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France /Bolivie : vers un accord pour développer l’industrie du lithium. La blue-car de Bolloré en ligne de mire

Quand la France prépare l’avenir … voire l’avenir de Bolloré ? Alors que les voitures électriques pourraient connaître un formidable essor dans les années à venir, et que le lithium  constitue une matière première incontournable pour élaborer les piles permettant de faire fonctionner les véhicules, le ministre des Mines de Bolivie a annoncé mercredi que le gouvernement bolivien et le Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) venaient de signer des lettres d’intention en vue de développer l’industrie du lithium et l’énergie nucléaire et solaire.

Le ministère des Hydrocarbures et de l’énergie bolivien ainsi que celui des Mines et de la métallurgie ont en effet signé quatre lettres d’intention avec une délégation du Commissariat à l’énergie atomique et à l’énergie alternative (CEA) français. Les accords portent sur toute la chaîne industrielle du lithium, matière première dont regorge le gisement de 12.000 km2 du désert de sel (salar) d’Uyuni (au sud-ouest du pays), sur l’énergie nucléaire, sur l’énergie solaire ainsi que sur la formation scientifique.

A cette occasion, le ministre des Mines, César Navarro a indiqué que ces les lettres d’intentions étaient « vitales, importantes et structurelles pour le pays ».

Rappelons, qu’en dehors de ses réserves en gaz, la Bolivie dispose d’une richesse qui suscite d’ores et déjà d’immenses convoitises: le lithium, certains qualifiant même le pays d’Arabie saoudite du lithium. Ce métal mou et très léger permet de transporter d’énormes quantités d’énergie. Il est utilisé dans les batteries de téléphones portables et sera indispensable pour le développement de voitures électriques afin d’en augmenter l’autonomie. La demande de lithium pourrait croître de façon exponentielle. Le gouvernement du président Evo Morales  souhaite quant à lui développer l’exploitation du lithium du Salar d’Uyuni en vue de parvenir à la production de batteries.

Le lithium constitue  depuis fort longtemps un sujet de discussion entre Bolivie et la France. Le groupe français Bolloré a ainsi tenté jusqu’à mi-2010 de mettre la main sur ces gisements. Mais, jusque là, la Paz lui avait toutefois reproché de seulement vouloir exporter des matières primaires semi-élaborées.

En septembre 2009, alors que nous suggérions que l’annulation -surprise – de la visite de Nicolas Sarkozy en Bolivie pouvait avoir quelques liens avec d’éventuels contrats de Bolloré concernant le lithium bolivien, le groupe français avait fait une nouvelle proposition au gouvernement d’Evo Morales, en vue d’inclure la transformation du lithium des gisements du pays, en plus de son exploitation.
Rappelons que le lithium est une matière indispensable pour permettre le développement du projet de voitures électriques  (Blue Car) actuellement mis en oeuvre par Bolloré.
“Le groupe français est prêt à réaliser l’industrialisation du lithium” des gisements du désert de sel d’Uyuni et de Coipasa, comme le souhaite le gouvernement bolivien, “il nous a fait une nouvelle offre que nous allons analyser”, avait ainsi déclaré le président de la Corporation minière de Bolivie (Comibol), Hugo Miranda, selon des informations communiquées par l’agence officielle ABI.
En avril 2009, Vincent Bolloré avait fait une première offre d’investissement de 1,2 milliard de dollars en vue d’exploiter le lithium. Une réponse qui n’avait guère emballé le gouvernement socialiste d’Evo Morales, lequel a toujours affirmé souhaiter conclure un accord incluant une usine de traitement industriel du métal.
De quoi pousser alors Bolloré à revoir sa copie … Via notamment l’aide du groupe minier Eramet, son partenaire, lequel, à cette époque, s’était dit prêt à investir 150 millions de dollars dans une usine, dont l’objectif de production serait de 100.000 batteries par an.
S’exprimant au nom des représentants de Bolloré à l’issue d’une réunion avec les Boliviens, Antoine Grassin, l’ambassadeur de France à La Paz, avait alors affirmé pour sa part que la Bolivie prouvait par sa réponse  son intérêt pour une telle proposition.

http://www.leblogfinance.com/2014/11/france-bolivie-vers-un-accord-pour-developper-lindustrie-du-lithium-la-blue-car-de-bollore-en-ligne-de-mire.html

Sources : AFP, L’Humanité

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com – 22 novembre 2014

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8 commentaires

  1. Sebastien 8 décembre 2014 à 06:15

    Bonjour, merci pour le partage. Ton article est très intéressant ! :)

  2. ES 1 décembre 2015 à 00:59

    La Bolivie se lance dans l’industrialisation du lithium
    http://www.letemps.ch/economie/2015/08/21/bolivie-se-lance-industrialisation-lithium

    Le pays andin a les plus grandes réserves de ce métal essentiel pour les batteries. La Paz va investir 925 millions de dollars pour son extraction, une somme record pour cet Etat

    La Bolivie se lance dans l’industrialisation du lithium

    Matières premières Le pays andin a les plus grandes réserves de ce métal essentiel pour les batteries

    La Paz va investir 925 millions de dollars pour son extraction, une somme record pour cet Etat

    Pour les touristes qui le parcourent, le salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde, est l’image même du dénuement: une page blanche ouverte à 3600 mètres d’altitude, vide, plate, grande comme un quart de la Suisse. Pour les salariés de l’usine pilote de lithium de Lipi, il est au contraire l’espoir de voir un jour la Bolivie devenir l’émirat énergétique du XXIe siècle. Vêtus d’une combinaison rouge, cagoule sur la tête, les employés de l’entreprise minière d’Etat Comibol ressemblent à des cosmonautes. Ils s’affairent autour de sept piscines de 500 mètres de côté, creusées dans le sel et remplies par des pompes qui font remonter la saumure des profondeurs. «Le contenu de la première piscine est concentré par l’évaporation solaire et passe dans la deuxième piscine, puis la troisième jusqu’à obtenir au bout de huit mois la sylvinite, la matière première d’où est extrait le lithium», explique Gonzalo Alfaro, administrateur de l’usine.

    Pour l’instant, seules quelques tonnes sont produites, à titre expérimental. Mais l’or blanc pourrait bientôt couler à flots. Le 16 août dernier, la Bolivie a signé un contrat avec l’entreprise allemande K-UTEC AG Salt Technologies pour la construction d’une usine de carbonate de lithium. D’ici 2019, Lipi se convertira en un véritable site industriel avec des piscines d’un kilomètre carré, de nouvelles unités de production de potasse et autres sulfates, générant 500 emplois directs et 2000 autres dans les communautés alentour. «C’est notre argent, nous n’avons aucun partenaire, nous sommes les propriétaires», s’est félicité Evo Morales, le président bolivien, qui s’apprête à débourser 925 millions de dollars, l’un des plus grands investissements jamais réalisés dans le pays.

    Un enthousiasme à la hauteur des espérances que suscite ce métal, le plus léger de la table périodique des éléments. Le lithium, véritable éponge énergétique, est utilisé pour les batteries de téléphones portables, d’ordinateurs ou de voitures électriques. Pour les Boliviens, qui disposent de la plus grande réserve mondiale – neuf millions de tonnes sur quarante – c’est une chance historique, mais aussi un véritable défi. Comment garder le contrôle sur cette ressource, tout en tirant profit? Cette question, ici, n’est pas née avec le lithium. Dès l’époque coloniale, les Espagnols ont pillé les mines d’argent de Potosi. Puis ce furent les hévéas d’Amazonie cédés au Brésil, le salpêtre des côtes du Pacifique «volé» par le Chili, et enfin les guerres de l’eau et du gaz, dans les années 2000, pour empêcher la mainmise des multinationales sur ces deux ressources.

    Ce lourd passif explique pourquoi, à Lipi, les 200 employés sont tous Boliviens. De jeunes «gardiens du lithium» capables de supporter l’isolement, un soleil implacable et une température qui peut descendre à –20°C. «Nous avons beaucoup d’abandons, mais c’est le prix à payer pour développer cette technologie bolivienne, avoue Gonzalo Alfaro. La colonie puis le libéralisme ont engendré beaucoup de pauvreté, et moi je suis ici pour appuyer le changement politique lancé par Evo Morales.» Cette stratégie 100% nationale est-elle cependant la bonne? Alors que la Bolivie dispose des principales réserves mondiales de lithium, sa production reste marginale comparée à celles de l’Australie, du Chili et de l’Argentine. Ces deux pays sud-américains ont, eux, ouvert leurs salars à des multinationales qui ont apporté capitaux et savoir-faire. Une «ingérence» qu’a toujours refusée la Bolivie, alors que son lithium mêlé de magnésium est beaucoup plus difficile à extraire.

    Pour l’économiste Henry Oporto, spécialiste de l’industrie minière, ce «rêve» que l’on fait miroiter aux Boliviens pourrait très vite se dissiper: «Cela fait sept ans qu’Evo Morales a lancé cette filière, avec très peu de résultats, affirme-t-il. Pour un pays comme le nôtre, pauvre, sans expérience de ce type d’industrie, il aurait été plus raisonnable de faire un appel d’offres pour exploiter le lithium conjointement avec une entreprise étrangère. Cette nouvelle usine sera-t-elle adaptée au salar d’Uyuni? Les coûts de production seront-ils compétitifs? On ne sait pas.» Un pessimisme que ne partagent pas les villages alentour. A Colcha K, Chuvica ou San Pedro de Quemez, les habitants qui survivaient en essayant de préserver quelques arpents de quinoa et un maigre troupeau de lamas ont vu arriver l’électricité, l’eau courante, des routes. Tous, ici, veulent encore croire au lithium.

    «Cela fait sept ans qu’Evo Morales a lancé cette filière, avec très peu de résultats»

  3. retrouvé le retour 1 décembre 2015 à 10:18

    En plus du sodium, il en reste peut-être quelques gouttes à côté de la piscine !!
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