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Pétrole : le Soudan contre la réouverture de l’oléoduc permettant au Soudan Sud d’exporter

Soudan_001abyei.jpgLe conflit entre les deux Soudan(s)  sous fond de très forte odeur de pétrole est loin d’avoir trouvé une issue.

Le président soudanais, Omar el-Béchir, a en effet déclaré vendredi que son pays était contre les droits de transit du pétrole et qu’il ne rouvrirait pas l’oléoduc permettant à Juba d’exporter sa production de brut.

Ce qui signifie en clair : nous ne céderons pas au chantage financier exercé par le Soudan Sud …. même si le Soudan est grandement affaibli économiquement – la manne que pourrait offrir l’acquittement de droits de transit ne nous fera pas céder.

L’essentiel étant d’aller à la source …. et de récupérer les champs pétroliers permettant d’engranger les royalties pétrolières.

Le Soudan ne veut pas des miettes des droits de transit … mais bien le pain des barils de brut.

Le pétrole sud-soudanais ne transitera pas par notre sol“, a ainsi déclaré M. Béchir, s’exprimant dans le cadre de la célébration de la reconquête du site pétrolier de Heglig après 10 jours d’occupation sud-soudanaise.

Précisons en effet que le Soudan a célébré vendredi la reprise “par la force” de la zone stratégique de Heglig, qui assure la moitié de la production de pétrole du Nord . A noter à cet égard que le Soudan du Sud évoque pour sa part un repli volontaire faisant suite à la pression internationale.

L’annonce de la reconquête de cette ville pétrolière située à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, citée prise le 10 avril par l’armée sud-soudanaise, a fait convergé des milliers de personnes ont vers le QG de l’armée.

Rappelons que le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, avait jugé “illégale” la prise de Heglig, exhortant le Soudan de “cesser immédiatement de bombarder” le Soudan du Sud et de se retirer d’autres territoires disputés telle que la région d’Abyei, située à proximité de Heglig.

Entre 1983 et 2005, le Nord, musulman et arabe, et le Sud, essentiellement noir et chrétien, se sont livrés à une guerre civile, le conflit ayant provoqué la mort de deux millions de personnes et abouti à la partition en juillet 2011.

Le Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis juillet 2011, détient 75 % des réserves de pétrole de l’ancien Etat … tous ses oléoducs et issues maritimes – infrastructures indispensables à l’exportation du brut – étant toutefois contrôlées par Khartoum.

C’est dans un tel contexte que, fin novembre, le Soudan  avait annoncé son intention de prélever chaque mois un droit de passage en nature sur les exportations pétrolières sud-soudanaises, correspondant à 23% du pétrole transitant par ses infrastructures.

Quelque peu asphyxié économiquement, le Soudan avait tenté d’imposer des droits de transit exorbitants de 34 dollars le baril au lieu des 10 à 20 dollars pratiqués auparavant.

Précisons en effet que le Soudan d’Oumar El Béchir a tout de même perdu 36% de ses revenus à la suite de la partition. Il est clair que les ressources du pays se sont dramatiquement asséchées. Khartoum a dû d’ailleurs se résoudre récemment à demande à la Banque centrale arabe, une rallonge de 4 milliards de dollars en vue de donner un peu d’air à son économie.

Car au final, Khartoum et Djouba n’ont pas réussi à s’entendre sur le prix du transit. Bien au contraire, le Sud a suspendu les exportations d’hydrocarbures, mesures amputant les deux pays de milliards de dollars  de revenus potentiels.

Sources : AFP, La Croix, afriscoop.net, Ria Novosti

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