Margerie : l'Irak oui, mais pas à tout prix

LE-SUCCES-A-TOUT-PRIX2.JPGCertes, la France aurait pu obtenir une part plus conséquente du gâteau pétrolier irakien.

Mais quel est l'objectif : être présent en Irak .... ou assurer la rentabilité des investissements  du groupe ? Tel est le discours que souhaite "offrir" à ses actionnaires Christophe de Margerie, DG de Total. Histoire peut-être de minimiser le faible résultat obtenu par le groupe dans la chasse aux trésors pétroliers irakiens.

Christophe de Margerie est loin de cacher sa déception à de l'issue des appels d'offre sur l'exploitation du pétrole irakien. Message adressé avant tout aux actionnaires, voire même à l'Etat. Ce dernier s'étant largement "investi" dans le dossier .... une manière peut-être pour le gouvernement de contrebalancer l'image négative véhiculée par Total lors des procès Erika et AZF, dirons-nous pudiquement. Voire de contreblancer les efforts financiers consentis par un "présumé coupable" aussi riche qu'"idéal".

Mais pour l'heure, le patron de Total laisse entendre - ce qui est loin d'être complètement irraisonné - que si certes l'Irak regorge de trésors pétroliers, la rentabilité des projets doit demeurer la priorité.

"Ce que nous avons perdu, c'est une opportunité d'investissement. Et j'en suis mécontent. Mais je n'étais pas prêt à payer le prix", a-t-il expliqué dans un entretien accordé samedi à l'agence Reuters.

Certes le groupe Total semblait bien placé pour obtenir l'attribution de l'exploitation du site de Majnoune, mis aux enchères cette semaine avec une dizaine de contrats. Mais au final, ce sont Royal Dutch Shell et la compagnie publique malaisienne Petronas qui ont raflé la mise, non sans de conséquents efforts financiers.

L'offre de Total sur la phase 2 du site de Kourna Ouest a également été rejetée samedi, au profit d'un consortium formé par le russe Loukoil et le norvégien Statoil. Or, si ces derniers l'ont emporté, c'est moyennant une rémunération de 1,15 dollar par baril.

"A 1,15 dollar, on ne peut pas mener une politique de développement viable", estime pour sa part De Margerie. De tels tarifs ne permettent pas selon lui de couvrir les coûts à long terme. La stratégie de Total "n'est pas de faire des offres à ces niveaux-là" a par ailleurs affirmé le dirigeant.

En tout état de cause, le groupe français a obtenu son lot de consolation. Associé au groupe pétrolier chinois CNPC, il a remporté le champ d'Halfaya. Ne détenant que 25% du partenariat créé pour ce faire, il n'en sera pas l'opérateur.

A la mi-octobre - soit plusieurs mois après Chinois et Britanniques - le consortium composé de l'italien ENI (40%), de l'Américain Occidental Petroleum Corporation et du Sud-Coréen Korea Gaz Corporation, avait accepté au final le montant de la rémunération fixée par l'Irak pour l'exploitation du champ de Zoubair. Rémunération fixée à 2 dollars pour chaque baril extrait dans le cadre de l'augmentation de la production.

En novembre, alors que l'Irak venait de signer un accord préliminaire avec le consortium mené par ENI en vue d'exploiter un champ pétrolier aux ressources prometteuses, Christophe de Margerie avait d'ores et déjà précisé que les termes financiers associés à l'octroi de licences en Irak n'étaient pas attractifs, souhaitant pour sa part obtenir un tarif  de l'ordre de 4 dollars par baril. Pire encore, avait-il affirmé, ces termes "risquent de porter préjudice aux performances financières des compagnies pétrolières internationales s'ils sont repris dans d'autres lieux". 

Sources : Reuters, AFP

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10 Commentaires

  1. 1

    BA

    Aux Etats-Unis, la dette publique a dépassé le plafond maximal autorisé par la loi.

    Dimanche 13 décembre 2009, la dette publique des Etats-Unis est de :

    12 104 215 476 878 dollars.

    Vous avez bien lu : 12 104 milliards de dollars.


    http://usdeficit.com/

  2. 2

    Elisabeth

    Heureusement que le dollar perd de sa valeur , ca diminue la dette ....
    c'est d'ailleurs le but ...

  3. 3

    JP

    "Dimanche 13 décembre 2009, la dette publique des Etats-Unis est de :
    12 104 215 476 878 dollars."

    Bof

    il faut:
    1) rapporter ce montant au PIB
    2) ensuite comparer avec d'autres pays

    Le problème des US est ailleurs, et il est bien plus complexe que ce genre de faux scoop.

  4. 4

    JP

    Quelque chose cloche avec le chiffre de 1,15$. Cela représente disons le montant souvent observé de la variation intraday du cours du baril. Comment cela pourrait-il être trop élevé pour Total?
    Autre discordance: sur la fin de l'article, Margerie dit qu'il voudrait ne pas dépasser 4$..

    Y aurait-il une coquille dans "1,15$" ?

    Ou bien, le problème réel était -il un peu différent, et les déclarations de Margerie devraient être interprétées ainsi: "Nous n'étions pas d'accord pour payer des dessous-de-table d'un montant tel que celui offert par nos concurrents"

    Afin de comparaison, voici les redevances perçues par l'Alberta sur ce qu'il peut exister de pire comme gisement, les sables bitumineux:
    ": de 1 % au niveau de 40 $/baril à 9 % au niveau de 120 $/baril avant récupération, et de 25 % au niveau de 40 $/baril à 40 % au niveau de 120 $/baril après récupération (la récupération est essentiellement le moment où une compagnie a recouvré le montant de son investissement dans un projet.)"
    http://docs.google.com/viewer?q=cache%3A0HaUOil9ZB4J%3Awww.iogc.gc.ca%2Fdata%2F1%2Frec_docs%2F282_IL0805f.pdf+redevance+sable+bitumineux&docid=88161845907698b3f50ddb4503a1aa5c&chan=EAAAAPkZVnnbkiKyjH57jERJtxsiRBAXReo%2F1%2FaClWvsTHtX&a=gp&filename=282_IL0805f.pdf
    (à la fin du document)

  5. 5

    Elisabeth

    en attendant de creuser plus ce soir et de trouver des infos en anglais, cf.

    It's hard to feel sorry for the oil supermajors as Iraq takes a stand
    ___________________________________________________

    By Rowena Mason Energy Last updated: November 2nd, 2009

    Boohoo for Big Oil. Everyone get out your hankies and violins to help Christophe de Margerie, the chief executive of Total, wallow in the misery of not getting what he wanted out of Iraq’s oil field licensing round.

    It will be a big problem for international oil companies if other countries follow Iraq and dare start demanding better returns from their reserves serviced by the majors, moans Mr de Margerie in an interview with Petroleum Intelligence Weekly on Friday.


    Mr de Margerie has said that oil at $70 a barrel makes some projects too expensive
    *******************
    When Iraq decided to auction off contracts to operate its fields, the oil majors were shocked to find that instead of the usual $4 per barrel they wanted for their trouble, Iraq was only prepared to pay $2.
    *************************************
    BP and China’s China National Petroleum Corporation capitulated, presumably to get a foot in the door of the world’s third most oil-rich country at whatever cost, undermining the others who resolutely refused to lower themselves. One by one, however, they’ve mostly been creeping back to Baghdad to thrash out some kind of compromise deals.

    So the gist of what Mr de Margerie is saying is that these underdeveloped countries have no right to demand the lion’s share of the proceeds from their own natural resources. Oil majors who have dominated the planet’s resources for so long by striding into difficult countries and keeping their expertise close to their chests ought to have the upper hand and enormous profits forever.

    To do this, they ought to act as a quasi-cartel by claiming that investment at $2 per barrel erodes their margins too painfully to make it economically worth their while.

    You can understand why he’s scared. Oil majors risk becoming little more than the oil services companies of the future as national energy companies in China and India gain vital expertise and undercut the cost of their traditional labour.

    But it’s hard to begrudge Iraq, Nigeria, Ghana or whichever other country has both the blessing and the curse of plentiful oil resources the right to drive the hardest bargain they possibly can out of the BPs, Shells, Totals and the like.

    They are the so-called supermajors after all – but the way Mr Margerie talks about it, you wonder for how much longer?

  6. 6

    Elisabeth

    @JP
    Autre discordance: sur la fin de l'article, Margerie dit qu'il voudrait ne pas dépasser 4$..

    Y aurait-il une coquille dans "1,15$" ?

    1,15 $ c'est justement le prix concédé par le russe Loukoil et le norvégien Statoil, ce qui laisse dire à de Margerie que l'affaire n'est pas rentable, car lui souhaite plutot un prix autour de 4 $

  7. 7

    Elisabeth

    j'essaie de faire ce soir un recap des prix proposes et prix acceptés

  8. 8

    JP

    Bon, la phrase de Margerie "Mais je n'étais pas prêt à payer le prix" était créatrice de malentendu.
    En réalité, les 1.15$ ou 4$ ne correspondent pas à une redevance que Total paierait à l'Irak en échange du droit d'emporter un baril. Mais ils sont la rémunération que l'Irak aurait versé à Total pour une prestation de services techniques liés à l'extraction.

    Sachant qu'il est couramment considéré que le cout technique pour extraire un baril en Arabie Saoudite est de l'ordre de 5$, la position de Margerie apparait finalement justifiée.

    Et d'autant plus qu'il serait à priori peu judicieux d'immobiliser des ressources techniques pour un travail non rentable, alors que dans les années à venir chaque baril extrait de la planète demandera de plus en plus de travail.

  9. 9

    Elisabeth

    Attention, bcp de mauvaises traductions, il faut donc prendre l'info à la source

    a noter également

    Le champ de Qaiyarah, dans la province septentrionale de Ninive et dont les réserves sont de 807 millions de barils n'a pas été attribué en raison d'un écart trop grand entre les exigences du ministère et les propositions de la compagnie angolaise Sonangol.

    "Sonangol désirait être rémunéré 12,5 USD et porter la production à 120.000 b/j mais le ministère proposait 5 USD", a dit le minsitre du pétrole irakien Chahristani.

    "Les champs de Bagdad-est, d'Eastern Field et Qairayah recèlent du pétrole lourd et le terrain géologique est difficile", a affirmé Mme Hussari d'irak Oil Formum.

    http://actu.voila.fr/actualites/economie/2009/12/11/l-irak-attribue-deux-grands-champs-petroliers-a-shell-et-cnpc_423693.html

  10. Elisabeth Studer

    10

    Elisabeth Studer

    Total va sûrement répondre à l'appel d'offres pour le gaz en Irak
    PARIS, 22 avr 2010 (AFP)
    Total va "sûrement" répondre à des appels d'offres visant à attribuer des champs gaziers en Irak, a déclaré jeudi le directeur général du groupe pétrolier français, Christophe de Margerie.

    "On n'a jamais arrêté nos discussions avec les Irakiens", a ajouté M. de Margerie, en marge d'une conférence.

    Il est cependant trop tôt à ce stade pour évaluer les parts de marché et les champs n'ont pas encore été rendus public, a précisé M. de Margerie.

    Par ailleurs, M. de Margerie a estimé que les prix du pétrole, qui évoluent actuellement dans une fourchette de 80-90 dollars le baril, sont à "des niveaux que nous considérons bons pour le long terme", ces prix permettant notamment la réalisation d'investissements.

    Total et l'américain Chevron sont désormais les deux seules "majors" du pétrole à ne pas exploiter de champ pétrolier en Irak, au contraire de Shell, BP et ExxonMobil.

    Le groupe français a fait en décembre son retour par la petite porte dans ce pays qui l'a vu naître, avec seulement 25% du champ d'Halfaya (sud) qui sera exploité par le chinois CNPC (50%).

    2010 AFP

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