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Azerbaïdjan : le gazoduc TAP l’emporte sur ITGI

trans-adriatic-pipline_tap_v2.jpgSi le monde entier a les yeux tournés vers la Grèce et la crise de la dette en UE, il n’en demeure pas moins que les « choses » avancent sur l’échiquier mondial énergétique.

C’est ainsi que le consortium mené par le britannique BP qui exploite l’immense gisement gazier de Shah Deniz en Azerbaïdjan vient de sélectionner le projet de gazoduc TAP au détriment d’ITGI  (Interconnexion Turquie - Grèce – Italie) . Créant une déconvenue de taille pour l’Italie et la Grèce … qui n’avaient pas besoin de cela …

L’enjeu lié au dossier est de taille puisque TAP et ITGI étaient en compétition pour transporter le gaz de Shah Deniz vers l’Italie.

Mais l’Azerbaïdjan estime désormais que l’un des partenaires du projet, l’entreprise gazière grecque DEPA, ne sera pas capable de mener à bien la proposition. Il craint en effet que la crise de la dette qui sévit actuellement en Grèce empêche Athènes de mener à bien le projet. Argument de poids : le plan de privatisation du gouvernement grec qui sera lancé cette année inclut DEPA.

TAP (Trans Adriatic Pipeline) qui doit relier Thessalonique (Grèce) à Brindisi (sud de l’Italie) en traversant l’Albanie est détenu quant à lui par le suisse EGL (42,5%), l’allemand EON Ruhrgas (15%) et le norvégien Statoil (42,5%). Ce dernier faisant également partie des groupes exploitant le gisement Shah Deniz.

Le pipeline pourrait être opérationnel à partir de 2017 et pourrait transporter 10 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz de la Caspienne par an et accroître sa capacité à un maximum de 20 mmc.

La suite est à regarder de près : le consortium devant désormais de décider lequel des deux gazoducs – Nabucco  et SEEP (South East Europe Pipeline) – pourraient transporter le gaz vers l’Europe Centrale.

« Nous sommes heureux de confirmer que le TAP a été sélectionné par Shah Deniz  pour l’itinéraire du gazoduc vers l’Italie », a déclaré dans un communiqué Kjetil Tungland, le directeur exécutif du TAP.

« Nous avons hâte de continuer à progresser sur le projet du TAP aux côtés du consortium de Shah Deniz et des gouvernements italien, albanais et grec. Nous sommes convaincus que le TAP reste en bonne place pour remporter le projet de transport du gaz de Shah Deniz II vers l’Europe. Nous pensons également que l’itinéraire du TAP vers l’Italie offre au consortium de Shah Deniz le marché le plus attractif et la voie d’évacuation la plus appropriée », a ajouté M. Tungland.

En tout état de cause, le choix de TAP constitue un sérieux revers pour ITGI, pipeline qui doit relier la Caspienne à l’Italie via la Turquie et la Grèce. Ses promoteurs sont le groupe italien Edison, le grec Depa et le turc Botas.

Qu’à cela ne tienne, Rome et Athènes ont réaffirmé leur soutien à ITGI, estimant que le projet est le plus avancé et le plus à même d’atteindre l’objectif d’une réalisation rapide de l’infrastructure nécessaire pour fournir au marché européen du gaz en provenance de la Caspienne mais également du Moyen-Orient et des régions de l’est de la Méditerranée.

Edison a confirmé de son côté son engagement à poursuivre le développement du gazoduc ITGI.

Rappelons que BP exploite le gisement gazier de Shah Deniz II, lequel contiendrait 1200 milliards de mètres cubes de gaz, et détient 25,5 % des parts, tout comme Statoil.

Le reste est divisé entre l’entreprise publique azérie SOCAR, l’entreprise russe LUKOIL, l’iranienne NIOC, la française Total et l’entreprise turque TPAO.

Sources : Reuters, Euoactiv

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