Le Blog Finance

Intervention militaire de la France au Mali : aussi une histoire de gros sous …

La France serait au bord de la faillite, nous clame-t-on à cor et à cri, histoire notamment de justifier hausses d’impôts, coupes sombres dans les budgets, j’en passe et pas des meilleurs …
Certes, mais alors, que vient donc faire Paris dans la « galère » du Mali ? C’est donc que l’opération « rapporterait »,  dans un monde où tout ou presque est calculé en terme de retour sur investissement ?

Fort possible … alors qu’or jaune, pétrole, gaz et uranium du Niger voisin pourraient gonfler les chiffres d’affaires de groupes français de tout premier plan tels qu’Areva, Total and Co … lesquels sont redevables de l’impôt sur les bénéfices et emploient bon nombre de citoyens … considération fort importante en ces temps de disette et de chômage.

Alors si calcul de retour sur investissement il y a … il devient fort intéressant de connaître le montant dudit investissement.

Ne serait-ce que pour sa simple « culture personnelle » ….

Précisons tout d’abord que pour 2013, le budget prévisionnel des opérations militaires extérieures, (Opex) s’élève à 630 millions d’euros, en nette baisse par rapport aux années précédentes.
En 2011, le surcoût des Opex – occasionné par l’intervention en Libye – avait atteint 1,2 milliard d’euros sur un budget total militaire de 37 milliards.

En reprenant les éléments financiers concernant l’intervention de l’armée française sur territoire libyen et présentés dans un rapport parlementaire en octobre 2012, le poste « utilisation de munitions » se chiffrerait à 400 000 euros par jour. A titre d’exemple, un missile AASM tiré d’un Rafale sur un objectif au sol revient ainsi à 4 000 euros, dans le « catalogue des prestations » d’un nouveau genre.

Le surcoût d’entretien des matériels et avions est estimé quant à lui à 570 000 euros. Tandis que la consommation de carburant s’élève à 200 000 euros, et les indemnités journalières des militaires engagés dans l’opération 270 000 euros.
Au final, l’opération Harmattan menée en Libye, laquelle avait conduit à l’envoi du groupe aéronaval de Toulon au large des côtes libyennes durant 7 mois est revenue à 1,7 million par jour.
Reste que ces chiffres devraient être revus à la baisse en ce qui concerne l’intervention au Mali, les moyens déployés jusqu’à présent étant nettement moins importants.
En ce qui concerne le coût des appareils engagés au Mali, précisons que l’heure de vol d’un Rafale était estimée à 27 000 euros en 2010 selon le rapport budgétaire du député PS Jean Launay  d’octobre 2012.
Le coût horaire d’un Mirage 2000 s’élève quant à lui à 11 700 euros. Quant aux hélicoptères Gazelle utilisés par l’armée de terre, leur coût d’utilisation est de l’ordre de 2 600 euros.

En ce qui concerne le prix de la formation d’un pilote, par respect pour Damien Boiteux, militaire français récemment décédé au Mali, il convient de ne pas l’évoquer, mais cela a un coût non négligeable … chose dont les « ennemis » ont bien conscience, bien au delà de la perte humaine.

Si un père, un fils, un époux ne se remplacent pas … l’expérience professionnelle non plus.

Précisons ainsi que lors de l’hommage rendu mardi dans la cour d’honneur des Invalides à Paris, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a souligné « les conditions héroïques » dans lesquelles Damien Boiteux est parvenu à s’ « éloigner et à ramener en lieu sûr (son) coéquipier ainsi que l’appareil, avant de succomber à (ses) blessures« .

Au final, l’intervention militaire française au Mali devrait coûter environ 400 000 euros par jour, si l’on en croit un expert budgétaire consulté par BFM Business.com.
Reste à connaître le nombre de jours …  En tout état de cause, des jours interminables pour toutes les familles des militaires engagés.

Sources : BFM.TV, La Croix, Assemblée Nationale

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 15 janvier 2013

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8 commentaires

  1. Solutis 16 janvier 2013 à 12:04

    Reste à voir si le coût de l’envoi de troupes au Mali va impacter le budget et donc le déficit de l’état.

  2. Staub Immo 16 janvier 2013 à 16:37

    Assez d’accord avec l’article en général, sauf quand vous dites que le déploiement en Libye était bien plus important… Je ne suis pas un expert, mais il me semble qu’il n’y a pas eu d’infanterie déployée en Libye. Là, on parle de plus de 500 militaires.

  3. Bob Coen 16 janvier 2013 à 21:21

    J’essaye de contacter Elizabeth Studer pour un project. SVP passez mes coordonnées.

  4. elisabeth 17 janvier 2013 à 00:11

    sur « sauf quand vous dites que le déploiement en Libye était bien plus important… Je ne suis pas un expert, mais il me semble qu’il n’y a pas eu d’infanterie déployée en Libye. Là, on parle de plus de 500 militaires. »
    le calcul a été fait avt le deploiement terrestre

  5. elisabeth 19 janvier 2013 à 20:12

    Interessant ..; alors qu’on peine à avoir des photos …
    —————————————————–
    In Amenas : Présence mystérieuse d’un ancien militaire français

    Par Lila Ghali | 19/01/2013 | 8:59

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    La présence sur le site gazier de Tiguentourine d’un ancien militaire français répondant au nom Yann Desjeux (52 ans), qui a été tué au cours de l’assaut lancé par les forces de sécurité algériennes contre les assaillants, reste mystérieuse même pour ses proches.

    Même le maire de la commune, d’où est natif l’otage Anglet dans les Pyrénées-Atlantiques (France), s’est refusé à tout commentaire quand la question relative au motif de son déplacement en Algérie lui a été posée se limitant à déclarer qu’il n’était pas du tout au courant.

    Le cuisinier de son restaurant que la victime tenait à Anglet a indiqué au journal “Le Parisien” que “lorsque Yann Desjeux n’était pas en mission, il venait souvent son restaurant (photo) qui était tenu par son associé ainsi que par la femme et la fille de celui-ci”.

    Il décrit son patron comme “un homme sympathique” par ses voisins, ceux-ci n’ont toutefois pas indiqué être au courant de son autre activité.

    Présenté comme un responsable logistique et approvisionnements du groupe français CIS Catering, qui assure l’hôtellerie et la restauration sur le site d’InAmenas.

    Mais la société CIS Catering a vite apporté un démenti formel, précisant que Yann Desjeux “ne fait pas partie de notre personnel”. La société précise n’avoir pas d’expatriés français sur le site gazier de Tiguentourine, n’ayant que du personnel local. Ajoutant davantage à la confusion quant à la présence de cet ancien militaire français sur ce site.

    L’ancien membre des forces spéciales françaises ayant opéré en Afghanistan et récemment au Mali serait aux dernières nouvelles un employé de la société chargée de la sécurisation du site de Tiguentourine.

  6. elisabeth 26 janvier 2013 à 19:59
  7. Elisabeth Studer 17 avril 2013 à 23:06

    Serval perd des ailes: six appareils ont regagné la France

    L’EMA a annoncé, ce mardi soir, l’allègement du dispositif « chasse » de l’opération Serval. Trois Mirage 2000 D, deux Rafale et un Boeing C135 ont quitté le Mali pour rejoindre leurs bases aériennes en France.Désormais, le dispositif « chasse » de l’opération Serval est composé de six Rafale, de trois Mirage 2000 D et de trois ravitailleurs C135.

    Les trois Mirage 2000 D, stationnés à Bamako ont rejoint leurs escadrons de chasse (EC) de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. Les deux Rafale, stationnés à N’Djamena ont rejoint la base aérienne 113 de Saint-Dizier. Le Boeing C135 du groupement de ravitaillement en vol 2/91 « Bretagne » a rejoint la base aérienne 125 d’Istres, tout en assurant la mission de ravitaillement sur le vol retour. L’EMA rappelle que « cet allégement du dispositif chasse de l’opération Serval s’inscrit dans le processus de désengagement conformément aux décisions annoncées par le Président de la République le 28 mars 2013. »

  8. Elisabeth Studer 17 avril 2013 à 23:08

    Blog OUESt FRANCE
    70 000 m3 d’essences déjà utilisés pour l’opération Serval

    Pour les opérations au Mali, les forces françaises ont besoin de carburéacteur et de gasoil. Les détachements du SEA pré positionnés ou en opération, en Côte d’Ivoire, au Tchad, au Sénégal, au Niger et au Gabon ont été les premiers sollicités et ont permis d’apporter une réponse rapide au besoin de soutien tous azimuts (lire à ce sujet le sujet sur le site web du SEA).

    Le carburant n’est pas acheminé depuis la France, à l’exception de l’essence aviation. Il est exclusivement fourni à partir de contrats passés par le Service des essences des armées (SEA) auprès de sociétés pétrolières locales qui se fournissent en Algérie.

    Depuis janvier, la consommation totale a été d’environ 70 000 m3 d’essences. Ces carburants ont été distribués depuis le début de l’opération Serval avec l’aide d’environ 150 militaires du SEA.

    Ils disposent, selon le SEA, de:
    - 4 TOE/RQ pour les avitaillements au profit de l’armée de l’Air à Bamako (ce sont véhicule de marque Renault/ partie pétrolière Lafon)
    - 7 CCP 10 AV pour les avitaillements tactiques au profit de l’ALAT (véhicule de marque Scania)
    - 1 CBH, 18 CBH/RQ et 10 ensembles Kerax 420/MAGYAR dédiés au transport du gasoil et du Jet au profit des forces sur le théâtre malien
    - plusieurs réservoirs de stockage souples (300, 80, 40 et 25 m3 unitaires).

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