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Japon : TEPCO va accroître ses achats en gaz de schiste US

Décidément, la catastrophe de Fukushima n’aura pas eu que des incidences négatives pour les Etats-Unis, et qui plus est, pour les majors pétrolières américaines … 
Alors qu’en février dernier, la compagnie d’électricité japonaise Tokyo Electric Power (Tepco) avait annoncé avoir sécurisé un approvisionnement de 2 millions de tonnes par an de gaz naturel liquéfié (GNL), dont 800.000 provenant du projet Cameron d’extraction de gaz de schiste aux USA, le géant énergétique va désormais augmenter le volume de ses approvisionnements.

Dès 2017, les quantités importées seront multipliées par 1,5 par rapport au plan initial. Ce qui correspond à 1,2 millions de tonnes par an. TEPCO espère obtenir un accord sur ces nouvelles quantités avant la fin de l’année.
Cette décision intervient dans le cadre du programme de réduction des coûts entrepris par la société, est-il par ailleurs précisé.
Certes des modifications techniques sont nécessaires pour pouvoir adapter les installations japonaises au gaz de schiste, mais le recours à ce type d’énergie devrait globalement réduire les coûts d’approvisionnement en carburants pour les centrales thermiques, le prix du gaz étant moindre par rapport à celui du pétrole.
Le prix d’achat du gaz de schiste est en effet inférieur de 30 % à celui du GNL (Gaz Naturel Liquéfié ou LNG). Rapportés à 1,2 millions de tonnes, l’oépration permet ainsi d’alléger la facture de 0,10 milliards de dollars par an.

Un avantage certain en faveur de la livraison de gaz par les Etats-Unis alors que Tepco se voit lourdement impacté par la hausse de sa facture énergétique suite à la catastrophe de Fukushima, une telle situation alourdissant par ailleurs le déficit commercial du Japon.
La compagnie d’électricité japonaise prévoit ainsi que d’ici une décennie, 10 millions de tonnes par an, soit la moitié de ses besoins en gaz naturel liquéfié, soient constitués de gaz naturel léger, essentiellement du gaz de schiste provenant d’Amérique du Nord …

Selon la presse japonaise, TEPCO prévoit ainsi d’augmenter ses achats de gaz de schiste dans l’avenir, tablant sur 10 millions de tonnes en 2023 en vue d’économiser 1,33 milliards de dollars, soit l’équivalent de 5 % de ses coûts annuels en carburant.
En vue de compenser l’arrêt de tous ses réacteurs nucléaires depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, Tepco se voit en effet contraint de faire tourner à plein régime ses centrales thermiques. Une aubaine pour les Etats-Unis qui ne perdent pas une occasion pour accroître leurs exportations d’hydrocarbures.

La première étape du plan annoncé en novembre 2012 prévoit la sécurisation par Tepco de 1,2 million de tonnes provenant de différents fournisseurs ainsi que 800.000 tonnes via des contrats nouveaux avec deux sociétés de commerce japonaises.
Un premier contrat d’une durée de 20 ans – et qui prendra effet à compter de 2017 – a été conclu au début de l’année avec la maison de négoce Mitsui & Co portant sur 400.000 tonnes de gaz léger de schiste par an en provenance du gisement Cameron, la capacité annuelle à l’exportation de ce dernier étant évaluée à 12 millions de tonnes.
Des négociations étant menées parallèlement avec Mitsubishi Corporation en vue d’aboutir à la signature de contrat pour des délais et des volumes identiques.

En mars 2011, alors que les analystes prévoyaient d’ores et déjà que l’arrêt de quatre centrales nucléaires nippones allait entraîner une hausse de la demande de fioul et de gaz naturel liquéfié (GNL) afin de palier à la baisse de la production d’électricité, le premier ministre russe Vladimir Poutine avait donné l’ordre quant à lui d’augmenter les livraisons du GNL provenant du gisement de Sakhaline en direction du Japon. Les experts indiquant alors qu’il est nécessaire d’importer environ un million de tonnes de GNL pour compenser le retrait de 1 gigawatt de capacité nucléaire pendant un an.
Rappelons que le Japon est d’ores et déjà le premier acheteur de GNL au niveau mondial. Ainsi, en 2009, 35% des cargaisons lui étaient destinées.
Comme l’indiquait par ailleurs le journal Les Echos en mars 2011, les arrêts de fonctionnement du parc nucléaire japonais ont déjà eu des impacts substantiels sur le marché du GNL.

Ainsi, en juillet 2007, l’arrêt de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa avait entraîné une nette hausse des prix du gaz naturel liquéfié. A la suite d’un fort séisme survenu à quelques kilomètres du site, la centrale de 8 gigawatts avait dû subir des réparations pendant deux ans, avant de pouvoir redémarrer.
En 2002, la fermeture de 17 des 54 réacteurs nucléaires nippons pour des inspections de sécurité avait également entraîné une hausse de 11% de la demande de GNL l’année suivante.

Or, alors que nous laissions entendre ici-même que tsunamis  (tels que Fukushima), ouragans (tels que Sandy ou Isaac), séismes (Haïti, Iran, Birmanie) ne seraient pas dûs uniquement à l’oeuvre de Dame Nature – cette dernière pouvant être quelque peu aidée dans son œuvre par de véritables armes climatiques comme HAARP (High-Frequency Active Auroral Research Program), gérées conjointement par l’US Air Force et l’US Navy – nous indiquions que la liste des groupes industriels, des sociétés financières « partenaires » du projet et autres lobbies était pour le moins édifiante. Qui sont-ils ? En tout premier lieu, Bae Systems et Carlyle … la sulfureuse société liée à Ben Laden Groupe et Bush … et donc au lobby pétrolier US …
La liste des compagnies pétrolières liées au projet – qui inquiétait d’ores et déjà le parlement européen en 1999 – n’est pas exhaustive … ARCO et même British Petroleum en faisant partie.

Autre élément notable : le site LIESI nous rappelle que le premier brevet américain lié à HAARP a été déposé le 11 août 1987 par Bernard Eastlund …. via le financement d’ARCO, compagnie pétrolière américaine … à l’origine de la découverte de l’immense gisement d’hydrocarbures de Prudhoe Bay en Alaska…
Simple coïncidence ?

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  - 2 novembre 2013

Sources : Natural gas asia, AFP, TEPCO, LIESI, les Echos

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26 commentaires

  1. retrouvé le retour 2 novembre 2013 à 15:20

    Le gaz de schiste n’est pas une nouvelle forme d’énergie fossile, c’est du gaz “normal”. Seule la méthode d’extraction diffère.
    En dehors de toute préoccupation “écologique”, l’essorage du sol pour extraire ce gaz coûte plus cher, je ne vois donc pas très bien pourquoi le Japon se suiciderait en se liant par contrat à un achat spécifique de gaz “plus cher”.

    PS: (Il est bien connu qu’il est plus que probable qu’en essorant ainsi le sol des dernières gouttes d’hydrocarbures on provoque de belles pollutions!! inutile de regarder bien loin en France certains forages d’eau potable sont condamnés pour diverses raisons (pollution agricole, pollution industrielle, pollution radioactive, etc..)

  2. retrouvé le retour 3 novembre 2013 à 12:07

    Ce qu’il faut bien comprendre ici en dehors de l’anecdote factice sur le gaz, c’est que les responsables de la situation énergétique actuelle du japon sont aux USA.
    Pour donner une indépendance énergétique factice au Japon vaincu après Hiroshima, on est allé construire en bord de mer sur une faille sismique majeure tout un chapelet de centrales construites selon les plans US.
    Il est bien évident que s’il continue dans la direction actuelle le Japon va finir dans un mur, avec ou sans “schistes” ou “sables bitumeux”.

  3. Elisabeth Studer 10 mars 2016 à 01:09

    Après Fukushima, 10.000 cancers de plus attendus au Japon, selon des ONG

    Washington – L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 11 mars 2011 pourrait provoquer 10.000 cancers de plus dans la population japonaise en raison des radiations, selon un rapport de deux ONG publié mercredi aux Etats-Unis.

    L’étude de ces deux organisations de médecins qui militent contre l’énergie nucléaire, Physicians for social responsability (PSR) et International Physicians for the Prevention of Nuclear War (IPPN), indique s’appuyer sur les données scientifiques et médicales existantes portant sur les enfants, les personnels ayant participé au nettoyage et aux secours ainsi que sur la population en général.

    Selon ce rapport, 116 enfants dans la préfecture de Fukushima ont déjà été diagnostiqués d’une forme agressive ou généralisée de cancer de la thyroïde. Dans une population de cette taille on enregistre normalement de un à cinq cas par an, selon ce rapport.

    Parmi les personnels de décontamination et les sauveteurs plus de 25.000 ont subi les doses les plus élevées de radiations avec des risques importants pour leur santé, selon ces ONG.

    Des données fournies par l’opérateur de la centrale, TEPCO, prédisent qu’une centaine d’employés devraient développer un cancer en raison des doses excessives de radiations qu’ils ont subies et une cinquantaine de ces cas devraient être mortels.

    Mais selon ce rapport, les doses pourraient même avoir été plus élevées et les données sur les personnels pourraient ne pas tenir compte des employés engagés temporairement.

    Pour ce qui est de l’ensemble de la population au Japon, elle a été exposée à des doses accrues de radiations provenant de retombées radioactives mineures ainsi qu’à de l’eau et des aliments contaminés, estiment les auteurs.

    Ils ont calculé que cela se traduisait par un risque accru de cancers sur l’ensemble du Japon allant de 9.600 à 66.000 cas selon les doses de radioactivité.

    Les retombées de santé publique de Fukushima vont hanter le Japon pendant des années et cet héritage ne doit pas être poussé sous le tapis par les partisans de l’énergie nucléaire, a estimé la Dr Catherine Thomasson, co-éditrice du rapport et directrice de Physicians for Social Responsibility.

    Pour Robert Alvarez, un expert des politiques de l’énergie de l’Institute for Public Studies et ancien conseiller du Département américain de l’Energie, la catastrophe de Fukushima a créé de facto des zones où l’habitation humaine n’est plus possible pendant longtemps.

    En novembre 2011, le ministère japonais de la Science avait indiqué que le césium, qui reste radioactif durant une trentaine d’années, avait contaminé 30.000 km2 de terres au Japon, soit une superficie presque équivalente à celle de l’Etat du Connecticut.

    Le gouvernement japonais a arrêté de façon permanente quatorze des 54 réacteurs du pays qui fonctionnaient avant la catastrophe de Fukushima car ils sont construits sur des failles sismiques. Depuis 2015, quatre autres réacteurs ont été remis en service.

    (©AFP / 09 mars 2016 23h47)

  4. retrouvé le retour 10 mars 2016 à 19:55

    Les plans des centrales japonaises sont US, La responsabilité des implantations a été prise aux USA!! A la caisse Messieurs les Américains.
    Pourquoi si peu de bruit dans cette direction !!!

  5. Elisabeth Studer 10 mars 2016 à 20:23

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