Situation désespérante et/ou désespérée ? Alors que l'Etat américain a d'ores et déjà mis plusieurs fois la main au portefeuille pour tenter de sauver Fannie Mae, cela ne semble pas encore suffisant. Le premier organisme de refinancement immobilier aux Etats-Unis, a annoncé vendredi avoir subi une perte de 16,3 milliards de dollars (12 milliards d'euros) au T4 ... l'"obligeant" ainsi à faire appel à nouveau au Trésor.
Et si les Etats-Unis - ou plutôt les banques et établissements financiers américains - se sentant "perdus", tentaient d'entrainer l'Union européenne - et "mieux" encore l'euro - dans la tourmente afin de moins se sentir seul ... voire en tentant de se redresser en faisant chuter les "concurrents" ? Qui sait ...
Fannie Mae, désormais sous le contrôle de l'Etat américain, a ainsi indiqué que sa perte s'élevait à 15,2 milliards de dollars, ceci avant le versement de 1,2 milliard de dollars de dividendes pour les actions préférentielles détenues par l'Etat.
Sur l'ensemble de 2009, le total de ses pertes s'élève à 74,4 milliards de dollars contre 59,8 milliards en 2008.
La Federal Housing Finance Agency, le régulateur de Fannie Mae, a demandé 15,3 milliards de dollars supplémentaires au Trésor, ce qui portera au total le soutien de la puissance publique à 76,2 milliards de dollars.
Début novembre, Fannie Mae avait annoncé avoir subi de nouveau une très lourde perte nette au T3-2009. Une situation qui l'amènait alors à crier une nouvelle fois au secours .... et à réclamer à nouveau au Trésor US une aide publique.
Rappelons que l'organisme est fortement incité par le gouvernement US à reprendre des titres adossés à des prêts immobiliers dont la valeur s'est effondrée. Une méthode aussi artificielle que dangereuse de soutenir le marché immobilier. Bilan des courses : le directeur de l'Agence fédérale de finance immobilière (l'administration de tutelle de Fannie Mae) a soumis à la fin de l'année une requête en vue d'obtenir 15,0 milliards de dollars auprès du Trésor au nom de la société.
Rappelons pour enfoncer le clou, qu'à la fin octobre, John Krainer, économiste de la Banque de réserve fédérale de San Francisco, avait affirmé dans le cadre d'une étude que la part des emprunteurs aux garanties limitées - détenant un score de crédit de moins de 660 - était désormais revenue juste au-dessus de 20%.
Soit la valeur observée lors du pic de la titrisation subprime en 2006. De quoi faire frémir .... même si en volume, le montant des subprime a chuté par rapport à cette date.
Rappelons que la mise sous tutelle de Fannie Mae et de Freddie Mac, son alter ego, avait été suivie de peu le 15 septembre 2008 par la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, à l'origine de la crise financière actuelle.
Après la mise sous tutelle de "Fannie et Freddie , le Trésor avait ouvert une ligne de crédit de 200 milliards de dollars pour chacun des deux établissements , permettant "généreusement" aux sociétés de puiser dedans pour maintenir leur valeur d'actifs supérieure à leur passif.
Sources : Reuters, AFP

4 Commentaires
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On prend les mêmes et on recommence !
28 février 2010 à 11:08Et revoila les joueurs de monopoly! Vous repassez par la case départ, la fed est généreuse, vous recevez 20 M de S ! Et pendant ce temps là, le compteur de la dette s'emballe !!! Quand vont-ilsarrêter de se f..... de notre g..... ?
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Aux USA certaines villes vont inciter, piloter la concentration de la population sur des zones plus limitées afin de minimiser le coût du maintien des infrastructures. Cela implique de détruire des quartiers, et relocaliser les populations sur d'autres quartiers plus proches du centre ville.
En France certaines communes annoncent qu'ils leurs faudra 3 ans pour remettre en état les rues suite au gel (sachant que gel endommage tous les ans les infrastructures routières ..
Alors que conclure, la situation de la France n'est pas très éloignée de celle des USA.
Un état bientôt en faillite, des régions en faillite, des communes en faillite, et des populations surendettées ne pouvant plus honorer leurs engagements, et dont on ne peut plus augmenter les prélèvements au profit de l'état.
Une société qui se délite un peu plus de jour en jour et devrait à terme devenir ultra violente.
Cette déliquescence touche tous les secteurs économiques. le monde agricole est au bord de l'implosion : la mondialisation poursuit son œuvre destructrice, en effet le paysan polonais a des coût de production moins élevé....
L'immobilier sera bien d'ici peu la dernière préoccupation des populations.
Plus de débouchés, plus de production, plus de travail, plus de salaire, plus de consommation ...
Le volume des échanges internationaux sont aux plus bas, l'a prochaine étape est le repli sur soit, et la démonétarisation des échanges
Actuellement, les populations vivent des richesses passées et de l'endettement, mais cela ne dure qu'un temps.
Là nous allons devoir payer la note : en avril ne te découvre pas ....
28 février 2010 à 16:483
Je ne comprends pas vraiment pourquoi Obama conseillé par Larry Summers et Bernanke n'effacent pas toutes les dettes liées aux subprimes et autres crédits pourris comme ceux sur le commercial, sur les pays pauvres, sur les produits dérivés qui ne seront jamais remboursés au demeurant. La machine à imprimer doit tourner à fond la caisse H 24 puisque le dollar est encore "roi" du monde. Alors qu'attendent-ils donc pour lancer à fond cette machine à broyer au lieu de le faire à moindre échelle sans que personne ne trouve à redire ?
28 février 2010 à 23:204
Fanny Mae a été maintes fois sauvé par l'Etat américain dans le passé il me semble.
02 mars 2010 à 01:15Ajoutez un commentaire
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