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Mali : l’UE disposée à intervenir militairement

La stratégie  du chaos  semble décidément être belle  et bien mise en place par les Etats-Unis.

Alors  que nous laissions  entendre récemment  que les  événements  qui bouleversent actuellement le Mali et le Sahel  tout entier seraient intimés liés à la politique de terre  brûlée que  souhaite mener    le pays de l’oncle Sam, le  plan machiavélique   pourrait bien être déployé  désormais de  manière  implacable.

En tout état de  cause, c’est face  à une véritable  situation de chaos  que le sommet de l’UE  qui  s’est tenu cette  semaine a réaffirmé  la position des pays membres, ces derniers  déclarant  se  tenir à  disposition  pour  intervenir militairement au Mali.

Objectif  affiché : « aider le gouvernement légitime à reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire du pays ». Un engagement  tenu  sans toutefois   que ne soit défini le format d’une telle opération.

« L’UE va étudier de l’aide à la force internationale militaire en accord avec la résolution du conseil de sécurité de l’ONU 2071 et accélérer la planification d’une possible mission dans le cadre de la Politique de défense et de sécurité commune afin d’aider à la réorganisation et l’entraînement des forces de défense maliennes », précise le texte.
A l’heure  actuelle, l’UE envisage deux scénarios : l’envoi au Mali d’instructeurs et de conseillers militaires européens ou la projection en renfort d’un bataillon de 400 soldats des forces spéciales en vue  « d’appuyer l’armée régulière dans sa lutte contre les groupes armés illégaux ».

En septembre dernier, alors que nous nous inquiétions des velléités hégémoniques des Etats-Unis au Sahel -  les « bonnes » intentions américaines pouvant avoir encore une fois une forte odeur de pétrole -  le Mali a officiellement saisi l‘ONU d’une demande d’ « appui et accompagnement ».

Les éventuels « efforts » des USA pour déstabiliser la région auraient-ils porté leurs fruits, m’étais-je  interrogée ? Bamako demandant alors ouvertement aux Nations Unies de « s’ingérer » en quelque sorte dans la gestion de son propre pays. Le président malien de transition Dioncounda Traoré écrivant au secrétaire général de l‘ONU Ban Ki-moon pour demander « appui et accompagnement » pour permettre à son pays de sortir de la crise.

Dans une lettre adressée à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) datée du 1er septembre et adressée au président en exercice de cette organisation, Dioncounda Traoré  sollicitait parallèlement une aide sur le plan logistique, l’objectif étant de recouvrer le nord du Mali, le pays étant officiellement occupé depuis plus de cinq mois par des groupes islamistes intégristes armés alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

S’agissant de sa requête envers l’ONU, le président malien demande pour le Mali « l’appui et l’accompagnement nécessaires au renforcement de ses capacités, notamment en matière d’assistance humanitaire, de négociation et de réforme des forces de défense et de sécurité ».

Selon les termes mêmes de la lettre, « l’appui et l’accompagnement » demandés visent à permettre au pays de résoudre « la pire crise de son existence », avec « les deux tiers de son territoire occupés par des groupes armés » et « les fondements de sa démocratie (qui) sont également menacés ».

Dans sa lettre adressée à la Cédéao, Dioncounda Traoré avait toutefois indiqué qu’il ne voulait pas de déploiement de troupes étrangères « combattantes », mais souhaitait un soutien logistique ainsi qu’une participation au maintien de l’ordre une fois les villes du Nord reconquises.

Dans une déclaration télévisée, le chef des auteurs du coup d’Etat du 22 mars au Mali, le capitaine Amadou Haya Sanogo, avait déclaré pour sa part que les modalités d’une éventuelle aide militaire régionale seront définies par « les services techniques maliens au niveau (des) forces armées et de sécurité » en concertation « avec les autres acteurs extérieurs concernés ».

Simple hasard ? alors que la région du Sahel est soumise à des troubles de plus en plus violents, l’actualité nous rappelle que la région est riche en pétrole.

En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles, au Mali et au Niger.

Les récentes découvertes de richesses minières, dans le bassin de Taoudéni, large de 1,5 million de kilomètres carrés, partagé entre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, provoquent en effet désormais un vif intérêt pour cette région.

Jean François Arrighi de Casanova, directeur Afrique du Nord de Total a ainsi fait état d’immenses découvertes gazières dans le secteur  le conduisant même à parler « d’un nouvel Eldorado».

A travers sa filiale internationale Sipex, Sonatrach a par ailleurs obtenu l’approbation du ministère des Mines nigérien pour procéder à des forages expérimentaux.

Au Mali, la filiale de Sonatrach présente depuis 2007, a acquis une prolongation de deux ans, émanant du ministère malien des Mines, pour la première phase d’exploration qui prendra fin en 2013.

Au final, le Sahel ne serait-il pas un nouvel Irak pour les Etats-Unis ? Les différents candidats aux élections présidentielles pouvant tirer chacun leurs ficelles dans la région … le lobby pétrolier et le lobby militaire étant fortement engagés dans la bataille. L’un ayant intérêt à freiner l’expansion des grands groupes pétroliers concurrents – un peu trop fortement implantés dans la région à leur goût – l’autre se frottant les mains à l’idée de relancer la croissance US à sa manière en vendant des armes ? Qui sait …

Elisabeth STUDER – le 20 octobre 2012 – www.leblogfinance.com

 

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