Double casquette de Proglio : Hirsch souhaite que l'AMF se prononce

stock-option-time.jpgLe climat est loin d'être apaisé sur l"affaire" de la double casquette d'Henri Proglio, à la fois "partie prenante" au sein d'EDF et de Veolia.

Dimanche, c'est au tour de Martin Hirsch de remettre un peu d'huile sur le feu. Non sans pertinence, reconnaissons le.

Pointant du doigt là où cela fait mal, le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté (....!) a estimé dimanche que "cela vaudrait la peine de poser la question" à l'AMF - le gendarme boursier français - de la légalité de la double rétribution du dirigeant via notamment le maintien de ses stock-options.

Interrogé sur le cumul des fonctions d'Henri Proglio, Martin Hirsch a "proposé" dimanche sur Canal+ que l'Autorité des marchés financiers se prononce sur la légalité de la détention par le dirigeant de stock-options de Veolia, alors même qu'il assure la direction d'EDF.

"Mettons que ce patron ait encore des stocks-options de l'entreprise et qu'il aille peut-être en vendre à l'autre, ça pose peut-être des problèmes" a ainsi lancé Martin Hirsch.

Selon lui, l''AMF est la bonne structure pour dire ce qui est conforme ou non à l'intérêt public et à l'intérêt de l'ensemble des actionnaires". 

Rappelons que fin octobre, Veolia avait indiqué que Henri Proglio allait renoncer à l'attribution de nouvelles stock-options ... mais qu'il conserverait toutefois celles qu'il détenait déjà.

"Depuis 2000, Henri Proglio a reçu 968.000 options. Il en a exercé pour un peu moins de 500.000. Il lui en reste 489.000 qu'il pourra exercer dans la mesure où le cours de l'action le permettrait", avait alors indiqué une porte-parole du groupe.

Cependant, la plupart des options détenues actuellement par Henri Proglio ont un prix d'exercice supérieur au cours actuel de l'action Veolia. En effet, le titre a perdu la moitié de sa valeur au cours de ces trois dernières années.

Rappelons que les stock-options permettent à leurs titulaires d'acheter des actions d'une entreprise à une date et un prix fixé à l'avance. Quand le cours de l'action est plus élevé que le prix d'exercice de l'option, leurs détenteurs réalisent ainsi de somptueuses plus-values.

Début décembre, Jean-Pierre Jouyet, le patron de l'AMF s'était quant à lui prononcé sur le cas Proglio, qualifiant de "baroque" la double casquette tout en notant que rien ne l'interdisait.

"C'est une situation qui, en droit, est autorisée et qui n'est pas prévue dans le code Afep/Medef. On peut le regretter, mais elle est autorisée", avait alors déclaré M. Jouyet. Ajoutant que le "rôle de l'AMF" était de "veiller à ce que la communication financière ne souffre d'aucune insuffisance liée à cette situation, qu'il n'y ait aucun conflit d'intérêt", avait poursuivi le patron du gendarme de la Bourse.

"Nous suivons particulièrement toutes les annonces et informations qui pourront être données étant donné la situation particulière", avait-t-il également souligné.

Rappelons que le code éthique conçu par le Medef et l'Association française des entreprises privées (Afep) au printemps 2009 a été adopté par la quasi totalité des grandes entreprises françaises cotées. 

Rebondissant dimanche sur les propos de Jean-Pierre Jouyet, Martin Hirsch a estimé que le gendarme boursier pouvait "aller plus loin".

Il a également estimé que Henri Proglio avait commis une "erreur" en demandant à conserver "le niveau de revenu" qu'il avait chez Veolia, en plus de son salaire chez EDF. Double rémunération à laquelle certes l'intéressé a dû renoncer, face à la polémique grandissante à ce sujet.

Sources : AFP, L'Alsace, Challenges

 

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