Premier incident de taille lors du procès AZF, laissant sous entendre tout à la fois que l'Enquête aurait été "Assassinée" ... et ce, notamment via un Silence d'Etat, éléments tous deux abordés récemment par des journalistes dans leur ouvrage respectif.
La 1ère audience de la 2ème semaine a en effet été le théâtre d'une vive polémique entre l'ancien DRH de l'usine AZF, Gildas Thomas, et le responsable des secours, le colonel Claude Donin.
L'objet de leur désaccord : le bilan de la catastrophe survenue le 21 septembre 2001, lequel aurait été réduit d'un mort le lendemain, si l'on en croit le responsable du personnel de l'usine.
M. Thomas, faisant part de son "trouble" sur le bilan de l'explosion n'y est pas allé par quatre chemins, affirmant que le nombre de cadavres retrouvé à l'intérieur de l'usine avait été ramené de 23 à 22.
Le responsable des pompiers, le colonel Donin, a-t-il assuré, lui a repris une liste initiale, affirmant qu'il y avait "des erreurs" et qu'il risquait "d'avoir des ennuis".
Selon ses propres termes, en février 2002 M. Donin lui aurait dit: "vous avez vu ce qu'a dit le procureur dès le 24 septembre, vous ne saurez jamais ce qui s'est passé !". Rappelons qu'à cette date, dans une phrase désormais célèbre, le procureur de la République Michel Bréard avait alors déclaré privilégier "à plus de 90% la piste accidentelle".
Devant l'ampleur de ces propos, le président du tribunal Thomas le Monnyer s'est montré pour le moins circonspect. Il doute en effet que "des policiers, des pompiers, des officiels, en France, en 2001, aient fait disparaître un corps, aient caché un cadavre identifié".
"C'est la théorie du complot !", s'est-il même exclamé. "Je n'ai jamais alimenté la théorie du complot mais j'en ai tellement entendu autour de moi que cela a ravivé mes doutes" a néanmoins alors ajouté l'ex DRH de l'usine.
A noter que le 9 octobre 2001 lors de sa première audition, Gilbert Thomas ne parle pas de cette différence devant les policiers. Il ne réagira qu'en février 2002 à la lecture du rapport de la commission d'enquête parlementaire qui parle de 28 victimes.
Le colonel Donin a démenti pour sa part avoir remis tout document et a fortiori l'avoir repris à M. Thomas, qu'il "ne connaissait pas". Tout en ajoutant que "par humanité" il avait "pointé" une liste de victimes avec le directeur de l'usine Serge Biechlin, laquelle aurait été communiquée à la cellule de crise de la préfecture et à la direction d'AZF. "Que cette liste soit erronée, c'est possible, mais elle n'était qu'un simple document de travail" ajoute-t-il désormais.
S'agissant du "comptage" des personnes décédées sur le site, il précise que "tout était normal jusqu'en milieu d'après-midi lorsqu'un ordre est venu du cabinet de la préfecture nous demandant de modifier la procédure. L'institut médico-légal a emporté tous les corps pour les déposer je ne sais pas où. A partir de là, nous n'avions plus la maîtrise, le contrôle de l'identification des corps dégagés".
S'agissant de la supposée la rencontre de février 2002, il a farouchement toute entrevue de cet ordre.
M. Thomas était cité comme témoin par l'association d'anciens salariés "Mémoire et Solidarité" qui conteste la thèse officielle de l'accident chimique.
Rappelons également qu'en août 2007 - soit au plus fort de l'été ..... - les dépêches d'agence nous apprennaient que les deux juges d'instruction et le parquet avaient au final retenu l'hypothèse judiciaire, "la plus probable" selon eux, d'un accident lié à des négligences industrielles. Pourtant, au cours de l'instruction, plusieurs rumeurs faisant état de possibles attentats tandis que d'autres scenarii avaient été écartées par la justice au regard d'expertises controversées.
Précisons également qu'à la requête de sa cliente Monique Mauzac - dont le mari, ingénieur à AZF, est décédé lors de la catastrophe - Me Laurent de Caunes a adressé - dans le cadre du procès en cours - une citation à comparaître à Jacques Chirac et Lionel Jospin, tous deux à la tête de l'Etat lors de l'explosion de l'usine AZF en 2001
"Nous voulons leur demander grâce à quelles informations ils ont pu déclarer à Toulouse dès le 21 septembre que l'explosion était d'origine accidentelle". Quelques heures après l'explosion, les deux têtes de l'exécutif s'étaient rendues sur les lieux, évoquant "avec une certitude étonnante l'hypothèse d'un accident chimique", rappelle Me de Caunes .... par ailleurs avocat d'Elisabeth Borrel, veuve du juge Borrel, décédé dans des circonstances "troublantes" à Djibouti.
Dès le début du procès, l'ancien Président de la République et l'ancien Premier ministre socialiste ont annoncé leur intention de ne pas venir à la barre. S'appuyant sur l'article 67 de la Constitution, Jacques Chirac a indiqué "qu'il ne pouvait être requis de témoigner" sur des faits ayant eu lieu pendant son mandat ajoutant qu'il "n'avait pas été témoin des faits".
Lionel Jospin a lui demandé à "être excusé", estimant qu'il ne pouvait "apporter d'information utile" n'ayant "pas été témoin des faits" et n'étant "détenteur d'aucune information", l'information judiciaire ayant été conduite "sans interférence du pouvoir administratif". Il a toutefois ajouté qu'il était "à la disposition du tribunal pour le cas ou il l'estimerait nécessaire".
Sources : AFP, AZF Un Silence d'Etat, France 2, FRANCE 3

5 Commentaires
1
Ne vous faites pas d'illusions, l'on ne saura jamais la vérité, comme pour le procès Colonna, le suicide de Beregovoy, Boulin etc etc. Si proces de ce drame peut apporter un soulagement aux réelles victimes, tant mieux, mais quand je vois tous les requins assoiffés d'argent qui au nom d'associations bidon se portent partie civile, cela m'écoeure
04 mars 2009 à 11:442
Bonjour
Le colonel Donin ne se souvenait plus si l'ordre de modifier la procédure en usage concernant les personnes DCD était venu de la préfecture ou bien ...du procureur de la République!
04 mars 2009 à 12:103
A propor des chantements de stratégie des autorités sur le sorts des victimes; il faut préciser que, dès 15H30 le 21 Septembre 2001, ordre avait été donné à l'entreprise Cassin TP de réaliser un chemin de déblaiement exactement situé sur la très grande trace au Nord-Ouest du cratère filmée à 13H45 par l'hélico de la gendarmerie. Cette très grande trace était dirigé vers la voiture allemande de HJ, stationnée sur le parking Nord du bâtiment RCU d'AZF, voiture dont la justice ne s'est jamais préoccupé de savoir d'où elle venait.
04 mars 2009 à 21:38C'est aussi dans l'axe de cette trace effacée le 21-9-2001 qu'a été mesuré des anomalies magnétiques quelques semaines plus tard.
Autre précision stupéfiante : aucune photo des victimes prise sur leur lieu de décès n'a été introduite au dossier, à tel point que le juge Thierry Perriquet en 2003 a été incapable de confirmer la position exacte de certaines de ces victimes suite à cette étonnante absence.
4
Point sur la séance de jeudi au + tot
Elément fort de la journée : l'audition de Jacques Mignard, PDT de "Memoire et Solidarite" (salariés de l'usine)
06 mars 2009 à 00:435
Affaire Borrel ...
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Affaire Borrel : rebondissement possible
AFP
17/03/2009 |
Elisabeth Borrel, la veuve du juge français Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, demande la réouverture d'une enquête pour subornation de témoin sur la base de documents inédits de l'ex-cellule "Afrique" de l'Elysée saisis par des juges en 2008, a annoncé une source proche du dossier.
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"Il apparaît que ces actes d'instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l'Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité", écrit Borrel dans sa demande adressée le 16 mars à la justice.
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Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat.
Des témoignages dont celui de l'ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.
Parallèlement à l'enquête criminelle, deux enquêtes judiciaires ont été menées en France.
La première pour "pression sur la justice", dans le cadre de laquelle des documents élyséens ont été saisis, est toujours en cours à Paris.
La seconde pour "subornation de témoins", que Borrel voudrait voir réouvrir, s'est conclue par le renvoi en correctionnelle à Versailles (banlieue parisienne) de deux proches du président Guelleh.
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18 mars 2009 à 01:01Ajoutez un commentaire
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