoignent dans sa nouvelle société, pratique totalement interdite.

Waymo estime encore qu’en 2013, Anthony Levandowski aurait participé à la création d’Odin Wave LLC, sans en informer Google. Or, cette entreprise qui développait des capteurs laser, s’est retrouvée aux mains  d’Otto, après une fusion opérée en février 2014. Waymo considère de ce fait que Anthony Levandowski a enfreint sa clause de non-divulgation de secret professionnel à plusieurs reprises.

« Otto et Uber ont pris la propriété intellectuelle de Waymo afin de pouvoir s’épargner le risque, le temps et les dépenses liés au développement indépendant de leurs propres technologies », affirme ainsi la plainte déposée devant un tribunal de San Francisco pour vol de secret industriel et violation de brevet.

Désormais, Waymo essaie de contrecarrer les efforts d’Uber en persuadant la justice de bloquer l’expansion de la conduite autonome de son concurrent, aux motifs qu’elle repose sur un vol de hautes technologies.

Face à ces accusations, Uber a tout d’abord accepté d’emblée de rembourser ce que réclamait Waymo à propos des brevets, demandant à ce qu’un arbitrage privé soit rendu, plutôt qu’un procès. Mais le 30 mars dernier, Anthony Levandowski a plaidé le 5ème amendement, qui lui donne le droit d’éviter d’être interrogé par les enquêteurs dans une affaire pénale.

Uber a désormais présenté à la justice la preuve qu’il avait commencé à travailler sur une technologie radicalement différente de celle de Waymo, et, plus d’un an avant d’acheter Otto. Le conflit se concentre sur une partie cruciale des voitures autonomes appelées LiDAR, des capteurs à scanner laser permettant aux véhicules d’avoir une visibilité de leur entourage ( voitures, piétons ou autres obstacles), et dans lesquels Waymo affirme avoir investi « des dizaines de millions de dollars et des dizaines de milliers d’heures d’ingénierie ».

Waymo dit avoir découvert le pot aux roses après avoir été mis accidentellement en copie parmi les destinataires d’un mail envoyé par un sous-traitant qui contenait en pièce jointe des schémas de circuits imprimés à destination d’Uber ayant « une ressemblance frappante »  avec ses « propres designs hautement confidentiels ».

Sources : Detroit News, Bloomberg, New York Times, Reuters, AFP

Elisabeth Studer – 13 avril 2017 – www.leblogfinance.com

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1 commentaire

  1. retrouvé le retour 1 juin 2017 à 09:39

    https://www.lorientlejour.com/article/1054780/etats-unis-la-police-rend-publique-la-video-de-larrestation-de-tiger-woods.html

    En voila un qui si il continue à prendre des médicaments pour son mal de dos va finir par donner à des policiers ferreux l’occasion de faire un long métrage et de faire la montée des marches à Cannes !!
    C’est ça l’Amérique !! pourquoi n’utilise-t-il pas une voiture autonome puisque c’est le véhicule de base de nos « libérateurs »

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