Hugo Chavez, le "charimastique" président du Venezuela vient de décider de dévaluer le bolivar, la devise nationale. Une première depuis 2005.
Un double taux de change favorisant les secteurs jugés prioritaires par le gouvernement vénézuelien a également été mis en oeuvre.
Histoire de faire "rentrer au pays" des dollars devenus plus rares, compte-tenu de la baisse du cours du pétrole observée ces derniers mois, et ce, alors que le Venezuela constitue l'un des plus importants pays exportateurs d'hydrocarbures.
Si malgré la crise économique mondiale, le gouvernement du Venezuela avait écarté à plusieurs reprises une dévaluation de la monnaie nationale, il semble désormais se trouver au pied du mur ... à quelques mois des élections législatives de septembre.
Le but ? "freiner la hausse brutale du prix des biens importés", si l'on en croit le ministre des Finances, Ali Rodriguez. Hugo Chavez affirmant quant à lui que ces mesures sont destinées à "renforcer l'économie, à freiner les importations qui ne sont pas absolument nécessaires et à stimuler les exportations".
C'est dans un tel contexte que la décision a été prise : le bolivar, qui était jusqu'à présent fixé au taux de 2,15 bolivars pour un dollar, s'échangera désormais à 2,60 bolivars pour un dollar pour les secteurs prioritaires, et à 4,30 bolivars pour un dollar pour les autres transactions.
Selon les précisions fournies par Hugo Chavez, les biens de première nécessité comme la santé, l'alimentation, les équipements et les importations du secteur public seraient désormais soumis à un taux de change de 2,60 bolivars pour un dollar.
Les importations concernant les secteurs automobile, télécommunications, le tabac, les boissons, les produits chimiques et électroniques seront soumises quant à elles à un taux de change de 4,30 bolivars pour un dollar.
Taux auquel s'échangeront également les dollars issus de la vente de pétrole, dont le Venezuela est le premier exportateur d'Amérique latine.
Car le problème est bien là : la baisse des cours du pétrole observée début 2009 a certes réduit le montant de la manne pétrolière mais a surtout restreint les rentrées de devises et plus particulièrement les rentrées en dollar.
Une situation qui a contraint le gouvernement à diminuer les allocations de dollars au cours officiel, conduisant particuliers et entreprises à acheter des devises deux à trois fois plus cher sur un marché parallèle.
Les experts estiment ainsi qu'alors que le Venezuela importe la majorité des produits, deux tiers des produits entrés su son territoire ces derniers mois ont été payés avec des dollars achetés sur le marché parallèle.
L'été dernier, les usines automobiles du Venezuela ont été contraintes à réduire leur activité, incapables de payer les fournisseurs étrangers, une autorisation spéciale étant nécessaire pour obtenir les dollars nécessaires au paiement des factures avec des partenaires non vénézuliens. Ainsi, General Motors a du se résoudre à l'arrêt de ses chaînes de montage . Des conflits sociaux ont également éclaté chez Mitsubishi et Toyota.
A noter par ailleurs que cette annonce du gouvernement intervient alors que la Banque centrale du Venezuela (BCV) vient d'indiquer jeudi que le pays avait enregistré une inflation de 25,1% en 2009, demeurant ainsi l'un des pays latino-américains ayant subi une hausse des prix les plus conséquentes.
Or, le ministre des Finances admet lui-même que cette "mesure aura un impact sur les prix", estimant qu'elle devrait provoquer une hausse de 3 à 5% de l'inflation.
Sources : AFP, Reuters
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2 Commentaires
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Comme étudiante vénézuélienne en France depuis 7 mois, je vous remercie madame pour avez écrit cette article.
18 janvier 2010 à 00:412
Merci à vous, très sincèrement
18 janvier 2010 à 00:44Ajoutez un commentaire
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