Rio Tinto : nomination d'un directeur d'exploitation pour la Chine

riotinto-china.jpgSi Rio Tinto a eu récemment de sérieux déboires judiciaires en Chine, le groupe minier semble désormais prendre le taureau par les cornes. Comment ?

En annonçant vendredi la désignation d'un directeur d'exploitation dédié à l'Empire du milieu. Il est vrai que le pays revêt une importance majeure pour le groupe.

Le nouveau responsable, Ian Bauert, a été désigné - avec effet immédiat - pour diriger les opérations chinoises. Lesquelles sont composées de 160 employés répartis entre Pékin, Shanghai et Guangzhou.

Rio Tinto a tenu à préciser dans le communiqué que M. Bauert parlait couramment le mandarin, et avait établi il y a 25 ans le premier bureau de Rio Tinto en Chine.

Cette désignation "souligne l'importance que Rio Tinto attache au renforcement de ses relations avec la Chine", a par ailleurs fortement insisté le groupe.

Car il n'y a pas de fumée sans feu et cette désignation a pour but de tenter de mettre de l'huile dans les rouages des relations entre le groupe et Pékin.

La nomination de M. Bauert intervient en effet après plusieurs mois de relations tendues entre Rio Tinto et la Chine.

Pourtant tout semblait bien parti entre les deux "protagonistes" : en 2008, Rio Tinto s'était rapproché du groupe chinois Chinalco, en vue d'éviter une OPA hostile de son compatriote et concurrent BHP Billiton. Chinalco était alors monté à 9% du capital de Rio Tinto.

En février 2009, le groupe minier avait de nouveau fait appel à Chinalco, lui demandant 19,5 milliards de dollars en échange d'une montée au capital à 18% et d'actifs miniers. Les Chinois avaient su alors mettre la main à la poche pour répondre aux besoins de Rio Tinto induits par son rachat d'Alcan. Il s'agissait alors du plus gros investissement jamais réalisé par une entreprise chinoise dans un groupe étranger. 

Mais en juin 2009, sous la pression des actionnaires, Rio Tinto avait abandonné cet accord, décidant de s'orienter vers une augmentation de capital auprès des actionnaires et une alliance dans le minerai de fer avec le rival BHP Billiton.

Un revirement très peu apprécié par Pékin. Hasard de calendrier ? En juillet 2009, quatre cadres de Rio Tinto en Chine avaient été arrêtés pour espionnage et vols de secrets d'Etat. Depuis, les charges ont été réduites en "vols de secrets commerciaux". Le dossier est actuellement dans les mains du parquet de Shanghai.

Sources : AFP

 

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