Le Blog Finance

Airbus : les licenciements secs ne peuvent être exclus selon Tom Enders

Inquiétudes pour les salariés d’Airbus. S’exprimant dans les colonnes du Figaro, le PDG d’Airbus Group, Tom Enders, a répondu au journaliste lundi qu’il ne pouvait pas garantir que le plan de suppression de 1164 postes au sein du groupe aéronautique n’entraînerait pas de licenciement sec, refusant de s’engager à ce sujet. Le cas échéant, il s’agirait d’une première dans l’histoire de l’avionneur européen.

« Nous nous préoccupons de nos employés. Nous mettrons en place toutes les mesures d’accompagnement possibles, notamment de formation, de mobilité et de reclassements internes », a toutefois assuré le PDG d’Airbus Group, sans vraiment rassurer.

Mardi dernier, la direction d’Airbus a annoncé la suppression de 1164 postes en Europe, tout en promettant de tout faire pour éviter des licenciements secs. Néanmoins selon les syndicats, les suppressions de poste auront en particulier lieu à Suresnes, dans la banlieue parisienne, et Ottobrunn, près de Munich, où travaillent 1.200 personnes environ au total, et dans une moindre mesure sur le site aviation d’Airbus à Marignane près de Marseille.

Les syndicats dénoncent un plan guidé par une logique purement « financière », mettant en avant un carnet de commandes record de près de 1000 milliards d’euros et plus de 5 milliards de trésorerie.

Selon les informations préliminaires divulguées aux salariés lors de trois récents comités d’entreprise européens, le groupe s’apprête à supprimer « 780 postes sans réelle justification », a annoncé fin novembre la CFTC dans un communiqué.

Tom Enders argumente quant à lui de telles mesures par les « défis opérationnels » auxquels l’entreprise doit faire face. Il ajoute par ailleurs que 5 milliards d’euros de cash ne représentent pas une somme suffisante « pour un groupe qui réalise 65 milliards de chiffre d’affaires et qui dépend autant de l’aviation commerciale ».

Début octobre, le directeur général délégué d’Airbus, Marwan Lahoud, avait indiqué à l’antenne de Radio Classique que des « mesures sociales » seraient nécessaires dans le cadre de la réorganisation du groupe Airbus annoncée fin septembre.

« Il y a des transferts de postes, il y a des gens qui bougent donc forcément il va y avoir des mesures sociales nécessaires pour y arriver », a déclaré M. Lahoud, chargé de l’international, des affaires publiques et de la stratégie, interrogé sur la fusion entre Airbus Group et sa branche d’aviation commerciale.

« Le premier poste d’économie viendra de la simplification elle-même », a précisé M. Lahoud ajoutant qu’ »aujourd’hui les interactions entre les deux sièges sont génératrices de bureaucratie et de complexité ».

La fusion permettra de supprimer les doublons des fonctions « supports », avait indiqué dans la foulée le président d’Airbus, Fabrice Brégier, dans une interview au journal Le Monde, jugeant « prématuré » de dire qu’il y aurait des licenciements.

Certes, la direction n’a toujours pas évoqué de licenciements secs mais « plus vous avez de suppressions de postes, plus cela devient difficile à recaser », a toutefois précisé Jean-Marc Escourrou, secrétaire FO (majoritaire). Selon lui, il y a de fortes probabilités qu’Airbus annonce un PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi), nouvelle appellation du « plan social ».

Pour rappel, la restructuration du groupe, baptisée Gémini, consiste à fusionner à Toulouse les sièges de la branche d’aviation commerciale (Airbus SAS, 70% de l’activité) avec le groupe (Airbus Group SAS).
Cette intégration, qui ne touche que les fonctions administratives et non opérationnelles, doit donner naissance « Airbus Group » dès janvier prochain mais ne sera effective en juillet/août 2017. Selon l’entreprise, elle est destinée à éviter les « duplications » et à gagner en « agilité ».

Sources : AFP, Le Figaro

Elisabeth Studer – 5 décembre 2016 – www.leblogfinance.com

Partager cet article

Article de

1 commentaire

  1. Elisabeth Studer 8 février 2017 à 01:25

    Airbus : Le chef de la stratégie, Marwan Lahoud, quitte Airbus

    07/02/2017 | 21:13

    Marwan Lahoud, directeur général délégué d’Airbus chargé de la stratégie, va quitter le groupe européen d’aéronautique et de défense à la fin du mois après y avoir passé plus de 20 ans.

    Marwan Lahoud a décidé de ne pas renouveler son mandat au moment où la société achève sa réorganisation interne, avait précisé à Reuters une source au fait de sa décision avant l’officialisation de son départ via un communiqué d’Airbus.

    Le dirigeant a été l’un des fondateurs d’EADS, l’ancêtre d’Airbus Group, en 2000. Il est considéré comme la cheville ouvrière des changements de gouvernance précédents qui ont conduit à amoindrir l’influence des gouvernements français et allemand.

    Marwan Lahoud avait indiqué à la fin 2016 qu’il souhaitait changer d’orientation après une longue période passée chez Airbus, estimant par ailleurs que sa fonction n’avait plus la même nécessité après la fusion entre Airbus et sa maison-mère Airbus Group, a expliqué la source.

    « Marwan a été un acteur de premier plan dans l’équipe de direction de notre entreprise depuis sa création en 2000. Il a également joué un rôle clé dans son intégration et dans la mise en place de notre gouvernance au cours des cinq dernières années », a déclaré Tom Enders, président d’Airbus, dans le communiqué.

    Au total, Marwan Lahoud aura passé plus de 20 ans chez Airbus à travers différentes fonctions, entrecoupées par un passage chez MBDA qu’il a dirigé pendant 5 ans.

    Diplômé de Polytechnique et de l’Ecole nationale supérieure de l’Aéronautique et de l’espace, il a débuté sa carrière en 1989 à la direction générale de l’armement. Après un passage au ministère de la Défense comme conseiller, il a rejoint Aerospatiale dont il a négocié le rapprochement avec Matra, première étape dans la création d’EADS, devenu par la suite Airbus Group.

    Il préside par ailleurs le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (Gifas).

    « Avec la nouvelle intégration, nous avons réalisé la toute dernière étape de la fusion d’Airbus. Il est donc temps pour moi de me projeter dans de nouvelles perspectives et je souhaite relever d’autres défis », explique Marwan Lahoud dans le même communiqué.

    Airbus a précisé que la désignation de son successeur ferait l’objet d’une communication ultérieure.

Commenter cet article