Après dix années de vicissitudes, le Vietnam inaugure dimanche sa toute première raffinerie. Un défi et un atout notoire pour le pays, qui devrait lui permettre d'accroître son indépendance énergétique. Alors que le Vietnam possède d'importantes réserves de brut, il était jusqu'alors contraint d'importer tout son pétrole raffiné.
L'évenement revêt une importance d'autant plus stratégique que le niveau de ses besoins énergétiques suit une courbe ascendante, boosté par son développement. Le site représente un investissement de plus de 2,5 milliards de dollars (1,95 md EUR).
La raffinerie devrait permettre au pays de produire 6,5 millions de tonnes par an, ou 148.000 barils par jours, soit le tiers de ses besoins. Le géant public PetroVietnam, qui exploitera le site, espère le voir tourner à pleine capacité d'ici à août.
Une très bonne nouvelle pour la balance commerciale du Vietnam : car, si en 2008, Hanoï a récolté 10,45 milliards de dollars (8,15 mds EUR) via ses exportations de brut, ses importations de produits raffinés se sont élevés à10,88 milliards de dollars (8,49 mds EUR).
Lancée dans les années 90, Dung Quat n'aura véritablement débuté sur le terrain qu'en 2005. Entre temps, les coûts ont flambé, la situation faisant alors fuir plusieurs partenaires étrangers potentiels, dont le français Total.
Le contrat a été confié en avril 2002 à un consortium associant Technip-Coflexip, Tecnica reunidas et JGC. Au départ la raffinerie devait être construite par Vietross Refinery, une filiale commune à 50/50 entre Petrovietnam et la société russe Zarubezhneft. En novembre 2002, Zarubezhneft s’est retirée du projet et VietRoss a été dissoute.
Le choix de la localisation de la raffinerie à Quang Ngai avait conduit à moult polémiques, les adversaires du projet pointant du doigt le fait que la région d'implantation soit située loin des gisements off-shore du pays et de son poumon économique Ho Chi Minh-Ville, l'ex-Saïgon.
Selon les experts, Hanoï souhaiterait faire émerger un nouveau pôle industriel en vue de faire contre-poids à l'ex-Saïgon et à la capitale Hanoï. Les autorités espèrent voir se développer plus de 20.000 emplois dans la zone économique qui entoure la raffinerie.
Une deuxième raffinerie est d'ores et déjà en chantier dans la province de Thanh Hoa (quelque 200 kilomètres au sud de Hanoï), Japon et Koweit étant partenaires du projet.
A la mi février, le Vietnam et le Venezuela se sont associés en vue de créer une entreprise mixte pour l'exploitation de brut dans la zone fort prometteuse de l'Orenoque, au Venezuela.
L'entreprise mixte, nommée Petromacareo, est constituée pour 40% par Petrovietnam et pour les 60% restants par Corporación Venezolana de Petróleo. L'objectif affiché : l'extraction de près de 200.000 barils par jour en vue d'être acheminés à la suite à une raffinerie située au Vietnam. Une très bonne nouvelle pour le site de Dung Quat ...
Sources : AFP, Vietnam News Agency
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