Si le concept de pétrole contre nourriture avait pu naître en Irak, Chavez a quant à lui d'autres idées dans son sac.
Le chef de l'Etat du Venezuela, a proposé mardi au président élu de l'Uruguay, José "Pepe" Mujica, de troquer son pétrole. Ou plus exactement de lui fournir de l'or noir à des conditions plus avantageuses et qu'en retour il soit payé plus largement en nature, sous la forme de bétail, de lait ou encore de blé.
Rappelons que si le Venezuela est certes le premier exportateur de brut d'Amérique latine, le volume de ses importations de matières premières agricoles est loin d'être négligeable.
A noter par ailleurs que les besoins pétroliers de l'Uruguay sont couverts entièrement par une partie de la production vénézuelienne depuis 2005. 75 % de la facture correspondant aux volumes importés doit être réglée sous trois mois.
S'agissant des 25 % restant, l'Uruguay peut soit étaler ses versements sur 15 ans à un taux d'intérêt annuel de 2%, soit rembourser en nature, dans le cadre d'un plan dénommé Caracas.
Mais selon les termes d'un accord dénommé Petrocaribe, les pays peuvent régler immédiatement la moitié des sommes dont ils sont redevables. Ils bénéficient de délais plus longs (25 ans) pour solde avec des taux d'intérêt très bas (1%).
Le programme Petrocaribe, lancé en 2005, bénéficie à 18 pays alliés de Caracas, qui peuvent également rembourser une partie de leur dette en matières premières ou en services touristiques.
C'est dans ce contexte que Hugo Chavez a souhaité que l'Uruguay règle sa facture non pas avec de l'argent sonnant et trébuchant, mais avec des produits "comme des vaches, du lait, du blé, des bouteilles ou des pneus".
L'élevage est la principale richesse de l'Uruguay, qui possède 12 millions de vaches pour 3,3 millions d'habitants.
Tandis que depuis 2007, le Venezuela connaît une grave crise alimentaire. Divers produits comme le café (pourtant deuxième production nationale), le sucre, le lait, l'huile et le riz viennent à manquer dans les magasins. Les prix ont par ailleurs augmenté de 50% en un an.
Cette situation a provoqué un fort mécontentement de la population, contribuant largement à la défaite du référendum sur la réforme constitutionnelle, en décembre 2007.
A la suite de ce revers politique, Chavez a lancé une campagne de lutte contre le "sabotage économique". La Garde Nationale vénézuélienne a été mobilisée et a mis la main sur des stocks importants de produits alimentaires qui allaient être détournés vers la Colombie, où les prix des produits alimentaires ne sont pas régulés.
Les autorités ont multiplié les contrôles et découvert de nombreuses irrégularités. Ainsi, l'usine de riz de Guarrico, propriété du groupe agro-alimentaire Polar, ne produisait qu'à 50% de ses capacités. En outre, pour contourner la loi vénézuelienne sur la régulation des prix, cette usine produisait 90% de riz parfumé (dont le prix n'est pas régulé), contre à peine 10% de riz nature (prix régulé). La majorité des usines de riz du pays ont recours à ce subterfuge pour maintenir des prix élevés. Or le riz est l'aliment de base des Vénézuéliens.

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.