Ce n'est pas tout à fait une surprise ... alors que la guerre des pipelines fait rage à travers le monde, le géant gazier russe Gazprom et le groupe pétrolier français Total sont intéressés à participer au projet du gazoduc Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP).
C'est en effet ce qu'ont indiqué mercredi des responsables des groupes concernés lors d'une conférence à Abuja.
Rappelons que ce pipeline plus que prometteur doit relier le Nigeria à l'Europe via le Niger et l'Algérie.
Le but de la Russie pourrait être de contrôler – autant que faire se peut - le concurrent et néanmoins partenaire que représente le pays présidé par Bouteflika, tout en tentant de garder la maîtrise des approvisionnements en hydrocarbures de l'Union européenne. Ne rêvons pas.
Se faisant, Gazprom n'est pas avare en propos tant marketing que diplomates. "Nous avons ici l'opportunité d'offrir certaines solutions que nous avons mises au point. Nous avons de l'expérience dans la gestion de tels projets à large échelle", a indiqué Vladimir Ilyanin, directeur de Gazprom au Nigeria.
Seul "ombre" au tableau : selon le géant gazier russe, afin d'assurer la viabilité financière du projet, les prix du gaz devront être plus élevés que les niveaux actuels. En Russie, cela ne s'appelle pas du chantage, mais de la négociation ... histoire de "justifier" quelques hausses de tarifs ... ?
Position qui pourrait "embarrasser" l'Union européenne, alors que 40% de son gaz et le tiers de son pétrole sont importés de Russie.
D'un coût estimé à 10 milliards de dollars, le TSGP est destiné à acheminer 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel du Nigeria vers l'Europe via l'Algérie et le Niger. Ce potentiel de production de gaz nigérian est destiné notamment à contribuer significativement à la couverture du déficit gazier de l'Union Européenne.
Si le projet devrait donc – en théorie - lui permettre de diversifier ses fournisseurs d'énergie, l' "implication" de Moscou dans le domaine pourrait grandement changer la donne. Enième partie d'échec pour Moscou ....
Rappelons par ailleurs que d'un point de vue géographique, le Delta du Niger est deux fois plus près du centre de l'Europe que ne l'est la Sibérie occidentale - lequel est actuellement le grand réservoir de gaz russe - et presque aussi près que ne le sont les gisements off-shore norvégiens.
Guy Maurice, directeur général de la prospection et de la production de Total au Nigeria a quant à lui décalré que son groupe était intéressé par ce projet. "Total pense que c'est une diversification stratégique à long terme pour le Nigeria, qui est vraiment intéressante", a-t-il ainsi affirmé lors d'une conférence.
En 2007, l’Algérie et le Nigeria avaient mené une campagne de promotion de ce méga projet, auprès de la Commission européenne (CE) en vue de rapprocher des partenaires et investisseurs potentiels, d’expliciter les avantages de ce projet dans toutes ses dimensions (exportations vers l’UE, effets sur le développement durable dans les pays de transit et leurs voisins, aspects financiers, et aspects environnementaux) et à installer le projet dans l’axe des sources d’approvisionnement énergétique de l’Union européenne.
Sources : AFP, el moudjahid, www.tsgpipeline.com, Reuters

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