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Russie/Ukraine : pas de négociation sur une fusion Gazprom / Naftogaz mais un projet ?

gazprom_naftogaz.jpgQui croire et que croire ?

Si fin avril, le Premier ministre russe Vladimir Poutine avait proposé à l’issue d’une rencontre avec son homologue ukrainien Mykola Azarov de “fusionner” les groupes gaziers publics russe Gazprom et ukrainien Naftogaz, le président russe, Dmitri Medvedev a indiqué dimanche qu’il n’y avait eu jusqu’ici “aucune négociation” sur une fusion entre le géant russe Gazprom et la société nationale ukrainienne Naftogaz.

Ce qui signifie absolument pas que le Kremlin ait renoncé au projet

Interrogé sur l’idée d’une fusion par des journalistes ukrainiens à la veille de sa visite à Kiev, M. Medvedev a indiqué qu’il n’avait pas encore abordé cette question avec son homologue ukrainien, Viktor Ianoukovitch, qu’il rencontrera lundi. On ne demande qu’à le croire ..

Je ne vais pas analyser maintenant comment on peut fusionner Gazprom et Naftogaz. Ce serait improductif parce qu’il n’y a jamais eu de négociations à proprement parler sur ce sujet“, a ainsi déclaré M Medvedev.

revenant quelque peu sur les récents propos de Vladimir Poutine, l’actuel Président russe a par ailleurs indiqué qu’il n’était pas question – à l’heure actuelle - de fusionner les deux groupes gaziers.

Arguments invoqués : la complexité du processus.

Mais si l’on parlait de créer des projets communs, des entreprises mixtes où certaines parties de nos actifs gaziers et de transport de gaz pourraient être unies, il me semble que ce serait tout à fait possible“, a fait valoir touefois Medvedev, sans donner plus de détails.

Fin avril, après avoir discuté d’unir à terme les importantes industries nucléaires civiles des deux pays, Poutine avait lancé un véritable pavé dans la mare en affirmant comme possible une opération de fusion dans le domaine du gaz entre entreprises russes et ukrainiennes. Certes, ces annonces faisaient suite à la conclusion d’un accord controversé pour le maintien d’une base militaire russe en Crimée.

Vendredi, interrogé sur le sujet , M. Ianoukovitch a estimé qu’une fusion entre les deux groupes gaziers serait “impossible”. Selon lui, le géant Gazprom “n’acceptera jamais une fusion à 50-50″ et un mariage “sous toute autre condition est impossible”.

Auparavant, le président ukrainien avait déclaré devant des journalistes que la proposition du premier ministre russe était une variante de la coopération gazière russo-ukrainienne. ” Nous n’en avons jamais parlé, cette idée a été avancée à l’improviste” a-t-il par ailleurs précisé. En tout état de cause, l’Ukraine a d’ores et déjà annoncé qu’elle “donnera une réponse après avoir tout calculé” du point de vue de ses intérêts nationaux.

Si nous décidons de lancer des négociations à ce sujet, il faudra y inviter l’UE en tant que consommateur principal de gaz et notre partenaire“, a par ailleurs indiqué M.Ianoukovitch.

Poutine aurait quant à lui précisé de son côté qu’il ne s’agissait pas d’absorbation de la société gazière ukrainienne par Gazprom, mais de création d’un nouveau groupe. Tout est dans la subtilité des termes employés …

Plus directe, la presse russe précise quant à elle que le chef de l’administration du président russe Vladimir Narychkine, a annoncé vendredi aux journalistes que les présidents russe et ukrainien, Dmitri Medvedev et Viktor Ianoukovitch, discuteront de la fusion du groupe gazier ukrainien Naftogaz avec le géant russe Gazprom lors de leurs prochaines négociations prévues le 17 mai à Kiev. “Ce thème retiendra certainement l’attention des présidents”, a par ailleurs indiqué Vladimir Narychkine.

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4 commentaires

  1. Elisabeth Studer 17 mai 2010 à 23:29

    En cas de fusion avec Naftogaz, Gazprom modernisera les gazoducs ukrainiens
    KIEV – Le géant russe Gazprom pourra moderniser le réseau de gazoducs ukrainiens, voie stratégique pour le transit du gaz russe vers l’Europe, en cas de fusion avec la société ukrainienne Naftogaz, a déclaré lundi à Kiev le patron du groupe russe Alexeï Miller.
    “En cas d’union entre Gazprom et Naftogaz, le système des gazoducs ukrainien pourrait être complètement modernisé en s’appuyant sur les moyens financiers de Gazprom”, a déclaré M. Miller, membre de la délégation officielle russe menée par le président Dmitri Medvedev, en visite à Kiev.
    L’Ukraine a cependant rejeté la proposition russe de fusionner les deux sociétés gazières. En revanche, Kiev s’est dit prêt à former un consortium avec Moscou et l’Union européenne pour moderniser ce réseau datant de l’époque soviétique par lequel transite 80% des livraisons du gaz russe vers l’Europe.
    Kiev craint de perdre sa position de transitaire avec la construction par la Russie de ses gazoducs Nord Stream et South Stream contournant l’Ukraine.
    L’idée de fusionner les deux groupes avait été avancée en avril par le Premier ministre russe Vladimir Poutine, mais le président Ianoukovitch a jugé ce projet “impossible”.
    M. Medvedev a pour sa part estimé que les deux groupes pourraient discuter d’un rapprochement basé sur la fusion de “certaines parties” de leurs actifs ou sur la création d’”entreprises mixtes”.
    (AFP / 17 mai 2010 18h59)

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