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Réforme des retraites : vers une hausse de la CSG ?

Alors que le gouvernement doit rendre ses conclusions à la fin de l’été sur la réforme des retraites, la hausse de la CSG pourrait bien être la solution retenue pour financer ladite réforme.
Selon le journal “Les Echos”, une telle piste serait “privilégiée” à celle des cotisations d’assurance-vieillesse, le but étant de ne pas alourdir davantage le coût du travail.
Lundi matin, s’exprimant sur les ondes de RTL, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a ainsi déclaré que le gouvernement ne devait “pas écarter” cette solution, tout en reconnaissant “quelques avantages” à cette option. Parmi eux : la compétitivité. Alors que Chine et Mexique rivalisent à qui mieux mieux à qui aura le salaire horaire le plus bas, l’augmentation des charges patronales pourraient en effet restreindre les débouchés commerciaux des produits français. Le gouvernement socialiste aurait donc choisi au final de taxer les particuliers plutôt que les sociétés. En espérant que les entreprises profitent de cette « aubaine » pour embaucher et résorber le chômage. Ce qui, le cas échéant, permettrait de trouver une solution où  tout le monde, patrons et salariés pourraient y trouver intérêts.

Précisons par ailleurs que lors de ses récentes consultations avec les partenaires sociaux, la ministre des Affaires sociales a testé auprès d’organisations syndicales l’idée d’une hausse générale de CSG.

A noter également que diverses sources tant au sein du gouvernement que dans la majorité ont parallèlement laissé entendre qu’une éventuelle hausse de CSG faisait partie des scenarii envisagés pour combler un besoin de financement évalué à 7,5 milliards d’euros pour le régime général à l’horizon 2020. Point non négligeable : un point de CSG représente environ 10 milliards d’euros de recettes pour l’Etat.

Rappelons que le rapport Moreau préconisait quant à lui d’accroître les cotisations d’assurance-vieillesse à partir d’un certain niveau de salaire. Proposant une hausse de 0,1 point par an pendant une durée 4 ans, répartie à parts égales entre salariés et employeurs.

Ce que Laurence Parisot, à la mi-juin, lors de sa dernière conférence de presse mensuelle en tant que Présidente du Medef avait qualifié de totalement “irresponsable”.  Pour l’ancienne dirigeante du patronat, augmenter les cotisations retraites des entreprises et des salariés, “c’est tout simplement inacceptable, c’est tout simplement inenvisageable, c’est tout simplement irresponsable”, au regard des problèmes de compétitivité des entreprises françaises.
Cette dernière jugeant par ailleurs “contestable, pour ne pas dire invraisemblable” que “le rapport Moreau laisse entier, ou plutôt sans réponse la question du financement des besoins des régimes de fonctionnaires”. Rappelons à cet égard que sur les quelque 22 milliards de déficit annuel envisagé pour les retraites en 2020, 8,6 milliards viennent du régime de la fonction publique.

Si à l’heure actuelle, aucune décision n’a été prise, il semble d’ores et déjà avéré que “l’âge légal ne bougera pas”. Contrairement au souhait du patronat, lequel militait en faveur d’un scénario jouant à
à la fois sur le “paramètre temps” et sur celui de l’augmentation de la durée de cotisation.

Sources : AFP,Reuters, Les Echos, Capital

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 29 juillet 2013

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