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Vent de panique sur les bourses européennes, la santé de l’économie mondiale inquiète

Le vent vire à la tempête sur l’Europe tant au niveau climatique qu’au niveau financier. Les Bourses européennes ont ainsi fortement chuté lundi, grandement impactées par les incertitudes entourant la santé de la croissance mondiale, la baisse du prix du baril  n’arrangeant rien à l’affaire et la déroute des valeurs financières ne faisant qu’accentuer la tendance.

Les investisseurs sont également dans l’expectative, s’interrogeant sur la conduite future de la Réserve fédérale américaine (Fed) en terme de politique monétaire, la publication vendredi du rapport sur l’emploi américain entretenant l’incertitude.

Certains analystes considèrent cette féroce dégringolade comme l’aboutissement d’une spirale baissière, considérant qu’aucun élément nouveau n’a pu aujourd’hui justifier à lui seul une telle chute.

Il n’en demeure pas moins que les chiffres de l’emploi US entretiennent la confusion sur la poursuite de la remontée des taux aux Etats-Unis. Vendredi, en fin de pause méridienne, le métal jaune aura même atteint 1.163,58 dollars, ce qui correspond à son plus haut depuis fin octobre. Un pic justifié selon les analystes par l’anticipation des chiffres du rapport mensuel sur l’emploi américain. Déjà en début de semaine dernière, les cours  de l’or avaient été soutenus par la publication d’indicateurs en provenance de Chine, où l’activité manufacturière s’est nettement contractée en janvier, accentuant les craintes des investisseurs quant à la santé de l’économie mondiale.

Les craintes s’accentuent depuis quelques jours, la publication des données peu encourageantes en provenance des États-Unis n’arrangeant rien à l’affaire. L’indice ISM de l’activité non manufacturière a en effet fortement décliné en janvier, laissant redouter que la faiblesse observée dans le secteur industriel puisse désormais déborder sur le secteur des services, lequel s’était montré robuste jusqu’à présent.

Histoire d’enfoncer le clou, William Dudley, le président de l’antenne de New York de la banque centrale américaine a quant à lui observé mercredi « un considérable durcissement des conditions financières » depuis décembre. Ajoutant qu’en cas de maintien de la situation actuelle, la prochaine réunion monétaire de mars devrait en tenir compte.

Des propos qui ont eu pour incidence de diminuer les attentes d’une éventuelle hausse prochaine des taux d’intérêts de la Réserve fédérale américaine (FED)  et par ricochet d’entraîner un affaiblissement du dollar, boostant à nouveau le cours de l’or.

Le billet vert est en effet tombé vendredi à un nouveau plus bas depuis fin octobre 2015 face à l’euro. Certes, la monnaie US tentait néanmoins de se reprendre vendredi, dopé à son tour par la publication des données du rapport mensuel sur l’emploi US, le ralentissement des créations d’emploi étant compensé par la baisse du taux de chômage, au plus bas en huit ans.

Au final , lundi la Bourse de Paris aura terminé la séance en forte baisse (-3,20%), à l’instar des principales places européennes. Le CAC 40 a ainsi perdu 134,36 points à 4.066,31 points, dans un volume d’échanges atteignant tout de même 5 milliards d’euros !

Information peu réjouissante : toutes les valeurs du CAC 40 auront terminé dans le rouge. Parmi les valeurs les plus affectées figurent des valeurs industrielles telles que Safran (-5,84% à 51,14 euros), Airbus Group (-5,42% à 51,13 euros), ArcelorMittal (-7,41% à 3,23 euros) et Renault (-5,72% à 69,22 euros).

Dans le secteur énergétique, Technip aura pour sa part perdu 3,80% à 42,67 euros tandis que Total chutait de 1,89% à 38,17 euros. A noter également l’importante baisse de CGG (8,06% à 0,57 euro), de Vallourec (4,59% à 3,95 euros) et de PSA Peugeot Citroën (-3,98% à 12,31 euros).

Parallèlement à Londres, l’indice FTSE-100 des principales valeurs aura chuté de 158,7 points ou 2,71% par rapport à la clôture de vendredi, achevant la journée à 5.689,36 points. Worldpay Group, le spécialiste des solutions de paiement, entré récemment au FTSE-100, aura perdu 8,68% de sa valeur dans la seule journée, s’échangeant désormais à 275,6 pence. Le courtier Hargreaves Lansdown aura pour sa part chuté de 7,62% à 1.127 pence, tandis que Barclays perdait 5,34% à 163,9 pence et que Royal Bank of Scotland (RBS) reculait de 4,63% à 230,7 pence.

Fait notable : les valeurs minières ont été parmi les rares à tirer leur épingle du jeu. Randgold Resources aura ainsi bondi de 13,21% à 6.000 pence, une hausse due aux réactions des marchés à la suite de la publication de ses résultats annuels.

La Bourse de Francfort a quant à elle franchi à la baisse le seuil des 9.000 points – chose qui n’avait plus été observée depuis depuis octobre 2014 – le Dax chutant de 3,30%, à 8.979,36 points. Les plus forts replis auront été enregistrés par les banques, Commerzbank perdant 9,49%, à 6,60 euros tandis que Deutsche Bank chutait de 9,50% à 13,82 euros. Parmi les fortes chutes, notons aussi celle du groupe de BTP HeidelbergCement, lequel a cédé 6,17%, à 60,94 euros.

L’indice AEX des principales valeurs de la Bourse d’Amsterdam a quant à lui clôturé en baisse de 3,22% à 400,61 points, toutes les valeurs clôturant la séance dans le rouge. Le groupe chimique OCI aura ainsi perdu 9,80% à 14,17 euros tandis qu’Altice perdait 8,89% à 11,83 euros.

A la Bourse de Milan, l’indice FTSE Mib a cédé 4,69%, à 16.441 points, soit son plus bas niveau depuis l’été 2013. Les banques figurent parmi les valeurs particulièrement affectées telles Banca popolare dell’Emilia Romagna, chutant de 11,93%, à 3,97 euros, Ubi Banca perdant 10,48%, à 3,45 euros, Carige dégringolant de 10,14%, à 0,5185 euro, BPM de 9,80%, à 0,5985 euro et Banco popolare de 9,09%, à 6,955 euros. Fiat Chrysler aura quant à lui cédé 9,88%, à 5,38 euros.

A Madrid, la Bourse a clôturé en baisse de 4,44% à 8.122 points, toutes les valeurs de l’indice Ibex-35 terminant dans le rouge. Là aussi, ce sont les banques qui auront été les plus touchées, Banco Popular perdant 7,32% à 2,17 euros, Banco Santander chutant de 6,21% à 3,52 euros.
Le secteur énergétique est également touché, Repsol perdant 5,93% à 8,95 euros.

Elisabeth Studer – 08 février 2016 – www.leblogfinance.com 

A lire également :

Géopolitique, shadow banking et volatilité : 3 risques majeurs pour 2016 selon l’AMF

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21 commentaires

  1. retrouvé le retour 8 février 2016 à 23:46

    “Il n’en demeure pas moins que les chiffres de l’emploi US entretiennent la confusion sur la poursuite de la remontée des taux aux Etats-Unis”.

    Le seul vrai sujet est:

    1) Que si les indices sont remontés, depuis 2007, là où ils sont actuellement, c’est uniquement par les QE édités par la FED et la BCE (Qui trouve ses ordres de l’autre côté de l’eau salée.)

    2) Que chaque fois que des “investissements” US ont été faits en Europe, c’est avec de la fausse monnaie crée par la FED sous forme de QE.
    Si la mauvaise santé de l’économie US conduit à un retour de toute cette fausse monnaie chez ses producteurs, qu’ils la reprennent pour tapisser leurs “chiots”. L’économie de l’Europe est bien plus saine !!
    3) Nous allons faire l’Europe pour nous protéger et mettre à la porte les bases US, derniers résidus de l’occupation Anglosaxonne. Que les complices de toutes cette propagande insensée qui nous submerge encore, réfléchissent à ce que l’on peut faire en cas de crise et avec les poches vides.

  2. retrouvé le retour 9 février 2016 à 00:17

    Ceci dit, ES, un “vent de panique” ce n’est certainement pas une baisse de 3% ou 6% ,

    Il est bien difficile de mesurer la mise en place d’une crise financière !! Mais si tous les acteurs sont en place, certains ne connaissent encore ni le casting, ni le rôle qu’ils vont devoir jouer!!
    ES tu es certainement bien entraînée et le tir du starter ne va pas te réveiller dans ton sommeil !!
    Par contre le pingouin qui ne retire toujours pas sont article sur le gaz et le pétrole de schiste risque bien de connaitre le goudron ( de schiste!!) et la plume de canard !! ;) ;) ;)

  3. Mik 9 février 2016 à 00:21

    Un commentaire qui commence sur un point de vue financier et fini sur un point de vue personnel et dogmatique…

    Bref, même si tout n’est pas faux, cette période semble bien différente de 2008. Les indices baissent lentement et régulièrement. Que -3% pour le CAC, c’est une bonne baisse mais loin de la panique de 2008, donc n’exagérons rien Elisabeth.

    Les bourses descendent parce que les “gens” vendent. J’ai lu il y a quelques jours un article précisant que les fonds souverains seraient vendeur.
    N’oublions pas qu’à plus de 100$ le baril certains pays avaient des liquidité à ne plus savoir qu’en faire, ils ont investis dans des sociétés européennes (ou américaines) faute d’avoir des sociétés solides dans leur pays dont l’économie est basée sur le pétrole.
    Ceci contredit en partie “retrouvé” pour qui tous les maux de la terre sont dus aux EU.

    Que pensez-vous de l’année 2016 ?
    Va t-on aller dans une dynamique baissière auto entretenue ? Baisse des investissements des entreprises -> hausse du chômage + baisse des salaires -> baisse de la consommation -> baisse de l’activité économique et du pétrole -> etc. ?

    Jusqu’à peut être un véritable crack lorsqu’un gros s’écroule. Pour ma part, je ne sais pas.

    Je vois juste ce que j’ai dit le mois dernier. Très faible inflation à cause du pétrole. Peut être un avantage pour l’Europe si elle sait saisir l’occasion.
    Pas de baisse significative de l’immobilier même s’il est surévalué dans certaines grandes villes.
    “Lente” baisse des indices boursiers jusqu’à la fin du printemps, voir plus.
    A surveiller, la géopolitique au moyen orient. Une étincelle pourrait faire partir les cours du pétrole à la hausse assez rapidement.

    Du point de vue bourse, j’attends encore avant de rentrer et me positionnerai en premier sur le pétrole (en dessous de 25$) pour jouer le long terme.

  4. Mik 9 février 2016 à 00:33

    Je pense qu’on devrait aussi parler d’un autre sujet: le “Brexit”
    Car ça va vraiment provoquer des remous.
    J’aime bien les anglais en général, par contre je pense qu’ils devraient quitter l’UE. Ils veulent trop une UE à la carte, trop de liens d’espionnage avec les EU.

    A mon humble avis, en sortant de l’UE Londres va perdre de sa superbe coté finance. De même pour l’immobilier, qui voudra acheter dans une ville surcotée dont la monnaie risque de chuter ?
    En tous cas à court terme.

  5. Elisabeth Studer 9 février 2016 à 00:53

    euh retrouve, parfois les pingouins sont les payeurs … investisseurs et patrons ….

  6. Elisabeth Studer 9 février 2016 à 00:55

    et je pense que les pingouins mettent aussi leur argent aux frais à l’heure actuelle, donc sont tres occupés.

  7. Elisabeth Studer 9 février 2016 à 00:57

    pour revenir au sujet
    certes aucun media ne parle vraiment de panique … comme s’ils avaient peur d’en parler et que la methode à la mode soit la méthode que ….
    c’est dire comme la crise doit etre profonde et pour une fois involontaire ….

  8. retrouvé le retour 9 février 2016 à 01:12

    Incroyable, je rêve !! : “Je vois juste ce que j’ai dit le mois dernier. Très faible inflation à cause du pétrole. “, mais mon pauvre Mik, nous sommes malgré les injections massives de $ en pleine dépression !! Nous vivons les prémices d’une crise monstrueuse car à la différence de la précédente le monde entier est urbanisé ! Aucune crise n’a jamais eu lieu dans un tel contexte !!
    ES, pour ce qui est de mettre de l’argent au frais on ressort justement par ici de l’argent qui avait été “mis au frais au IV ème siècle !!

  9. Elisabeth Studer 9 février 2016 à 01:20

    Nous vivons les prémices d’une crise monstrueuse : oui ! personne ou presque ne met en avant que ce sont banques les plus touchées …. au info sur france 3 ce soir : rien, pas un mot … juste la tempete .. c’est vous dire comme ceux qui tirent – en principe les ficelles sont inquiets. Ils ont peur que demain cela soit pire ! alors que, comme je dis dans l’article, des la fin de la semaine dernière et la grimpée du cours de l’or, tout laissait deja presager d’un GROS pb ….

  10. Elisabeth Studer 9 février 2016 à 01:22

    1er fevrier 2016 :

    BCE: Mario Draghi souligne les risques pour l’économie

    Francfort (awp/ats/reu) – La Banque centrale européenne fera sa part pour aider la reprise économique, a déclaré son président Mario Draghi. Il a en outre souligné les risques présents, en provenance notamment des marchés émergents.

    “Les perspectives de croissance s’améliorent lentement dans les économies avancées, mais les perspectives pour les marchés émergents sont plus mesurées. Dans l’ensemble, la croissance est faible au regard des standards historiques”, a-t-il déclaré lundi devant les députés européens à Strasbourg.

    “La BCE est disposée à faire sa part pour que la reprise reste fermement sur les rails”, a-t-il dit avant d’énumérer une liste de risques susceptibles d’affecter l’économie.

    Il a ainsi cité l’environnement économique mondial, l’état du système financier, les politiques économiques d’Etats membres de la zone euro et les incertitudes politiques entourant le “projet européen”.

  11. SimonB 9 février 2016 à 09:22

    Il me semble qu”ES a raison de parler de panique, à voir l’hystérie s’emparant des marchés vis à vis de certaines valeurs pourtant toujours largement profitables et dont seules les perspectives de croissances outrancières s’avèrent l’être un petit peu moins; je parle évidemment de la dégringolade de Twitter vendredi dernier (-49%). Nous sommes plus que jamais dans un marché irrationnel, dont les mouvements sont essentiellement dictés par des dénouements de positions dérivées prises par des grands fonds, suite à des déclarations fracassantes d’analystes en vue dont on peut raisonnablement questionner l’objectivité.
    Par ailleurs, la baisse des coûts énergétiques devrait plutôt être une bonne nouvelle pour l’industrie (non pétrolière) en général et du transport en particulier mais là encore, on n’entend bizarrement que des lamentations de toutes parts. Idem en ce qui concerne les taux de financement quasi nuls; à croire que seuls les états profitent de cette manne.
    Quand aux banques, elles ont une fois de plus joué au casino sans précautions aucune et vont, encore une fois, vider les poches de leurs clients, voire de leurs actionnaires.
    Bref, la panique étant en général très mauvaise conseillère, il convient plutôt de faire la chasse aux bonnes affaires en bourse et de faire le gros dos en attendant que le grain passe.

  12. ES 9 février 2016 à 17:05

    Les banques effectivement tres frileuses à débloquer leur argent actuellement, voire à nous redonner le notre . Comme si leurs propres investissements s’avéraient à terme peu reluisants ….
    Un conseil ? tenter de rapatrier nos avoirs bancaires tant qu’ils valent encore quelques choses … ?

  13. Mik 9 février 2016 à 18:57

    Désolé, je n’adhère toujours pas au terme panique.
    Peut être est-ce parce que je n’ai que très peu d’actions en portefeuille.

    Ce que vous dites n’est pas faux, c’est tous les jours la chute pour les valeurs bancaires.

    Par contre “crise monstrueuse”, “hysterie” me semble complètement exagérés à ce jour.

    Je pense qu’il reste encore quelques semaines de baisse avant un rebond (technique ?)

    Pour ce qui est du QE, on l’a vu ces dernières années. Les financiers empruntent à pas cher pour le reinjecter dans certains actifs (twitter par exemple) mais ne le reinjectent pas dans l’économie en général.
    Si bien que la situation économique ne s’améliore pas spécialement et d’un autre coté on a un phénomène de bulles.
    Désolé mais whatapp qui vaut plus que Renault je trouve que c’est du non sens.
    Idem pour l’immobilier à Londres.

  14. ES 9 février 2016 à 20:49

    vous l’auriez vu ; le blog a toujours le decalage d’une heure ;-)

  15. ES 9 février 2016 à 20:51

    Les Etats les plus sûrs voient leur taux atteindre des plus bas historiques.Les protections contre les défauts d’entreprises s’emballent.
    La panique qui secoue les marchés actions a fini par contaminer le marché de la dette cotée. Depuis quelques jours, les investisseurs se ruent vers les emprunts d’Etat jugés les plus sûrs et se détournent des dettes d’entreprise. Ainsi, mardi, le rendement à 10 ans des obligations japonaises, qui flirtait avec la barre du 0?% depuis la semaine dernière , est passé en territoire négatif, à –0,025?%. Une première pour un Etat du G7?! Ce niveau record s’explique par la politique monétaire accommodante de la banque centrale japonaise, qui rachète massivement des obligations d’Etat nippones et a fixé un taux de dépôt négatif pour les liquidités que lui confient le banques. Les investisseurs sont donc de plus en plus enclins à payer pour bénéficier de placements sûrs pour leurs liquidités. Un fort signe de défiance. Le même phénomène a également poussé les taux allemands vers le bas. Celui du Bund à 10 ans a ainsi touché, en début de journée, 0,19?%, un plus bas depuis fin avril 2015. A tel point que l’Allemagne, qui emprunte déjà à taux négatifs jusqu’à 8 ans, pourrait, à terme, emboîter le pas au Japon. «?Le Bund à 10 ans a déjà connu, au printemps dernier, un rendement de 0,07 %, rappelle Vincent Chaigneau, chez Société Générale. Nous sommes clairement en train de nous rapprocher de ce niveau.?» Si la Banque centrale européenne baissait encore significativement son taux de dépôt, actuellement à -0,30 %, la borne zéro pourrait être enfoncée. Cela viendrait augmenter le stock de dettes souveraines dont les taux sont négatifs. Celui-ci atteint désormais le niveau record de 7.000 milliards de dollars dans le monde , dont près de 45 % proviennent de la zone euro. Cette dynamique ne profite cependant pas à l’ensemble de la zone. Les investisseurs ont commencé à se retirer de la dette des pays d’Europe du Sud, jugée moins solide, marquant ainsi la croissance de leur aversion au risque.
    Toutefois si les investisseurs sont préoccupé par les dettes des pays périphériques, c’est bien le secteur privé qui concentre leurs inquiétudes. A commencer par les entreprises des pays émergents qui se sont beaucoup endettées, et qui ont aujourd’hui plus de difficultés à accéder à des financements en dollar . Mais les Etats-Unis ne sont pas non plus en reste.« ?Nous ressentons un réel mouvement de panique , lié notamment aux chiffres décevants de l’économie américaine et à la dégradation de la qualité de crédit des entreprises du pays?», explique un stratégiste. Une situation exacerbée par les doutes sur la croissance chinoise, et surtout, par la baisse du cours des matières premières. «?La plupart des entreprises du secteur du gaz et du pétrole, notamment les producteurs de pétrole de schiste fortement endettés, ne sont rentables qu’à un prix du baril compris entre 50 et 60 dollars, témoigne Hong My Nguyen, chez Natixis. S’il reste au niveau actuel de 30 dollars, on risque de voir le nombre de défaut augmenter dans ce secteur. Il pourrait atteindre 11 % d’ici fin 2016, dont 23% pour les crédits en catégorie spéculative.?» Une perspective inquiétante quand on sait que le secteur représente un cinquième des obligations à haut rendement aux Etats-Unis… et un quart des obligations de la catégorie investissement ! Le prix de l’or noir explique aussi en grande partie les difficultés que traverse les obligations émises par les banques, dont l’exposition au secteur reste à clarifier.
    En Europe, la dette d’entreprise est également fortement secouée, comme le met en exergue la hausse de souscription de CDS, des protections contre les défauts d’émetteurs obligataires. L’indice iTraxx Main, qui représente les CDS les plus liquides de sociétés européennes, atteint désormais 120 points de base, contre 75 points de base fin décembre. «?Ce qui est préoccupant, c’est le rythme de son accélération, explique Hong My Nguyen. Ces dernière semaines, lorsque l’Eurostoxx 50 perdait 1 %, l’iTraxx Main s’écartait de 1,5 point de base. Aujourd’hui, c’est 3,4 pb.?» Si ce phénomène tient d’abord sa source dans l’inquiétude des investisseurs, vis-à-vis notamment des sociétés très exposées aux marchés émergents ou aux matières premières, il est amplifié par les conditions de marchés très difficile. «? A l’heure actuelle, la liquidité a totalement disparu du marché du crédit, à l’achat comme à la vente, témoigne Hong My Nguyen. Faute de pouvoir vendre les titres dont ils souhaitent se débarrasser, de nombreux investisseurs achètent des protections, et en font monter le coût.?» Enfin, la fermeture du marché primaire en Europe est également très préoccupante. Le besoins de refinancement des entreprises européennes seront supérieurs cette année. S’ils ne trouvent pas d’investisseurs pour placer leur dette, les conséquences pourraient être violentes.

    En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021685152945-la-panique-boursiere-commence-a-gagner-le-marche-du-credit-1198929.php?LBO4dZkVxMKSdHAf.99

  16. ES 9 février 2016 à 20:54

    Boursorama
    Vent de panique sur les indices
    en fait, j’etais en avance d’un jour ;-)

  17. retrouvé le retour 9 février 2016 à 22:30

    Nous allons vers une crise monstrueuse, mais elle n’est même pas commencée. Il n’existe pas de modèle fiable pour contrôler ce qu’il va se passer.
    La baisse du pétrole par exemple ne peut pas être une aubaine, dans un contexte comme nous le connaissons d’écroulement de la demande !!
    Avant la mise en place des QE massifs par la FED, les indices du CAC étaient passés de pratiquement 7000 points à pratiquement 2000 points, nous sommes actuellement “grâce” aux QE, autour de 4000 points. Tout ce qui est adossé sur ce niveau fantaisiste doit être corrigé en dessous de 2000 points. Qui peut dire cela droit dans les yeux à des investisseurs qu’ils à conseillés ?

    Mais je maintiens la panique n’est pas encore en place, ne soyons pas pressés !!

  18. Elisabeth Studer 10 février 2016 à 00:01

    certains parlent de risque de krach desormais (ce Les Echos ce soir sur France 3)

  19. retrouvé le retour 10 février 2016 à 11:41

    Nous allons vers une crise monstrueuse, mais elle n’est même pas commencée. Il n’existe pas de modèle fiable pour contrôler ce qu’il va se passer.
    La baisse du pétrole par exemple ne peut pas être une aubaine, dans un contexte comme nous le connaissons d’écroulement de la demande !!
    Avant la mise en place des QE massifs par la FED, les indices du CAC étaient passés de pratiquement 7000 points à pratiquement 2000 points, nous sommes actuellement “grâce” aux QE, autour de 4000 points. Tout ce qui est adossé sur ce niveau fantaisiste doit être corrigé en dessous de 2000 points. Qui peut dire cela droit dans les yeux à des investisseurs qu’ils à conseillés ?

    Mais je maintiens la panique n’est pas encore en place, ne soyons pas pressés !!

  20. retrouvé le retour 11 février 2016 à 10:20

    Il ne peut pas exister de “krack à l’ancienne” , dans une crise comme celle qui se prépare nous allons tranquillement vers le 18eme sous sol !!
    Quand la FED indique qu’elle va proposer une remonté progressive des taux c’est une mauvaise blague. La FED pense toujours être la maitresse des finances du monde, ses responsables rêvent seulement comme rêvait le petit caporal moustachu dans son bunker berlinois début 1945 !!

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