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Vente par Total de sa filiale TIGF : l’intersyndicale reçue par le préfet des Pyrénées-Atlantique

Alors que le géant pétrolier français Total semble se préparer à vendre sa filiale de transport et de stockage de gaz, Transport Infrastructure Gaz France, l’intersyndicale du personnel de TIGF a été reçue lundi à Pau par le préfet des Pyrénées-Atlantique.

Les représentants syndicaux lui ont fait part de leur inquiétude dans le cas où Total décidait de vendre sa filiale TIGF. « Nous avons insisté sur le risque social et industriel. Il a été très attentif, a pris des notes et nous a informés qu’il transmettrait au ministre du redressement productif » a indiqué Patrick Mathieu, secrétaire du comité d’entreprise.

Précisons que le personnel de TIGF était en grève à 90 % vendredi dernier. Il est fermement résolu à se dresser contre la vente. Les salariés ont d’ores et déjà obtenu la tenue le 3 septembre prochain d’un conseil d’administration extraordinaire.

Alors que Total - via sa filiale TFIG - est en train de déployer un nouveau réseau de pipelines dans le Sud-Ouest de la France , des rumeurs laissaient récemment entendre que le géant pétrolier pourrait se débarrasser de ladite filiale.
Rumeurs que s’est pressé de démentir Christophe de Margerie, PDG de Total.

Alors que plusieurs sources proches du dossier ont déclaré à Reuters que le groupe pétrolier se préparait à vendre sa filiale de transport et de stockage de gaz, Patrick de La Chevardière a affirmé qu’il n’y avait « pas de processus à ce stade concernant cet actif ».

Lors d’une conférence faisant suite la publication des comptes semestriels du groupe, le directeur financier de Total a précisé : « Tout le monde sait que nous avons un programme de cession d’actifs, il est normal qu’il y ait des rumeurs sur les marché et nous ne commentons pas les rumeurs »…

« TIGF est bien concerné. Il y a une étude en cours au sein du groupe » indiquait au final le week-end dernier, le secrétaire du comité d’entreprise de TIGF, Patrick Mathieu.

La semaine dernière, une dépêche de l’agence Reuters jeudi soir, reprise dans les Echos vendredi laissait d’ores et déjà entendre que Total mènerait actuellement des tractations en vue de céder sa filiale paloise TIGF(Transport Infrastructures Gaz de France) , laquelle emploie 493 personnes dans le grand Sud-Ouest dont la moitié sur ses trois sites de l’agglomération de Pau.

La mise en vente pourrait être officialisée à l’automne, tandis que le prix demandé pourrait atteindre 2,8 milliards d’euros croit savoir l’agence.
Cerise sur le gâteau : cette cession pourrait être pilotée par des banques d’affaires comme Lazard et Goldmann Sachs.  Toujours les mêmes, vous remarquerez …

Selon Reuters, des fonds européens ainsi qu’un consortium d’investisseurs sino-arabe auraient montré leur intérêt pour le projet.

Des entreprises canadiennes spécialisées dans le transport de l’énergie comme Inter-Pipeline et Enbridge pourraient elles aussi manifester leur intérêt. La Caisse de dépôt et consignations est même évoquée comme futur acteur de la transaction. Histoire de pouvoir pousser un brillant cocorico, si nécessaire ?

Une information qui a en tout état de cause provoqué l’ire des représentants syndicaux de TIGF ainsi que des élus locaux.

Peu enclins à accepter les arguments invoqués par Total pour tenter de justifier l’opération : selon le groupe pétrolier, cette cession s’inscrirait dans la stratégie industrielle mise en oeuvre actuellement par les grands producteurs d’hydrocarbures en vue de se concentrer sur leur coeur de métier.
A savoir investir dans l’exploration-production et, dans le même temps, externaliser des secteurs comme le raffinage, le stockage et le transport.
S’estimant trahis, les syndicats ont déposé un préavis de grève pour vendredi 3 août.
La perspective d’une cession de leur entreprise à un fonds d’investissement inquiète fortement les salariés. on peut d’autant mieux les comprendre que le nom de la trop célèbre banque Goldman Sachs est évoquée, établissement financier qui a tout de même tendance ces derniers à « tremper » dans de bien étranges affaires.

« On en a le souffle coupé » avait ainsi réagi de son côté Serge Marcadier, secrétaire du syndicat CGT de TIGF. « Si on doit sortir de Total pour être rattaché à des fonds communs privés, ce sera la catastrophe. On se battra pour rester dans le groupe », précise ce dernier.

Didier Hau, du syndicat CFTC se dit quant à lui scandalisé par la méthode de sa direction, scandalisé par le sort des salariés du groupe récemment absorbés par TIGF auxquels on avait promis un avenir au sein de groupe : « On leur a craché au visage » résume-t-il à sa façon.

Sources : Reuters, AFP, Sud Ouest

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1 commentaire

  1. Elisabeth Studer 19 septembre 2012 à 01:09

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