Ouf ! On a encore une fois frôlé le pire entre Russie et Ukraine, sous couvert de dettes gazières. Mais ne serait-ce pas pour la Russie une nouvelle occasion de faire mine de mieux "reculer" pour mieux "sauter" ensuite sur la Crimée ?
En tout état de cause, la société ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz a annoncé jeudi avoir payé la totalité de sa facture pour le gaz russe consommé en février.
L'information confirmée Moscou, devrait permettre d'ôter tout risque d'une nouvelle crise gazière entre les deux protagonistes. A moins que ...
Un porte-parole de la société ukrainienne Ilia Savvine a ainsi indiqué jeudi que Naftogaz avait réglé 100% des livraisons de gaz pour février. Précisant que le groupe qu'il représente avait versé 50 millions de dollars sur le compte du gazier russe Gazprom, la somme s'ajoutant aux 310 millions de dollars déjà payés cette semaine.
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait averti jeudi que les livraisons de gaz russes à l'Ukraine et vers l'Europe seraient de nouveau interrompues si Kiev ne payait pas d'ici samedi sa facture gazière pour le mois de février.
"Si à la suite des actions menées (par les services de sécurité ukrainiens au siège de la compagnie ukrainienne Naftogaz) (...) ce paiement n'est pas effectué, nous arrêterons nos livraisons pour les consommateurs ukrainiens et peut-être aussi pour les Européens", avait-t-il affirmé.
Rappelons que Moscou a coupé plusieurs reprises les livraisons de gaz à l'Ukraine, jouant également de la position clé du pays en terme d'approvisionnements européens via le transit de gaz russe sur son territoire.
La coupure du 1er janvier 2009 avait provoqué une longue crise du gaz, affectant plusieurs pays européens et montrant - s'il en était besoin – l'urgence pour l'UE de s'affranchir de la Russie pour ses approvisionnements autant que faire se peut. Le dossier avait notamment relancé la bataille des pipelines entre les projets européens tel que Nabucco et les projets russes tels que North Stream et South Stream.
Les locaux de Naftogaz ont été occupés par des agents du Service national de sécurité (SBU) chargés d'une enquête judiciaire, a fait savoir mercredi le porte-parole de la police de Kiev, Vladimir Polichtchouk. Le groupe pétrolier avait préalablement annoncé que plusieurs dizaines d'inconnus encagoulés et armés venaient de faire irruption dans ses locaux à Kiev.
Le SBU a mis en examen lundi plusieurs responsables de Naftogaz soupçonnés d'avoir détourné par complicité 6,3 milliards de mètres cubes de gaz transporté par le gazoduc de transit, pour un montant de plus de 7,4 milliards de hryvnias (920 millions de dollars).
La première ministre Ioulia Timochenko a personnellement annoncé l'arrestation de Tarass Chepitko, responsable des douanes, pour avoir illégalement dédouané 11 milliards de mètres cubes de gaz appartenant au trader suisse RosUkrEnergo, jusqu'à récemment intermédiaire exclusif dans les importations de gaz ukrainiennes, au profit du groupe Naftogaz.
Le Parti des régions (opposition) a qualifié d'"inopportune" l'irruption du SBU au siège de la compagnie énergétique.
"Ce n'est pas la première intervention de ce type réalisée par les structures de force contre une institution publique ou une structure commerciale. Naftogaz avait déjà été pris d'assaut par les unités spéciales sur demande de l'inspection des impôts, afin de saisir les sommes requises. J'avais été indigné par de tels agissements au sein de l'Etat. Ma position est inchangée", a déclaré mercredi le vice-président de la fraction parlementaire du parti, Alexandre Efremov.
"Si nous avons un Etat, il doit disposer de leviers de responsabilité des fonctionnaires qui dirigent les institutions publiques", a-t-il poursuivi.
Le président de la Commission européenne s'est dit jeudi "très inquiet des dernières informations venues d'Ukraine et des commentaires du Premier ministre russe Vladimir Poutine" se voulant particulièrment menaçant..
"Déjà pendant la crise d'il y a quelques mois nous avions condamné ce genre de situation, et la crédibilité de la Russie et de l'Ukraine sera bien sûr affectée si nous avons une autre crise du gaz", a ajouté José Manuel Barroso.
"Nous suivons de très près la situation, et espérons bien sûr que ce type de problème ne réapparaisse pas. Si ce n'est pas le cas, c'est bien sûr quelque chose que l'UE condamnera très clairement et cela n'aidera pas les relations que nous avons" avec ces pays, a-t-il ajouté. Mettant - il faut le noter - les deux protagonistes dans le même panier.
Le Premier ministre bulgare Sergueï Stanichev s'est lui aussi dit "très inquiet de ce qui se passe en Ukraine et des déclarations faites par le Premier ministre russe".
"Une situation dans laquelle les citoyens européens deviennent les otages d'un conflit entre deux pays est inacceptable et de tels comportements entameraient très sérieusement leur crédibilité si (une interruption) se produisait", a-t-il ajouté.
Sources : AFP, Ria Novosti
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4 Commentaires
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Bonsoir Elizabeth,
05 mars 2009 à 23:38Tu évoques régulièrement dans ce différent commercial du gaz, une pression de la Russie pour récupérer la crimée.
Je veux bien y croire mais d'où tiens tu cette source ou d'où te viens ce sentiment.
Évidemment, la plupart des russes considèrent la Crimée comme russe mais je n'en ai jamais entendu dire qu'il fallait la récupérer coute que coute.
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Bcp d'infos à ce sujet
Tu peux lire notamment un "resume" du Washington Times
Moscow is on the march. After invading Georgia and establishing Russia's dominance over the secessionist regions of South Ossetia and Abkhazia, Mr. Putin is now bent on dismembering Ukraine. The Russian strongman has made no secret of his contempt for Kiev's independence. At a NATO summit in April, he told President Bush that Ukraine is "not even a real state," and that much of its territory was "given away" by Russia. Mr. Putin warned that Ukraine would "cease to exist as a state" if it dared to join NATO.
Ukraine, like Georgia, is despised by the Kremlin's xenophobic elite for one simple reason - it seeks to break away from Moscow's authoritarian grip. In response, Russia is trying to destabilize Ukraine.
Moscow's main aim is to wrest the Crimean Peninsula from Kiev's control. A majority of the Crimea's inhabitants are ethnic Russians. More importantly, the Russian Black Sea Fleet is based in Sevastopol. Under a 1997 agreement between the two countries, the Russian navy is scheduled to leave by 2017. Ukrainian President Viktor Yushchenko refuses to extend the lease - rightly fearing Moscow plans to stay on indefinitely and eventually annex the entire Crimea. Russian officials have already said they will not abandon the base at Sevastopol and that Kiev's maritime laws do not apply to them.
Moreover, Russia has been distributing thousands of Russian passports to supporters in the Crimea. The plan is to replicate what was done in South Ossetia and Abkhazia: Create a pretext to send in Russian "peacekeepers" to protect supposedly endangered Russian "citizens."
But Ukraine is not Georgia; it is a large, militarily powerful country with long memories of Russian domination. Any attempt at partition by Moscow would be met by fierce resistance. It would spark a bloody Russo-Ukrainian war. This would inevitably drag in Poland and the Baltic States - all of which are members of NATO. Mr. Putin's bellicose nationalism threatens to ignite a European conflagration.
The battle over Ukraine is more than a regional test of wills. It is a clash over the future of Europe - and of Russia's role in it. Orthodox Slavophiles, such as Mr. Putin, dream of a "Slavic Union" composed of Russia, Belarus and Ukraine. They favor a resurgent Russian imperialism, which seeks to dominate its neighbors, assert its sphere of influence in Eastern Europe and the Balkans and undermine American power abroad. It explains Moscow's support for rogue regimes like Slobodan Milosevic's Serbia, Saddam Hussein's Iraq and Mahmoud Ahmadinejad's Iran.
However, a democratic, unified Ukraine stands in the way of Mr. Putin's goal. Ukraine is the strategic bulwark against Russian expansionism - the eastern ramparts of Western civilization. Kiev is not some regional capital of a Greater Russia, but a fundamental part of the European mainland. This is why Ukraine seeks to embrace NATO and the European Union.
And it is also why Moscow desperately wants to derail Ukraine's integration into the Euro-Atlantic alliance. A prosperous and pluralist Orthodox Slavic state on Russia's borders would provide an attractive alternative to the Kremlin's brutal dictatorship. A successful Ukraine would pave the way for liberal democracy to triumph in Russia. And Mr. Putin is willing to do anything to stop this from happening - including possibly plunging Europe into another disastrous bloodbath. We are all Ukrainians now.
Jeffrey T. Kuhner is a columnist at The Washington Times.
06 mars 2009 à 00:143
+ de détail
http://www.leblogfinance.com/2009/01/guerre-du-gaz-r.html
06 mars 2009 à 00:164
Tous les enjeux associés (et ils sont nombreux)
Russie et Ukraine divisés par le détroit de Kertch et la Crimée :
06 mars 2009 à 00:23Ajoutez un commentaire
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