Le Blog Finance

Birmanie : quand les USA levaient les sanctions bancaires …

Simple hasard ?

Alors  qu’un  séisme  vient de frapper la Birmanie, pays  par ailleurs  théâtre de  violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans,  rappelons  qu’en avril 2012,  les  Etats-Unis ont annoncé  la levée de sanctions interdisant l’exportation vers le territoire birman de certains services financiers. Tout  de même …. Le département du Trésor a en effet publié à cette date un règlement autorisant ceux à visée humanitaire, démocratique, éducative, sociale et sanitaire, sportive ou religieuse.  Ben voyons ….

Parmi les objectifs autorisés, cités expressément dans le texte publié, figurent désormais « la construction de la démocratie et la bonne gouvernance », l’éducation, la santé, l’assistance aux réfugiés ainsi que  les activités religieuses.

Cette annonce inaugure une première d’une série de mesures prévues par Washington en vue de récompenser la Birmanie d’avoir organisé de manière adéquate ce mois-ci des élections législatives partielles  nous  avait-on affirmé  à corps et à cris.

Début avril, à la suite des élections qui ont permis à la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Aung San Suu Kyi de devenir la première force d’opposition au parlement birman, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait annoncé l’allègement à court terme des restrictions pesant sur les investissements à destination de la Birmanie ainsi que la nomination rapide d’un ambassadeur. Le pays étant alors redevenu fréquentable à la suite de son engagement à poursuivre des réformes   … voire  à la faveur  de ses richesses de  son sous-sol diront  certains ….

La politique américaine  étant  loin d’être dénuée d’intérêts, avais-je alors indiqué, précisant que les Etats-Unis souhaitaient rompre la stratégie d’isolement de la Birmanie, en vue d’éviter que ce pays riche en matières premières ne tombe chaque jour un peu plus dans le giron de la Chine.

Mais, mine de rien, on  peut  remarquer   que  décidément, Dame Nature aide bigrement les  intérêts  US  depuis quelques temps.  Si auparavant ce sont surtout  les lobbies  pétroliers  et militaires  qui  auraient pu un temps soit peu « bénéficier » des retombées  des séismes, ouragans, tsunamis et autres  catastrophes qui ont frappé la planète  entière …  c’est désormais  le  lobby  bancaire qui peut se frotter les mains …

Car  si à la « faveur » du séisme  qui vient de frapper le pays, une  invasion humanitaire des Etats-Unis  peut être redoutée – comme  cela a été le cas en Haïti, le passage  de Sandy sur l’île n’arrangeant  rien à l’affaire, pouvant   au contraire augurer  d’une seconde vague dite humanitaire  – la catastrophe  pourrait également  permettre   aux banques  américaines – comme  Goldman Sachs ? -   de prêter de l’argent  au gouvernement birman  en vue de faire face  aux dépenses sanitaires – voire  de  reconstructions ? –  occasionnées  par le séisme.

Ca tombe bien, la  Birmanie est justement le pays  qui accueillera  le 19 novembre prochain Barack Obama, pour son premier voyage à l’étranger depuis sa réélection.

Déplacement annoncé comme un soutien de Washington au processus politique actuel en œuvre dans le pays. Cette visite sera l’occasion pour le président des Etats-Unis de rencontrer le président Thein Sein et la lauréate du prix Nobel de la paix et chef de file de l’opposition, Aung San Suu Kyi.

Et  à Goldman Sachs  de proposer  un prêt pour la reconstruction du pays ?  Qui sait … Le financement de la campagne  d’Obama  et sa ré-élection pourraient être – notamment - à ce prix …

Sources : Afp, Associated Press, Courrier International

Elisabeth STUDER – www.leblogfinance.com  – 11  novembre 2012 -

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10 commentaires

  1. elisabeth 24 mars 2013 à 16:07

    on en reparle au plus tot …

  2. Elisabeth Studer 11 avril 2013 à 00:00

    Birmanie: appel d’offre pour 30 blocs d’hydrocarbures offshore

    RANGOUN – La Birmanie a lancé un appel d’offre très attendu pour 30 blocs d’hydrocarbures offshore, a annoncé mercredi le ministère de l’Energie, alors que les réserves énergétiques sous-exploitées du pays attisent la convoitise des entreprises étrangères après des décennies d’isolement.

    Les groupes intéressés pourront déposer leurs demandes d’ici le 14 juin pour trois blocs au maximum, en partenariat avec une entreprise birmane d’Etat pour les 11 blocs en eaux peu profondes, et seuls pour les 19 blocs en eaux profondes.

    Travailler sur des blocs en eaux profondes nécessite beaucoup d’argent, des compétences techniques élevées et un grand risque, a commenté un responsable de Myanma Oil and Gas Enterprise (MOGE), la principale entreprise d’Etat dans le secteur.

    Aung Kyaw Htoo, un responsable du ministère de l’Energie, avait noté il y a quelques semaines que les entreprises locales n’étaient pas capables d’opérer en eau profonde et que les candidats seraient donc autorisés à investir 100% des capitaux nécessaires.

    Ce qui n’empêchera pas la Birmanie d’imposer à tous les futurs investisseurs un contrat de partage de la production avec MOGE, selon l’appel d’offre publié par le ministère sur son site internet.

    BP, Woodside, Shell et Chevron auraient déjà exprimé leur intérêt.

    Depuis la levée ou la suspension des sanctions occidentales l’an passé et alors que l’image de la Birmanie a été transformée par les réformes du nouveau régime, les majors s’intéressent à ce pays niché entre Chine et Inde et dont les réserves exactes sont inconnues.

    En janvier, Naypyidaw avait lancé des appels d’offre pour 18 blocs onshore, imposant cette fois la participation de sociétés birmanes. Les résultats n’ont pas encore été annoncés.

    Les autorités promettent la plus grande transparence dans les procédures et une distribution équitable des richesses issues du secteur, après des décennies de confiscation des dividendes du sous-sol par la junte.

    Le secteur représente 34% des exportations du pays et tous les experts pronostiquent une forte croissance dans les années à venir, même si le potentiel réel du pays reste inconnu.

    Une dizaine d’entreprises étrangères sont actuellement en partenariat avec des sociétés birmanes dans 27 blocs offshore gaziers ou pétroliers, dont le groupe français Total, installé en Birmanie depuis 1992, avant l’imposition des sanctions.

    (©AFP / 10 avril 2013 14h24)

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