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La banque Migros pourrait répercuter les taux négatifs sur ses clients

Effets dominos de la mise en place de taux négatif … voire même effets pervers.

La Banque Migros n’exclut pas de répercuter sur ses clients privés les taux négatifs introduits par la Banque nationale suisse (BNS) si la situation perdure ou si l’institut d’émission décidait de les abaisser davantage. C’est en effet ce que vient d’indiquer le patron de la filiale des coopératives Migros dans un entretien au journal « Le Temps ».

« Dans l’immédiat, il est nullement prévu de répercuter les taux négatifs sur les comptes d’épargne des clients privés. Mais un tel pas n’est pas exclu si les taux négatifs de la BNS durent encore longtemps », a ainsi déclaré le président de la direction générale, Harald Nedwed, dans un entretien paru dimanche soir.

Selon M. Nedwed, « le secteur de la banque de détail réfléchit aujourd’hui à la manière de répercuter un jour les taux négatifs sur la clientèle. Cela serait mis en place de manière graduelle, de manière à ce que seuls les avoirs d’un certain montant, par exemple dès 100 000 francs, soient soumis à un taux négatif ». Certes, il y a de la marge … mais la banque Migros pourrait montrer l’exemple.

Lucide, le patron de la banque Migros, estime certes probable que certains clients tenteraient dans un premier temps de transférer leur argent vers les autres banques qui ne prélèvent pas encore des taux négatifs … avant que les autres établissements ne fassent de même ?

Interrogé sur l’élément déclencheur qui pourrait inciter des banques de détail à répercuter les taux négatifs sur leurs clients, le banquier a déclaré que cela dépendait du «seuil de douleur» que chaque établissement financier était capable de supporter, lequel est influencé par la structure entre les actifs et les passifs de la banque.

Il rappelle en effet qu’à l’heure actuelle, « la plupart des banques suisses de détail ont bien plus d’argent qu’il ne leur en faut. » Or, selon lui, si quelques banques commencent à introduire des taux négatifs pour la clientèle de détail,il est probable que certains clients tenteraient dans un premier temps de transférer leur argent vers les autres banques qui ne prélèvent pas encore des taux négatifs. « Ces dernières devraient alors adapter rapidement leur politique car aucun institut n’a envie d’accumuler des liquidités à court terme dans son bilan, coûteuses pour la banque en raison des taux négatifs » ajoute-t-il au final.

Selon le patron de la banque Migros, « un des éléments clés est le montant jusqu’auquel les banques sont exonérées des taux négatifs. L’intérêt négatif n’est en effet prélevé que sur la part des avoirs en comptes de virement qui excède le montant exonéré, lequel est défini pour chaque banque en fonction de ses réserves minimales exigées par la loi. «

« Au-delà de ce seuil, cela veut donc dire que chaque franc déposé par un client auprès d’une banque donnée finit sur les avoirs en compte de virement déposés à la BNS, soumis aux taux négatifs. Dans ce contexte, il reste plus intéressant pour une banque d’accorder à un client un prêt hypothécaire à 10 ans à un taux très bas, même à moins de 1% par exemple, plutôt que de laisser cet argent sur un compte sur lequel on prélèvera des taux négatifs à hauteur de 0,75%… «  Vaste sujet qui ouvre la porte à de larges dérives …

Car toujours selon Harald Nedwed, « cette situation induit des distorsions entre établissements ». Ainsi, pour une banque ayant dépassé le seuil d’exonération, il sera plus intéressant pour elle d’accorder un prêt à un taux extrêmement bas que de payer des taux négatifs.

Afin d’éviter cela, beaucoup de banques en Suisse pratiquent une forme de subvention croisée entre les activités hypothécaire et celles d’épargne. « D’un côté, les banques réalisent des marges bien positives avec les hypothèques. De l’autre, elles perdent de l’argent avec les avoirs qui sont déposés sur les comptes d’épargne » explique en toute franchise le patron de la banque Migros.

Sources : AWP, Le Temps, Migros

Elisabeth Studer – 08 août 2016 – www.leblogfinance.com

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5 commentaires

  1. retrouvé le retour 8 août 2016 à 22:51

    La Suisse a déjà connu les taux négatifs. Il s’agissait alors de bonnes espèces sonnantes et trébuchantes mises à l’abri dans les coffres Suisses. En particulier dans les moments de la chute de la Lire.
    Des files de voitures italiennes passaient alors les postes franco-suisses dans le Jura (chacun mesure bien que la route directe entre Milano et Genève ne passe pas par les Rousses !!)
    Aujourd’hui la Suisse est noyée par les résidus de fausse monnaie des QE en particulier en $.
    Ceci dit ce déferlement de $ dans les banques suisse en dit long sur l’efficacités des mesures prises pour bloquer le blanchiment !!

  2. retrouvé le retour 11 août 2016 à 08:15
  3. Nouvelle Épargne 6 septembre 2016 à 17:17

    Compliqué..

    « certains clients tenteraient dans un premier temps de transférer leur argent vers les autres banques »
    Cette citation ne présage rien de bon…
    Mais combien de temps avant que d’autres banques appliquent aussi des taux négatif ?

    Edouard | Nouvelle Épargne

  4. Recherche Immo 9 septembre 2016 à 09:48

    Je pense pas que cela soit valable très longtemps

  5. retrouvé le retour 10 septembre 2016 à 11:11

    http://www.boursorama.com/actualites/la-mondialisation-mal-geree-est-un-danger-considerable-83503427b5373983d8bd0b492e59f5f9

    C’est déjà bien de ne pas avoir de peau de saucisson devant les yeux au moment ou l’on prétend conduire le véhicule diesel de l’économie dont « les mesures de pollution » sont fausses !!
    L’ensemble des acteurs de l’analyse économique fonctionnent depuis 2006 avec des capteurs truqués. C’est pour cette raison que j’ai pu écrire qu’un » blog finance » n’avait aucun intérêt.
    Un blog ou tout autre système de de « littérature » qui répercute des données fantaisistes est aussi nocif que les imprimeurs de QE de la FED.

    Une pseudo contraction monétaire, c’est comme soeur Anne. On ne verra rien venir !! Il faudrait comprimer les valeurs en dessous de 1000 points pour un CAC 40 !!
    Qui veut se livrer à cet exercice ? Alors que pour récupérer quelques voix notre  » fliegende Holländer » recrée une niche fiscale « retraités » !!
    La crise économique qui frappe les USA est comme un mistigri qu’ils cherchent à refiler à l’Europe. Nous devons refuser cette carte.

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