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Kenya : quand l’USAID était accusé de financer la déstabilisation du pouvoir

Souvenons-nous un instant … alors qu’une attaque terroriste menée par les islamistes somaliens chebab contre l’Université de Garissa, dans l’est du Kenya, a fait au moins 147 morts, rappelons nous ce que j’écrivais ici-même en février 2014. A savoir que le Comité national consultatif pour la sécurité intérieure kényan (National Security Advisory Committee/ NSAC) accusait ni plus ni moins  l’agence américaine pour le développement international (USAID) d’avoir financé des manifestations de rue visant à déstabiliser le pouvoir.

L’affaire était alors on ne peut plus sérieuse alors que le NSAC, rattaché à la présidence, avait demandé au gouvernement kenyan de convoquer des responsables de l’USAID.

Les enjeux associés ?

En septembre 2013, alors même que le Kenya   venait d’être le théâtre d’une attaque terroriste particulièrement meurtrière à Westgate, les dessous de l’affaire pouvant réserver quelques surprises, nous vous indiquions que Nairobi était en train de remettre en cause la suprématie du dollar, en se tournant tout particulièrement vers le yuan chinois. Le Kenya envisageait alors d’héberger une chambre de compensation pour la devise de l’Empire du Milieu au sein de sa Banque centrale; une première sur le continent africain.

Ceci pouvant expliquer cela …

En tout état de cause, le NSAC avait alors précisé détenir des preuves selon lesquels l’agence américaine cherchait à affaiblir le gouvernement en faisant appel à des activistes. «Nous sommes en possession de documents et de renseignement crédibles qui prouvent que l’USAID a financé des manifestations», avait ainsi affirmé Francis Kimemia, le patron du NSAC.

Ces propos faisaient suite à des affrontements survenus à Nairobi entre la police et des manifestants se plaignant de la «mauvaise gouvernance» et de la vie chère.

Dans un communiqué publié le 13 février, le gouvernement kényan avait estimé qu’il était «de l’intérêt du pays que l’USAID s’explique sur ces projets de manifestations et réponde à ces informations, en conformité avec les protocoles internationaux». Le ministère des Affaires étrangères kényan avait quant à lui, estimé que le président du comité consultatif, organe sous la tutelle de la présidence, «n’a pas outrepassé son mandat en formulant ces accusations».
En retour, l’ambassadeur américain au Kenya, Robert Godec – tout en rappelant que les Etats-Unis étaient un partenaire solide du gouvernement kényan depuis cinquante ans – avait démenti formellement ces allégations. Ajoutant : «le gouvernement des Etats-Unis, duquel dépend l’USAID , coordonne ses activités au Kenya d’une manière transparente et en collaboration avec le gouvernement de ce pays. Nous avons toujours partagé les informations sur nos programmes avec le gouvernement kényan ».

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 5 avril 2015

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4 commentaires

  1. retrouvé le retour 5 avril 2015 à 22:54

    Ce pays est un grand pays démocratique!! Surtout connu pour ses méthodes de mise à mort, pour un innocent de libre combien d’assassinés?

    http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/436439/alabama-un-detenu-libere-apres-30-ans-dans-l-antichambre-de-la-mort

  2. Elisabeth Studer 4 mai 2015 à 13:55

    John Kerry au Kenya pour discuter de la lutte contre les shebab

    Après des années de brouille entre les deux pays, le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé dimanche au Kenya, avant la prochaine visite de Barack Obama sur la terre natale de son père. Au menu des discussions, la coopération contre les shebab.

    John Kerry a d’emblée placé sa venue sous le signe de la lutte contre le terrorisme: il a déposé une gerbe au mémorial érigé sur le site de l’ancienne ambassade des Etats-Unis à Naïrobi, visée par un attentat d’Al-Qaïda en août 1998 (213 morts).

    Dans un bref discours, il a dénoncé l’attaque début avril contre l’université de Garissa dans l’est du pays (148 morts, dont 142 étudiants) et celle contre le centre commercial Westgate en septembre 2013 (67 morts). M. Kerry a assuré que les Etats-Unis et tous leurs alliés avaient “le pouvoir de contre-attaquer”.

    Plaies chaudes de Garissa
    M. Kerry doit rester jusqu’à mardi au Kenya. Il devait s’entretenir avec le président Uhuru Kenyatta, puis une partie de son gouvernement. La lutte contre les insurgés islamistes shebab somaliens, affiliés à Al-Qaïda, figurera au menu des discussions.

    Le Kenya reste traumatisé par l’attaque de l’université de Garissa (nord-est). Cette opération commando revendiquée par les shebab a aussi suscité l’indignation internationale. Il s’agissait de la pire attaque sur sol kényan revendiquée par les insurgés, que l’armée kényane combat en Somalie voisine dans le cadre d’une force militaire africaine.

    “Nous estimons que les Kényans font de leur mieux; combattre le terrorisme est difficile et en particulier dans la région. Le Kenya a été victime de multiples attaques et celle de Garissa a montré la portée de l’impact des shebab sur des civils innocents”, a expliqué le diplomate.

    Négligence criminelle
    Les failles du système sécuritaire kényan sont régulièrement dénoncées, par la presse notamment. Après l’attaque de l’université, le ministère kényan de l’Intérieur a d’ailleurs dû reconnaître que des mises en garde des services de renseignements avaient été ignorées.

    John Kerry devrait également aborder la question des droits de l’Homme avec ses interlocuteurs, alors que des organisations de la société civile fustigent régulièrement des abus commis au nom de la lutte contre le “terrorisme”. Il doit rencontrer des responsables de l’opposition et des militants de la société civile.

    Longtemps impensable
    Ces voyages des plus hauts responsables américains à Nairobi – le dernier remonte à celui de la secrétaire d’Etat de l’époque Hillary Clinton en 2012 – furent longtemps impensables. En cause, l’inculpation qui visait le président kényan devant la Cour pénale internationale (CPI).

    Ces poursuites pour crimes contre l’humanité pour le rôle présumé du dirigeant dans les violences postélectorales qui ont déchiré ce pays d’Afrique de l’Est fin 2007- début 2008 ont finalement été abandonnées en décembre dernier par la procureure de la CPI, faute de preuves. Elle avait alors dénoncé de “vastes initiatives concertées pour harceler, intimider et menacer” les témoins.

    “Nous avons une relation avec le Kenya depuis plus de 50 ans”, a fait valoir un diplomate américain auprès de journalistes voyageant avec John Kerry. “Il ne s’agit donc pas dans ce voyage de faire amende honorable. Il s’agit de renforcer et d’approfondir la relation que nous avons avec le Kenya et de préparer aussi le voyage du président Obama”, a-t-il défendu.

    Obama sur place en juillet
    Né d’une mère américaine et d’un père kényan, Barack Obama effectuera fin juillet son premier déplacement au Kenya en tant que président. Il s’agira de son quatrième voyage en Afrique subsaharienne depuis son arrivée à la Maison Blanche il y a plus de six ans.

    A Nairobi, il participera au “Sommet mondial de l’entrepreneuriat” qui rassemblera plus de 1000 créateurs d’entreprises venus d’Afrique et d’ailleurs afin de mettre l’accent sur l’innovation sur le continent. Les Etats-Unis ne pointent qu’à la troisième place au tableau des échanges commerciaux avec l’Afrique, loin derrière l’Union européenne et la Chine.

    (ats / 04.05.2015 11h38)

  3. ES 3 juillet 2017 à 23:17

    Elections kényanes: l’UE met en garde contre de possibles violences

    Nairobi – L’Union européenne a mis en garde lundi contre de possibles violences lors des élections générales kényanes du 8 août et annoncé le déploiement d’un premier groupe d’observateurs de ce scrutin qui opposera notamment le président sortant Uhuru Kenyatta au leader de l’opposition Raila Odinga.

    Les citoyens de la première économie d’Afrique de l’Est sont appelés aux urnes notamment pour choisir leur président, leurs députés et gouverneurs, dix ans après les pires violences électorales de l’histoire du pays (plus de 1.100 morts), alimentées par des doutes substantiels sur la sincérité du résultat de la présidentielle.

    “Ce n’est pas un secret, (il y a des gens, ndlr) qui redoutent de possibles violences”, a déclaré Marietje Schaake, députée européenne à la tête de la mission d’observation de l’UE. “C’est évident que cela créerait une situation dans laquelle tout le monde est perdant”, a-t-elle ajouté.

    “Il est de la responsabilité de tout un chacun de garantir à tous le droit de voter en son âme et conscience, et de pouvoir le faire en sécurité”, a poursuivi Mme Schaake lors d’une conférence de presse à Nairobi.

    La Néerlandaise Marietje Schaake a par ailleurs annoncé lundi qu’un premier groupe d’une trentaine d’observateurs de l’UE ont été envoyés à différents endroits du Kenya. D’autres observateurs doivent être déployés à mesure que les élections approchent, pour en porter le nombre à environ 100.

    Selon l’UE, cette mission d’observation est “une des plus importantes” jamais envoyées par l’Union européenne dans le monde.

    L’élection présidentielle opposera le président sortant Uhuru Kenyatta au chef de file de l’opposition Raila Odinga, déjà trois fois candidat malheureux (1997, 2007 et 2013). Battu dès le premier tour en 2013, M. Odinga avait dénoncé des irrégularités avant d’accepter la validation des résultats par la Cour Suprême.

    La société civile kényane avait également dénoncé certaines irrégularités, dont des taux de participation supérieurs à 100% dans certains bureaux de vote.

    Ces derniers jours, l’opposition a affirmé, sans en apporter la preuve, que le parti au pouvoir a ourdi un plan en vue de truquer les élections 2017, à savoir de “faux bureaux de vote” dans lesquels les urnes seraient artificiellement remplies de bulletins favorables à ses candidats.

    Lundi, l’ONG Human Rights Watch a fait état de menaces et d’intimidations entre communautés dans la région de Naivasha (centre), dans la vallée du Rift, une des zones affectées par les violences électorales de 2007-2008.

    L’ONG assure avoir documenté six cas de “menaces directes” contre des partisans de l’opposition. Un groupe de jeunes hommes aurait par ailleurs dit à huit partisans de l’opposition de “ne pas s’approcher des bureaux de vote s’ils ne comptent pas voter pour le parti au pouvoir”.

    “Certains partisans de l’opposition disent avoir commencé à rassembler leurs affaires pour fuir la zone par crainte d’un retour d’un conflit ethnique. Mais vu qu’ils sont enregistrés comme électeurs à Naivasha, ils ne pourront pas voter dans une autre partie du pays”, a ajouté la même source.

    (©AFP / 03 juillet 2017 14h56)

  4. ES 3 juillet 2017 à 23:18

    Le Kenya reporte ses exportations de pétrole
    Par Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour le 29/06/2017

    Le Kenya a reporté de trois mois ses premières exportations de pétrole en raison de différents sur le partage des revenus entre le gouvernement et la communauté locale du Turkana, région désertique du nord-ouest du pays, a annoncé ce jeudi le ministre de l’Energie.
    Initialement, la communauté locale devait toucher 5% des revenus pétroliers, le comté 20% et le gouvernement central 75%. Mais la communauté locale réclame désormais 10%. “Nous ne voulons pas commencer les exportations sans être certains du partage des revenus (…) nous commencerons les exportations après les élections quand nous aurons un Sénat pour légiférer”, a déclaré à la presse le ministre de l’Energie, Charles Keter. Des élections générales sont prévues le 8 août au Kenya.
    Fin publicité dans 14 s4

    La découverte de pétrole en Afrique de l’Est est récente. Au Kenya, c’est en mars 2012 qu’a été annoncée cette découverte par la société britannique Tullow près de Lokichar dans la région du Turkana. La production de brut kényan n’atteindra son rythme de croisière qu’après la construction, au plus tôt en 2021, d’un oléoduc de près de 900 km qui doit relier un port en construction à Lamu (est) et permettre de transporter environ 100.000 barils par jour jusqu’à l’océan Indien.D’ici là, le Kenya avait annoncé le lancement en juin d’un “programme pilote” de deux ans pour acheminer par la route quelque 2.000 barils par jour jusqu’au port de Mombasa, à plus de 1.000 km de Lokichar.
    Même si le gouvernement affirme que le “programme pilote” sera rentable, des experts avaient indiqué en mars à l’AFP que l’opération serait déficitaire en raison du faible volume des exportations par la route et de la baisse des prix du pétrole. Ils avaient d’ailleurs prédit le report du début des opérations.