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Huawei demeure interdit en Australie, soupçonné d’espionnage

Alors que suite à l’affaire Snowden, le monde entier se rend  – enfin ? –  compte que la sécurité des réseaux constitue un des enjeux primordiaux actuels des gouvernements et des firmes internationales, le nouveau ministre de la Justice australien a réaffirmé qu’il n’autoriserait pas Huawei, le géant chinois des télécoms, à travailler en Australie. Ou plus exactement à postuler à l’appel d’offre pour le programme national d’Internet haut-débit.

Si le groupe espérait plus de clémence de la part du nouveau gouvernement australien, il n’en est donc rien. Par les temps qui courent, la prudence est en effet de mise, alors que l’année dernière les Etats-Unis avaient accusé Huawei d’espionner les pays où il était implanté en vue de fournir des renseignements au gouvernement chinois.

Le nouveau ministre de la Justice australien a ainsi annoncé le 29 octobre, que le gouvernement de Tony Abbott, élu en septembre dernier, ne reviendrait pas sur la décision prise par le « précédent gouvernement » de « ne pas autoriser Huawei à déposer une offre pour le NBN » (Internet à bande large). Ajoutant que la décision avait été prise « sur le conseil des agences chargées de la sécurité nationale« .

Le nouveau gouvernement annonçant parallèlement une « révision stratégique » du plan de déploiement du réseau à haut débit, avec pour objectif une réduction de coût de 29,5 milliards de dollars australiens (20 milliards d’euros).

- Huawei : une menace pour la sécurité selon les Etats-Unis

Rappelons que Huawei Australie s’est vue interdire au début de l’année dernière par l’ancien gouvernement australien de participer à ce projet national australien, motivant sa décision par des raisons de sécurité.

Parallèlement, un rapport de la commission du renseignement de la Chambre des représentants US établissait que « sur la base d’informations classifiées et non classifiées« , Huawei « ne pouvait garantir son indépendance« . Le document indiquant au final que Huawei et ZTE, autre société de télécommunications chinoise, constituaient une menace pour la sécurité des Etats-Unis et devaient être exclues des acquisitions et contrats américains. Washington tenant par ailleurs à rappeler que le PDG de Huawei, Ren Zhengfei, était un ancien ingénieur de l’armée populaire de Chine.

Le rapport américain avait toutefois été rejeté par le président de Huawei Australie, John Lord, ce dernier y trouvant là une forme de « protectionnisme » plus qu’une réelle question de sécurité.

- Actions de lobbying chinois, accords de libre-échange dans la balance

En tout état de cause, l’Empire du Milieu compte bien ne pas en rester là. Le géant chinois multipliant les actions de lobbying dans la capitale australienne. Faisant pesant dans la balance les négociations sur un accord de libre-échange avec la Chine, principal partenaire commercial de l’Australie. Accord que le Premier ministre Tony Abbott souhaite conclure dans les prochains mois.

Suite à l’annonce de la poursuite de l’interdiction faite à l’entreprise de télécommunications chinoise d’avoir accès au marché local du haut débit, la Chine a exhorté l’Australie à mener « des efforts conjoints » en vue « d’offrir un environnement équitable aux entreprises des deux pays ».

« La Chine s’est toujours opposée à l’utilisation de la sécurité nationale comme prétexte pour gêner la coopération économique et commerciale normale entre deux pays », a ainsi déclaré Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors de sa conférence de presse quotidienne.

« Nous espérons que les deux pays pourront travailler ensemble afin de créer des conditions favorables et un environnement équitable pour les entreprises de chacune des parties afin de mener une coopération basée sur le respect mutuel et l’égalité en conformité avec les principes de l’économie de marché », a ainsi indiqué Mme Hua.

La porte-parole tenant à rappeler qu’en « tant que pays importants dans la région Asie-Pacifique, la Chine et l’Australie » partageaient « de vastes intérêts communs ».

« Huawei prend acte de ce qu’aucune décision n’a été prise par le gouvernement concernant le NBN, dans l’attente des conclusions de la révision stratégique« , a réagi pour sa part le groupe de télécoms.

Sources : La Tribune, Xinhua, Reuters

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 5 novembre 2013

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2 commentaires

  1. retrouvé le retour 7 novembre 2013 à 13:14

    Franchement si les anciennes colonies anglosaxonnes génocidaires devenues indépendantes après liquidation presque totale des populations locales trouvées à l’arrivée des colons européens ont demain des problèmes, je vais dire que c’est dans « l’ordre naturel des choses ».
    Maintenant pour ce qui est de « l’espionnage », ce que je vois surtout, c’est qu’en Europe nous avons du « pédaler » comme des malades à coup de remembrements et de subventions européennes pour essayer de contrer ces colons anglosaxons qui après avoir liquidé les populations locales se sont taillé des domaines fonciers invraisemblables. ( sur le dos des aborigènes pour AUS, Maoris en NZ et HawaÏ, Indiens aus US et Canada.)

    Les crises actuelles du secteur agricole et du secteur agroalimentaire en Bretagne sont directement liées à des génocides qui n’ont rien a envier à ceux qui on étés perpétrés dans la première moitié du siècle précédant en Europe et Asie Mineure.

    (Je crois que le cas le plus monstrueux de « colonisation fermière » c’est l’ancienne Rhodésie, actuel Zimbabwe. Voir à ce propos les manoeuvres de ce « cher Henri » (Kissinger)

    Voir Wiki pour ce beau sujet économique
    (…….Henry Kissinger, le secrétaire d’État américain partisan de la détente avec les régimes « blancs » d’Afrique et d’adoucissement des relations avec l’Afrique du Sud, avait entrepris de mettre en place une « diplomatie globale » à l’avantage du gouvernement de Pretoria……)

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Rhodésie_du_Sud

  2. retrouvé le retour 16 décembre 2014 à 00:31

    Le déficit budgétaire australien est pire que prévu: Il devrait atteindre plus de 40 milliards de dollars australiens à la fin de l’année !! Bravo les mecs vous êtes sur la trace des USA !!

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