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Algérie : vers une fermeture de la frontière avec le Mali ?

mali-algerie_oil-Taoudeni_Basin_Map.gifDe l’importance de la situation au Mali pour tout le Maghreb, voire même toute l’Afrique du Nord.

Alors que la région toute entière pourrait être lourdement impactée par les suites de la chute du régime  de Kadhafi en Libye et la recrudescence d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique)  dans la zone, le ministre algérien de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, a laissé entendre que l’Algérie pourrait décider de la fermeture de la frontière algéro-malienne. 

Arguments invoqués : une situation « difficile » ainsi qu’une  « liaison entre les terroristes  et les narco-trafiquants » dans la région.

« Nos frontières sont strictement contrôlées mais l’éventualité de leur fermeture n’est pas écartée », a ainsi indiqué le ministre dans l’édition de lundi du « Quotidien d’Oran ».

« Il se trouve que les groupes ethniques ont des problèmes politiques  qui viennent se greffer sur le reste« , a-t-il par ailleurs déclaré, dans une allusion à peine voilée à la rébellion touarègue au Nord-Mali.

sahel-aqmi-dessous-des-cartes.jpgAlors que  les putschistes maliens ont accepté de rendre le pouvoir aux civils, M. Ould Kablia a noté que « la donne a été totalement bouleversée » par l’absence du Mali au sein du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC). Rappelons  que ce dernier a été créé en 2010 par l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger pour coordonner la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel.

 Dahou Ould Kablia a par ailleurs accusé les islamistes armés d’être responsables de l’enlèvement survenu jeudi dernier de diplomates algériens à Gao (Mali). « L’Algérie va probablement prendre les mesures qu’il faut pour faire face à la situation née de l’enlèvement de ses diplomates », a-t-il déclaré.

A noter également, que selon le ministre, plus de 30.000 Maliens, fuyant les combats dans le nord de leur pays, se sont réfugiés en Algérie.

Début mars, un attentat à la voiture piégée – imputé aux islamistes – a frappé le siège de la direction de la gendarmerie à Tamanrasset, non loin du Mali, faisant plus d’une vingtaine de blessés.

Rappelons qu’en octobre 2011, Paris et le chef de la diplomatie française Alain Juppé  s’inquiétaient fortement de la détention par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) d’un nombre quelque peu impressionnant de missiles sol-air … capables notamment de cibler des vols civils.

Une information à prendre très au sérieux alors  la région du Sahel pourrait être un nouvel eldorado pétrolier, avions nous alors indiqué.

Entendu par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et répondant à un élu évoquant la présence de 10 000 missiles sol-air aux mains d’AQMI, Alain Juppé avait par ailleurs confirmé l’inquiétude que suscite la fuite d’armes libyennes vers le Sahel.

La presse algérienne via « Le Courrier d’Algérie » se voulait alors quant à elle encore plus directe, affirmant qu’Aqmi est désormais «  plus forte maintenant qu’avant le début de la sédition » et que « la France et les rebelles de Benghazi en sont responsables dans une très large mesure ».

De ce fait, poursuit le journal, « les premières cibles concernées par les missiles SA-7 d’Aqmi sont justement les avions civiles français et occidental » pour au final asséner le coup final : « en deux mots directs, la France est dans la ligne de mire du terrorisme dans toute la vaste bande saharo-sahélienne. »

En réaction, Nicolas Sarkozy avait envoyé des messages aux pays du Sahel, ciblant tout particulièrement l’Algérie, « locomotive des pays maghrébo- sahéliens dans la lutte contre Aqmii ».

Toujours selon « Le Courrier d’Algérie » ,  l’amiral Giampaolo Di Paola, président du Comité militaire qui regroupe les chefs d’état major des pays de l’Otan,  aurait tenu une réunion secrète avec les députés allemands le 26 septembre 2011 devant lesquels il avait exprimé les inquiétudes de l’Otan, faisant état de l’existence de « plus de 10.000 missiles sol-air qui représentent une sérieuse menace pour l’aviation civile et pourraient sortir de Libye  pour se retrouver dans de mauvaises mains ».

Rappelons  que de nombreux stocks d’armes et de munitions de l’armée du colonel Kadhafi ont fait l’objet de pillage dans le pays depuis février dernier, date du début de la révolution libyenne, l’ancien Guide ayant également distribué une partie de ses armements à ses partisans en fuite.

En mars dernier, au Mali et au Niger, des élus et des responsables politiques craignaient d’ores et déjà que la chute de Kadhafi provoque un reflux massif de réfugiés touaregs dans une région du Sahel déjà très fragile, une situation qui pourrait conduireà une déstabilisation de la région …  

 Et ce, alors même - mais est-ce un simple hasard ? – que le Sahel pourrait prochainement devenir un nouvel eldorado pétrolier. 
 En effet, à la mi-février, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. 
 L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles … au Mali et au Niger.
 Les récentes découvertes de richesses minières, dans le bassin de Taoudéni, large de 1,5 million de kilomètres carrés, partagé entre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, provoquent désormais un vif intérêt pour cette région. 
 Jean François Arrighi de Casanova, directeur Afrique du Nord de Total a ainsi fait état d’immenses découvertes  gazières dans le secteur en Mauritanie  et le conduisant même à parler « d’un nouvel Eldorado».
  A travers sa filiale internationale Sipex, Sonatrach a par ailleurs obtenu récemment l’approbation du ministère des Mines nigérien pour procéder à des forages expérimentaux. 

Au Mali, la filiale de Sonatrach présente depuis 2007, a acquis une prolongation de deux ans, émanant du ministère malien des Mines, pour la première phase d’exploration qui prendra fin en 2013.

Sources : AFP, RFI, Le Courrier d’Algérie, Associated Press, Quotidien d’Oran

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