Et si l'annonce avec grand fracas de possibles pannes d'électricité durant cet hiver était en partie motivée par la volonté de l'Etat de nous faire avaler la pilule .... d'une possible hausse de tarifs.
Car ne rêvons pas, c'est tout de même très surprenant qu'une entreprise publique annonce d'entrée risquer de devoir faire face à des problèmes de pénurie .... voire de carence d'organisation. Et/ou d'investissements ...
C'est ainsi que dans un entretien à paraître samedi dans Le Journal du Dimanche le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, remplacé lundi par Henri Proglio, estime que l'épineux dossier de l'augmentation des tarifs de l'électricité - qui lui en partie coûté sa place - "va se reposer".
Rappelons qu'en juillet dernier, M. Gadonneix avait souhaité appliquer une hausse de 20% des tarifs de l'électricité en France.
L'objectif alors mis en avant : financer les investissements du groupe. Une "proposition" qui lui avait valu l'ire du gouvernement .... et un départ quelque peu forcé de la direction du groupe énergétique.
"Je pense qu'il faut pouvoir intégrer la vérité des coûts d'un côté et de l'autre répondre aux attentes des clients les plus fragiles par des mesures tarifaires adaptées", estime désormais M. Gadonneix.
Rappelons tout de même que les prix de l'électricité sur le marché spot français - fixés la veille pour livraison le lendemain - avaient atteint le 19 octobre un niveau de 3.000 euros le mégawattheure entre 8h et midi, contre moins de 100 euros habituellement. A la "faveur" de différentes pannes observées sur des réacteurs nucléaires et sur une centrale hydraulique, combinées à une consommation plus forte que prévu.
Pour la Commission de régulation de l'énergie (CRE), la messe est dite : le "manque de fiabilité des prévisions du groupe" contribuant "à un pic du prix de gros de l'électricité en France en octobre", selon ses propres termes. Fichtre !
Laquelle CRE a annoncé jeudi avoir demandé à EDF d'améliorer la visibilité sur la disponibilité de son parc de production en vue d'éviter de fâcheuses conséquences.
Après avoir mené un enquête, la Commission indique dans un communiqué que "la brutale tension sur les fondamentaux de production et sur les prévisions d'équilibre entre offre et demande à la veille du 19 octobre constitue le fait générateur du pic de prix".
La CRE explique par ailleurs que, dans un contexte d'arrêts programmés ou fortuits de certains réacteurs, "la tension constatée sur le marché de gros a résulté à la fois d'une sous-estimation de la consommation, d'un pic de celle-ci et d'une surestimation de la disponibilité des centrales d'EDF".
Selon les premières conclusions de l'enquête de la Commission, ce bond des prix est notamment dû à des "arrêts fortuits" sur le parc nucléaire d'EDF ainsi que sur la centrale hydraulique de Grand-Maison, dans l'Isère. Ces pannes ont réduit de 4.100 mégawatts (MW) les capacités de production d'électricité disponibles pour la journée du 19 octobre. Parallèlement, les estimations de consommation ont été revues en hausse de 3.000 MW, en raison d'une chute brutale des températures. Un pic de consommation d'électricité a été enregistré le 19 octobre à près de 69.000 MW.
Du fait de ce besoin soudain d'électricité, EDF, d'habitude vendeur sur les marchés de gros, est passé à l'achat, faisant flamber les prix. Ce jour-là, la France a importé 7.711 MW d'électricité, un record historique, selon des chiffres publiés mardi par le Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d'EDF.
Précisons par ailleurs que EDF a annoncé le 12 novembre dernier qu'il prévoyait un recul de son résultat net courant sur l'ensemble de 2009, d'un niveau plus important qu'au premier semestre. Raisons invoquées : les arrêts de réacteurs nucléaires en France.
Sources : AFP, Reuters

2 Commentaires
1
La solution du nouveau pdg véolia... La sous traitance. Au pire il reste quelques entreprises en Ukraine pour gérer notre parc nucléaire, ça marchait bien chez eux. Tout est prêt en fait, EDF en 2008 a racheté un peu de tout et n'importe quoi en Angleterre et aux Etats-Unis, manque de chance (zut) la crise est arrivé et la rezut aucune rentabilitée et grosse dette. Mais comment faire ... Facile ! l'Europe arrive au secours, ErDF et RTE doivent fonctionner indépendamment d'EDF (ça fausse la concurrence paraît-il...) donc bonne idée de séparation et d'économie, quelques fonctionnaires en moins à payer, c'est bon pour un titre boursier. Ensuite, les 1% du CE a trouer le budget évidement il faut arrêter ça pis les grèves ont profondément retardé l'entretient des réacteurs.. (j'ignorais que les sous-traitants qui font les travaux dans les centrales étaient fonctionnaires). Et donc on a tout ce qui faut pour créer la psychose du black-out (le H1N1 à du mal à faire peur, faut trouver autre chose...). Le nouveau pdg va arranger tout ça, il prône déjà une privatisation total d'Areva. A quand la 'vente' d'EDF et d' Areva à véolia ? On aura gdf-suez et edf-veolia, l'avenir promet !
22 novembre 2009 à 22:492
"On aura gdf-suez et edf-veolia, l'avenir promet ! " : oui, ca fait pas rever tout cela
22 novembre 2009 à 23:01excellent article sur le sujet dans Marianne de cette semaine
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