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Cuba : Fidel Castro ne cède pas aux chants des sirènes d’Obama … malgré le pétrole

Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas encore la lune de miel entre Cuba et les Etats-Unis. Si certes, le pays de Fidel Castro pourrait faire les yeux doux aux USA en vue de développer sa production pétrolière, les frères Castro sont loin d’être atteints de la maladie d’Alzheimer.

L’ex-président cubain a ainsi affirmé lundi que malgré la récente visite historique de Barack Obama, Cuba n’oublierait pas ses confrontations passées avec les Etats-Unis et que l’île n’avait pas besoin de cadeau des USA.

« Nous sommes capables de produire des aliments et les richesses matérielles dont nous avons besoin grâce aux efforts et à l’intelligence de notre peuple » a ainsi déclaré Fidel Castro dans un texte publié une semaine après la visite du président américain à Cuba. Ajoutant : « nous n’avons pas besoin que l’empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit ».

Dans une longue lettre intitulée « Le frère Obama », l’ancien président cubain ironise sur les propos prononces par M. Obama lors de son discours de La Havane la semaine dernière. « On était censés courir le risque d’un infarctus en écoutant ces paroles du président américain », poursuit également Fidel Castro, avant de rappeler une longue liste de contentieux passés et actuels entre les deux pays.

La semaine dernière, le président américain avait appelé La Havane à enterrer le dernier vestige de la Guerre froide avant de se lancer dans un plaidoyer en faveur des libertés publiques et la démocratie sur l’île, tout en se défendant de vouloir imposer des changements à Cuba.

« Ma modeste suggestion est qu’il réfléchisse et qu’il n’essaie pas d’élaborer les théories sur la politique cubaine », a répondu en retour Fidel Castro rappelant la jeunesse de Barack Obama, né au plus fort des tensions entre La Havane et Washington. « Que personne ne se fasse d’illusions sur le fait que le peuple de ce pays noble et désintéressé renoncera à la gloire et aux droits, à la richesse spirituelle acquise par le développement de l’éducation, la science et la culture », a également prévenu l’ex-président dans sa lettre publié par le quotidien d’Etat Granma.

Si Fidel castro ne s’est certes jamais ouvertement opposé au rapprochement avec les Etats-Unis, il aura toutefois attendu un mois et demi après l’annonce du rapprochement fin 2014, pour approuver mollement cette initiative, tout en réaffirmant sa méfiance à l’égard de son vieil ennemi de la Guerre froide.

Tant pis pour les Bisounours qui pensaient que la rapprochement entre Etats-Unis et Cuba était purement politique … et totalement désintéressé … Comme nous l’avions indiqué déjà bien avant le réchauffement des relations entre Obama et la famille Castro en décembre 2014, une nouvelle odeur de pétrole règne en effet sur la Havane. Ne rêvons pas …

C’est ainsi qu’en octobre 2015, la porte-parole d’une filiale de la compagnie d’État cubaine Cuba-Petroleo a indiqué que Cuba était ouvert à « tous types d’affaires » avec des entreprises  américaines pour exploiter ses réserves d’hydrocarbures.

Si depuis 1962 et l’instauration d’un embargo par Washington contre le régime communiste de Cuba, les entreprises américaines étaient jusque là interdites de toute activité dans le pays, les choses pourraient bien changer.

« [Que les entreprises américaines] viennent, nous sommes prêts, nous les attendons, nous avons tous types d’affaires pour elles », avait alors déclaré Maria Yodalis Hernandez, porte-parole de Cuba-Petroleo ou Cupet. « Nous espérons que cette nouvelle ouverture, qui a commencé après le 17 (décembre 2014), ait une influence sur l’industrie pétrolière » cubaine, avait-elle ajouté, à l’occasion d’une visite organisée avec des correspondants étrangers à Matanzas, à 110 kilomètres à l’est de La Havane.

Alors que les experts internationaux estiment que les eaux cubaines abritent des réserves comprises entre 5 et 9 milliards de barils de brut – La Havane allant même jusqu’à une estimation de 20 milliards de barils – Cupet ne peut en exploiter que 5%, en l’absence de « technologies pour les extraire ». Selon les termes mêmes de Mme Hernandez, les entreprises américaines détiennent en effet « les principales ressources et la technologie de pointe ».

Précisons que Cuba produit d’ores et déjà 25 millions de barils par an … de pétrole extra-lourd ne pouvant servir qu’à la production électrique, de ciment ou d’asphalte. Une production qui lui permet de couvrir   40% de sa consommation de pétrole laquelle se chiffre à 63 millions de barils, le reste étant importé du Venezuela à des conditions privilégiées.
La zone économique cubaine du golfe du Mexique (d’une superficie de 112 000 km2) a été divisée en 59 blocs pétroliers, dont 22 ont d’ores et déjà fait l’objet de contrats avec des majors internationales.

Grâce à la plate-forme italienne de recherche en eaux très profondes Scarabeo-9, 3 groupes pétroliers internationaux – Repsol (Espagne), PDVSA (Venezuela), PC Gulf (Malaisie) ont mené ces derniers mois des recherches dans la zone maritime cubaine du golfe du Mexique.

Si certes les campagnes d’exploration menées dans les eaux territoriales cubaines n’ont pas été fructueuses jusqu’à présent, la levée de l’embargo américain pourrait ouvrir la porte à l’utilisation d’équipements et de matériels permettant de rentabiliser les opérations.

Reste qu’une nouvelle fois Russes et Américains pourraient s’opposer sur le terrain, ai-je déjà laissé entendre, indiquant que les Etats-Unis pourraient vouloir monnayer la levée de leur embargo en échange d’un accès « favorisé » aux champs pétrolifères cubains. Et ce, alors même que la Russie a d’ores et déjà avancé ses pions dans la région.

- Des sociétés privées US d’ores et déjà informées sur le potentiel pétrolier cubain -

En mai 2015, des experts américains se sont d’ores et déjà informés sur le potentiel pétrolier de Cuba. Lors de la 6e Convention cubaine des sciences de la Terre, à La Havane, l’entreprise pétrolière d’État Cupet, a ainsi présenté un «résumé technique» sur le potentiel de la zone cubaine située dans le Golfe du Mexique, et ouverte désormais aux investissements étrangers.

Les participants en provenance des États-Unis sont des «Américains venant surtout d’entités privées», avait indiqué à cette occasion Pedro Sorzano, directeur des activités de l’entreprise, sans préciser toutefois s’il s’agissait de groupes pétroliers ou d’entités scientifiques.

A cette date, le responsable avait toutefois concédé que sa société n’avait pas encore trouvé d’entreprise (américaine) intéressée» par la recherche de pétrole dans les eaux cubaines. Ajoutant : « nous y travaillons, mais nous n’avons pas encore trouvé».

Cupet «a réalisé un excellent travail de rassemblement de l’information», pour réaliser désormais des prospections plus adéquates, avait alors expliqué l’expert cubain Jorge Piñon, de l’Université de Texas, à Austin et ex-président de la compagnie pétrolière Amoco Oil Latinoamerica.

- La Russie largement investie dans le potentiel pétrolier cubain -

En juin 2014, Cupet a annoncé sa participation au 21e Congrès mondial du pétrole à Moscou, ajoutant être à la recherche d’investisseurs dans le cadre des nouvelles lois cubaines sur l’investissement étranger, lesquelles ont été adoptées en mars 2014. En avril 2014, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’était rendu sur l’île. Ce dernier « profitant » de l’occasion pour annuler 90% de la dette cubaine, laquelle s’élève à 32 milliards de dollars. L’accord signé en octobre 2013 à Moscou, prévoit par ailleurs que 10 % des sommes seront réinvesties dans l’économie cubaine.
Au premier semestre 2013, la société étatique russe Zarubezhneft s’est livrée sans succès à l’exploration du pétrole dans le bloc « L » de la zone économique exclusive cubaine dans le golfe, située dans le nord de la province centrale de Ciego de Avil. Une opération menée via l’aide de la plate-forme Songa Mercur, construite par la Russie et gérée par la Norvège.

Zarubezhneft a ainsi planifié de nouvelles recherches au large de la côte centre-est de Cuba. La société d’Etat cubaine y a lancé l’exploration de 10 nouveaux puits en semi-off-shore, dont un d’une profondeur de 8.200 mètres, ce qui constitue un record pour Cuba.

En novembre 2013, lors d’une rencontre avec le président du groupe pétrolier russe Rosneft, Igor Setchine,le président cubain Raul Castro avait quant à lui exprimé son intérêt pour le renforcement de la coopération bilatérale avec la Russie dans les secteurs du pétrole et de l’énergie.

En septembre 2015, Rosneft a pour sa part laissé entendre qu’il examinait la possibilité de rentrer sur le marché cubain. Un document officiel précisant que Cuba et la Russie développaient actuellement une coopération dans le domaine de l’exploration et de production pétrolière . Ainsi, Zarubezhneft met en œuvre un projet visant à augmenter le taux de production de pétrole et en utilisant des méthodes en vue d’améliorer la récupération de pétrole sur le champ de Boca de Jaruco.

- Un essor freiné jusqu’à présent par l’embargo américain -

Mais l’embargo économique et financier pour le moins drastique que Washington impose à Cuba depuis plus d’un demi-siècle constitue un frein important au développement du secteur pétrolier cubain.

En effet, la majeure partie de la technologie et du savoir-faire du domaine est détenue par des entreprises américaines. Selon Jorge Piñon, expert pétrolier cubain basé aux Etats-Unis, toute entreprise pétrolière internationale qui voudrait opérer à Cuba doit faire face à un surcoût de 15 à 20%, tous les équipements et les techniques devant venir d’Europe ou du Canada. A noter également que toute technologie pétrolière utilisée à Cuba doit compter moins de 10% de composants des Etats-Unis.

- Une hausse de 50 % de la production pétrolière d’ores et déjà possible selon un expert -

Si l’on en croit Jorge Piñon, Cuba pourrait d’ores et déjà augmenter de 50% sa production pétrolière à l’aide detechnologies de récupération améliorée, domaine dans lequel le français Total est très investi. Reste qu’à l’heure actuelle, le recours à de telles méthodes se heurte à l’embargo américain.

Si l’on en croit l’ancien président d’Amoco Oil Amérique latine et aujourd’hui expert à l’université du Texas, en appliquant les techniques de récupération améliorée, Cuba pourrait augmenter sa production de 20 000 à 25 000 barils par jour, par rapport aux 50 000 actuellement produits.

Précisons que la récupération améliorée – qui peut utiliser diverses techniques, notamment d’injections de gaz – permet de réduire la viscosité du pétrole, laquelle est particulièrement forte dans les puits exploités à Cuba. Selon l’expert, si le facteur de récupération primaire est de 7% pour les puits cubains, à l’heure actuelle, ces techniques permettraient de l’étendre à 17 ou 20%.

- Cuba : nouveau hub pétrolier du Golfe du Mexique ? -

Toujours selon Jorge Piñon, indépendamment de l’exploitation de la manne pétrolière du pays, l’infrastructure pétrolière cubaine pourrait générer d’importants revenus. Selon lui, le port de Matanzas, la raffinerie de Cienfuegos et l’oléoduc qui les relie au centre du pays pourraient servir de centre de raffinage et de stockage de brut et de produits dérivés pour les Caraïbes et le golfe du Mexique.

Une opportunité que la Chine pourrait saisir, Cuba pouvant constituer un hub idéalement placé pour à la fois traiter la production locale et exporter les produits dérivés, à quelques encablures du plus important consommateur au monde, les Etats-Unis.

Sources : AFP, Ria Novosti, french.china.org.cn, Rosneft

Elisabeth Studer –  www.leblogfinance.com – 28 mars 216

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6 commentaires

  1. retrouvé le retour 29 mars 2016 à 21:12

    ” Cuba n’oublierait pas ses confrontations passées avec les Etats-Unis et que l’île n’avait pas besoin de cadeau des USA.” et pour nous en Europe c’est idem !!

  2. retrouvé le retour 30 mars 2016 à 14:29

    Encore une zone assez agitée comme la cote marocaine face à l’Atlantique, ou le fond est de la Méditerranée !!! ES comment a été formé le Golfe du Mexique ???

  3. Photos drone vienne 1 avril 2016 à 15:12

    Il est certain que les amis Russes ou Chinois ne vont se laisser faire. Au moins tant que les vieux renards de la révolution seront aux commandes.

  4. ES 1 avril 2016 à 21:42

    oui, mais divergences semble-t-il entre Raoul et Fidel.

    A noter que les feuilletons US passent deja en boucle à la télé cubaine …

  5. Elisabeth S 10 septembre 2016 à 11:54

    bien évidemment, on en reparle …
    stratégie très bien “ordonnée” de la part des USA pour plomber deux ennemis , y compris par ricochets : Venezuela et Cuba .

    Pétrole : les difficutés du Venezuela contraignent Cuba à réagir

    La Havane – La baisse des livraisons du pétrole concédé à des conditions favorables par le Venezuela fait peser sur Cuba la menace d’une crise énergétique, poussant la grande île caribéenne à chercher de nouvelles voies d’approvisionnement.

    En juillet, le président Raul Castro a confirmé les rumeurs insistantes sur la baisse des livraisons du Venezuela, pays ami englué dans une grave crise économique et politique.

    Cela a occasionné des tensions supplémentaires sur le fonctionnement de l’économie cubaine, déjà affectée par la chute des prix des matières premières et les difficultés rencontrées par d’autres partenaires comme le Brésil, admettait alors Raul Castro, sans toutefois quantifier cette baisse.

    Redoutant la pénurie, l’Etat cubain a imposé aux entités d’Etat non productrices de biens de se serrer la ceinture dès juillet avec une réduction drastique de 50% de leur consommation de carburant et d’électricité.

    Selon les experts, la baisse des livraisons vénézuéliennes pourrait s’élever à 30 ou 40% des quelque 100.000 barils quotidiens livrés par Caracas à La Havane depuis plus de 10 ans.

    Première conséquence : la croissance au premier semestre n’a été que de 1% sur l’île, la moitié de ce qui était prévu.

    Certains économistes brandissent déjà le spectre de la récession à l’horizon 2017-2018, expliquant que la balance des paiements risque d’être déséquilibrée par une facture pétrolière en hausse. Ils redoutent les incidences des restrictions sur la productivité de l’économie nationale et le tourisme, nouveau moteur de l’économie de l’île.

    L’impact subi par l’économie cubaine dès 2016 sera aigu, étendu et susceptible de mener le pays à la récession quel que soit le scénario, affirmait dans une récente étude Pavel Vidal, économiste cubain de l’université Javeriana en Colombie.

    - L’Algérie à la rescousse ? -

    Cuba produit 45% de ses besoins en pétrole, un brut lourd qui sert essentiellement à produire de l’électricité et des produits dérivés. Depuis la baisse des prix sur les marchés internationaux, la prospection offshore a sérieusement ralenti dans le Golfe du Mexique.

    Parmi la poignée de compagnies étrangères continuant d’explorer à Cuba, figure MEO Australia, qui annonçait en juin avoir découvert un gisement onshore (installation terrestre, ndlr) de plus de 8 millions de barils de brut, dans le nord-ouest de l’île.

    Mais les dirigeants de MEO ont ensuite tempéré leur enthousiasme, précisant que les chiffres restaient à confirmer pour cette zone déjà maintes fois explorée. Les autorités cubaines gardent le silence sur ce dossier.

    A court terme, le salut pourrait venir de ses partenaires traditionnels, dont l’Algérie, déjà fournisseur de Cuba.

    Plusieurs médias ont rapporté cette semaine que la compagnie d’Etat Sonatrach projetait d’envoyer sur l’île quelque 515.000 barils en octobre. Des informations qui n’ont pu être confirmées par l’AFP auprès de la Sonatrach.

    Selon l’agence russe Interfax, Raul Castro aurait également demandé de l’aide à son homologue russe Vladimir Poutine, et d’éventuelles livraisons de pétrole ont aussi été évoquées lors de la récente visite sur l’île du chef de la diplomatie iranienne Javad Zarif.

    Ces efforts diplomatiques n’ont pas encore produit de résultats concluants, mais les experts consultés par l’AFP écartent pour l’instant la menace d’une répétition de la période spéciale des années 1990, lorsque l’arrêt brutal de l’aide soviétique avait mis le pays au bord de la faillite et plongé ses habitants dans les affres des pénuries.

    Car Cuba est aujourd’hui moins dépendante envers Caracas que vis-à-vis de l’URSS à l’époque. Et le tourisme a explosé dans la foulée du rapprochement engagé depuis fin 2014 avec les Etats-Unis, tandis que l’île a récemment soldé ses comptes avec la plupart de ses créanciers.

    Ce qui n’empêche pas les experts de redouter l’absence d’alternative en cas de pénuries.

    Je ne vois pas la période spéciale se reproduire. Mais les attentes des Cubains et la foi en leur gouvernement sont également différentes d’il y a 25 ans, avance Paul Webster Hare, professeur de relations internationales à l’Université de Boston, aux Etats-Unis.

    Aujourd’hui (…) ils se rendent compte que les efforts de Raul (Castro) pour moderniser l’économie ont produit des résultats dérisoires. Ils sont également conscients que les Etats-Unis ne sont plus l’ennemi juré. Contrairement à Fidel en 1994, (les autorités) ne peuvent plus demander davantage de sacrifices, poursuit l’ex-diplomate britannique.

    (©AFP / 10 septembre 2016 07h00)

  6. Elisabeth Studer 12 décembre 2016 à 13:08

    L’UE et Cuba signent un accord pour normaliser leurs relations

    L’Union européenne et Cuba ont signé lundi à Bruxelles “un accord de dialogue politique et de coopération”, le premier jamais conclu entre le bloc européen et l’île castriste. Ce document normalise leurs relations, deux semaines après la mort de Fidel Castro.

    L’accord a été paraphé par le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parrilla et Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie de l’UE, à l’occasion d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l’Union, a constaté l’AFP. Cuba était jusqu’alors le seul pays latino-américain à ne pas avoir d’accord de coopération internationale avec l’UE.

    Rendant hommage à Mme Mogherini, le ministre cubain a évoqué un discours de 2003 de Fidel Castro. Le dirigeant cubain saluait alors l’existence de l’UE et de l’euro comme des “contrepoids” à “l’hégémonie absolue” des Etats-Unis et du dollar.

    Cette signature marque l’ouverture officielle d’une nouvelle ère dans la relation bilatérale. Elle se conjugue avec l’abrogation par les 28 d’un texte de 1996 qui fixait une série de préalables à la normalisation du lien, notamment en matière de respect des droits de l’Homme.

    Après la visite d’Obama
    Cette normalisation intervient surtout dans le sillage du rapprochement entre Washington et La Havane décidé en juillet 2015 par Barack Obama, qui avait mis un terme à 60 années de gel entre les deux pays. Le président américain avait ensuite effectué une visite historique à Cuba en mars 2016.

    Federica Mogherini avait annoncé fin septembre qu’elle allait soumettre aux 28 sa proposition d’abroger la “Position commune” de 1996. Ce texte était considéré comme le point culminant des dissensions entre Bruxelles et La Havane.

    L’accord politico-commercial sera “le nouveau cadre juridique des relations UE-Cuba”, selon Bruxelles. Il doit encore être approuvé par le Parlement européen et les Parlements nationaux et régionaux des 28 pour être appliqué dans son intégralité.

    (ats / 12.12.2016 12h01)

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