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Grèce : mea culpa de Juncker

Erro.jpgQuand reconnaître une erreur permet de justifier un resserrement de vis …

Certes, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker a admis samedi que l’Eurogroupe avait commis une “erreur de négligence” en ne suivant pas d’assez près la situation financière de la Grèce.

Une attitude qu’il relativise tout de même, en la qualifiant de “moyennement grave“.

Une déclaration qui sonne également comme une mise en garde pour les gouvernements du Portugal et de l’Espagne.

S’exprimant dans le quotidien allemand  Süddeutsche Zeitung, Jean-Claude Juncker a par ailleurs affirmé que l’Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de la zone euro, allait dorénavant se pencher “beaucoup plus intensivement et sévèrement sur la compétitivité des pays“. Un avertissement net et et précis … destiné tant aux Etats mis en cause qu’aux investisseurs, le but étant d’amoindrir les risques d’une nouvelle déroute d’un des pays membres de l’UE, tout en tentant de rassurer les investisseurs, enfin, ceux qui ne spéculent pas …

En une allusion à peine voilée à la situation en Haïti, le patron de l’Eurogroupe estime par ailleurs qu’une exclusion de la Grèce de la zone euro aurait des effets semblables à ceux d’un tremblement de terre“, qualifiant ces derniers d”incontrôlables“.

Selon lui, une décision de ce type entraînerait une réaction “extensivement négative” des marchés financiers. Tout en étant totalement néfaste “pour l’image de la zone euro“.

Pour éviter une possible contagion des difficultés de la Grèce à d’autres pays de l’UE, Juncker souhaite s’attaquer aux écarts de compétitivité entre ses membres. “Une zone monétaire ne peut subsister à terme si les différences dans les bilans des économies nationales deviennent trop grandes“, a-t-il ainsi prévenu. Tout en réitérant sa demande d’une coordination plus étroite de la politique économique dans la zone euro.

Des propos qui font suite à la réaction quelque peu mitigée de Georges Papandréou, le Premier ministre grec, face aux “aides” envisagées par l’Union européenne.

Devant un phénomène sans précédent dans la zone euro, nous sommes devenus des cobayes dans une bataille entre les marchés internationaux et l’Europe” a-t-il ainsi déclaré vendredi.

On a vu de nombreux médecins avec des prescriptions différentes. Mon sentiment est que l’Europe n’a pas encore compris sa force pour élaborer des règles et des politiques afin de faire face aux marchés internationaux” a-t-il ajouté.

Sources : AFP, Reuters

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6 commentaires

  1. Pierre 13 février 2010 à 15:34

    Qu’est-ce qui empêche la Grèce de se mettre en cessation de paiement?
    Après tout, ses créanciers ont estimé les risques, les ont facturés et se sont assurés contre eux, alors pourquoi demander aux citoyens grecs de payer une dette qui leur est étrangère?
    Vu la masse de liquidité sans emploi qui submerge la planète, et les situations similaires annoncées le chantage à la notation est grotesque.

  2. BA 13 février 2010 à 20:56

    Une information hallucinante :
    Obama promulgue la loi relevant le plafonnement de la dette des USA.
    Le président Barack Obama a promulgué vendredi 12 février la loi relevant le plafond de la dette des Etats-Unis, afin de permettre au gouvernement fédéral d’emprunter jusqu’à 14.300 milliards de dollars (environ 10.503 milliards d’euros), contre 12.400 milliards jusque-là.
    (Dépêche Associated Press)
    D

  3. el gringo 14 février 2010 à 18:49

    Goldman Sachs a aidé la Grèce à dissimuler l’ampleur de sa dette
    Des banques de Wall Street comme Goldman Sachs ont utilisé des instruments financiers complexes comme ceux qui ont été à l’origine de la crise financière américaine, pour aider la Grèce à dissimuler l’ampleur de sa dette, écrit dimanche le New York Times.
    (afp) – Un montage élaboré par Goldman Sachs a notamment permis en 2001, juste après l’adhésion d’Athènes à l’Union monétaire européenne, d’aider le gouvernement grec à emprunter des milliards, selon le journal qui cite “des personnes au courant de la transaction”.
    Ce schéma est resté caché du public car il prenait la forme d’une transaction sur devises, plutôt qu’un prêt. Il a aidé Athènes à respecter les règles édictées par Bruxelles en matière de déficit tout en continuant de vivre au-dessus de ses moyens, selon le Times.
    Goldman Sachs a reçu quelque 300 millions de dollars de commission pour ce montage, selon le NYT citant “plusieurs banquiers au courant de la transaction”.
    En échange d’argent frais, le gouvernement grec a renoncé à des revenus futurs, comme des taxes d’aéroports ou des recettes du loto, pendant les années à venir.
    Selon leurs détracteurs, ces accords n’étant pas été enregistrés comme des dettes trompent les régulateurs et les investisseurs sur la réalité de l’endettement du pays, selon le journal.
    Le journal précise encore que début novembre 2009, trois mois avant qu’Athènes devienne l’épicentre de la crise de l’euro actuelle, une équipe de Goldman Sachs, dirigée par son président Gary Cohn, est arrivée à Athènes avec un instrument financier qui aurait permis à la Grèce de repousser à un avenir lointain le poids de la dette sociale. Ce mécanisme n’a toutefois pas été retenu.
    L’ampleur abyssale des finances grecques a placé l’euro sous attaque des marchés financiers, mettant à l’épreuve la solidarité des pays de la zone.
    Une banqueroute du pays affecterait les banques qui lui ont prêté de l’argent et aurait des effets dans le monde entier, note le Times.
    Comme les grandes institutions financières sauvées de la faillite par les pouvoirs publics pendant la crise, la Grèce est “trop grosse pour tomber”, écrit le New York Times.
    http://www.lecho.be/actualite/economie-finances/Goldman_Sachs_a_aide_la_Grece_a_dissimuler_l-ampleur_de_sa_dette.8297135-602.art

  4. el gringo 14 février 2010 à 18:52

    55 milliards d’euros d’exposition pour les banques hexagonales
    Selon la BRI, les banques françaises ont 55 milliards d’euros d’engagements de toutes sortes en Grèce. Une exposition qui n’inquiète pas outre mesure les spécialistes.
    L’exposition des banques françaises aux pays de la zone euro est « tout à fait raisonnable », a rassuré hier Baudouin Prot, le président de la Fédération bancaire française. Et leur exposition à la Grèce n’est pas un « sujet particulier ».
    Pourtant, selon les chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), l’exposition du secteur bancaire français à la Grèce est loin d’être négligeable. Elle s’élevait au total à plus de 75 milliards de dollars, soit 55 milliards d’euros, à fin septembre 2009. Ce chiffre comprend l’exposition à la dette souveraine émise par l’Etat grec, mais aussi tous les financements accordés par les banques françaises aux entreprises, aux banques et aux particuliers grecs. Il s’agit donc d’une exposition globale, qui comprend, en outre, les investissements de leurs activités d’assurance en dette souveraine ou « corporate ». Difficile d’extraire la part de la dette souveraine de ces chiffres.
    Reste que la France est le pays le plus exposé aux difficultés de ce pays, selon la BRI, juste devant la Suisse, qui affiche 63,9 milliards de dollars d’engagements, et l’Allemagne, avec 43,2 milliards. L’exposition des banques françaises à l’économie grecque n’est pas totalement surprenante, compte tenu de la présence, localement, de ces dernières, notamment du Crédit Agricole et de la Société Générale. Le Crédit Agricole y détient l’un des plus gros établissements nationaux, Emporiki, qui possède 10 % des agences du pays et 1,4 million de clients. Ses encours de crédit s’élevaient à 24 milliards d’euros à fin septembre, dont la moitié provenaient d’entreprises, pour un total d’actifs d’une trentaine de milliards d’euros. De son côté, Geniki, filiale de la Société Générale, a un portefeuille de crédits plus modeste, de 3,9 milliards d’euros, pour un total d’actifs de 5 milliards d’euros. « Les déboires de la Grèce ne sont pas une surprise pour ces deux banques, estime un analyste. Geniki n’a jamais gagné d’argent et Emporiki en perd depuis plusieurs années. On savait déjà que ça allait mal. ». De fait, la Banque verte a dû recapitaliser deux fois Emporiki et en déprécier la valeur l’an dernier.
    http://www.lesechos.fr/journal20100212/lec1_la_crise_grecque/020361697666.htm

  5. Elisabeth 14 février 2010 à 20:24

    oui El Gringo, je reparle de G Sachs …. cette depeche m’a fait bondir !

  6. anonyme 14 février 2010 à 20:35

    la Grèce, encore un “too big to fail” que l’on va sauver avec réinjections….