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Le cours du pétrole chute fortement après un plus haut depuis plus d’un an

Le cours du pétrole a nettement chuté jeudi à New-York, alors qu’il avait affiché la veille un plus haut depuis plus d’un an.

Des prises de bénéfices auront en effet permis de stopper la tendance haussière, le raffermissement du dollar et des doutes quant à la capacité des marchés à absorber une offre pléthorique accentuant le mouvement.

Le prix du baril de “light sweet crude” (WTI) aura ainsi perdu 1,17 dollar, s’échangeant au plus bas à 50,44 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) en ce qui concerne le contrat de novembre 2016, dont c’était le dernier jour de cotation. Au final, le cours s’établissait en cloture à 50,64 dollars, contre 51,93 dollars la veille.

Parallèlement à Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre reculait de 1,29 dollar à 51,38 dollars sur l’Intercontinal Exchange (ICE).

Mercredi, les cours du pétrole avaient terminé à un niveau inégalé depuis la mi-2015 à New-York, dopés par l’annonce d’un recul inattendu des stocks hebdomadaires de pétrole brut aux Etats-Unis. Certains investisseurs auront pu prendre leurs prises de bénéfices, voire considérer avec recul que le mouvement haussier observé hier était quelque peu excessif aux regards des chiffres publiés, alors que les réserves d’essence ont quant à elles monté. De plus, les analystes ont souligné pour leur part que la baisse des stocks de brut pouvait avant tout s’expliquer par un recul persistant des importations et non une chute de la production qui a au contraire rebondi la semaine précédente. Une telle situation ne peut donc à leurs yeux permettre de résoudre la surabondance internationale.

Les experts estiment même que l’offre US en hydrocarbures devrait progresser, la découverte par Cheseapeake Energy d’une réserve de 4,5 milliards de barils, à la frontière de la Virginie occidentale et du Kentucky, laissant entrevoir un rebond de production de pétrole de schiste aux Etats-Unis.

Si la production américaine a certes largement décliné lors du premier semestre 2016, les observateurs redoutent désormais un rebond, comme semble l’indiquer le nombre de plus en plus élevé de puits en activité chaque semaine, selon un décompte établi par le groupe Baker Hughes.

Un renforcement du dollar face à l’euro jeudi aura également stoppé l’envolée des cours. Le billet vert profite de propos de la part de la Banque centrale européenne (BCE) jugés défavorables à l’euro, contexte de nature à plaider en défaveur des échanges pétroliers libellés en monnaie américaine, ces derniers devenant de facto plus onéreux.

Autre sujet d’inquiétude : des doutes quant à la capacité réelle de la Russie et de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à trouver un accord en vue de baisser leur offre. Si fin septembre, le cartel a certes annoncé un accord de principe entre ses membres - ce qui aura permis dans un premier temps de relancer le marché – ce dernier doit encore être mis en oeuvre lors de son sommet de novembre auquel la Russie et d’autres grands pays producteurs pourraient ne pas participer.

Si le président russe, Vladimir Poutine, a récemment affiché son soutien à l’accord, Igor Setchine, le patron du géant public russe Rosneft, a quant à lui laissé planer le doute jeudi, déclarant que la Russie « était en mesure de considérablement accroître ses volumes de production”, à quatre millions de plus de barils par jour (bj).

Sources : AFP, Nymex

Elisabeth Studer – 20 octobre 2016 – www.leblogfinance.com

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