Algérie/Nigéria : discussion au sujet du Trans-Saharan Gas Pipeline

Tsgp2Le ministre de l'Energie et des Mines algérien Chakib Khelil se rendra lundi et mardi au Nigeria pour discuter du projet du gazoduc Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP) devant relier le Nigeria à l'Europe via le Niger et l'Algérie.

La compagnie publique algérienne d'hydrocarbures Sonatrach a lancé en juillet à Bruxelles une campagne de promotion auprès d'investisseurs internationaux pour le financement du projet.

Alors que le projet avait traîné en longueur, faute d’avoir trouvé un financement à sa hauteur, la réalisation du projet du gazoduc Trans-saharan Gas Pipeline "est en bonne voie", a affirmé à la mi-février Chakib Khelil, précisant  qu’une réunion destinée à "réactiver ce projet" était prévue le 25 février au Nigeria.

D'un coût estimé à 10 milliards de dollars, le TSGP est destiné à acheminer 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel du Nigeria vers l'Europe via l'Algérie et le Niger. Ce potentiel de production de gaz nigérian est destiné notamment à contribuer significativement à la couverture du déficit gazier de l'Union Européenne. Sonatrach et son homologue nigériane NNPC sont en charge de la concrétisation de cette "œuvre titanesque", classée comme "projet prioritaire" dans le programme du NEPAD, eu égard à ses retombées économiques dans les pays de transit et leur voisinage.

Selon M. Khelil, le gazoduc "va générer des ressources financières supplémentaires au Nigeria, alimenter quelques régions de Niger en gaz, et aura des répercussions positives sur l’Algérie sur les plans économique et politique”.

En effet, le centre et le Nord Nigéria, comme le Grand-Sud algérien, régions dépourvues d’infrastructures gazières, pourront être ainsi alimentés en cette matière, tandis que le Niger, pays de transit et les pays limitrophes tel que le Mali et le Burkina Faso, pourront également tirer profit de cette source d’énergie.

Selon le ministre algérien, la réalisation de ce grand projet structurant sera entamée fin 2009, pour que celui-ci puisse être mis en service en 2015, comme projeté.

Ce timing permettra un positionnement renforcé du gaz africain sur le marché européen dont les projections de développement prévoient justement un déficit notable à partir de 2015. L'Algérie et le Nigeria pourraient donc être appelés à jouer un rôle non négligeable dans la sécurisation de l'alimentation en gaz naturel de l'Union Européenne.

Du point de vue géographique, le Delta du Niger est deux fois plus près du centre de l'Europe que ne l'est la Sibérie occidentale qui est actuellement le grand réservoir de gaz russe et presque aussi près que ne le sont les gisements off-shore norvégiens précise le site du projet TGSP.

Tsgp_algeriesaharan_pipelineCe pipeline intercontinental sera d'une longueur totale de 4.128 km dont 1.037 traverseront le Nigeria, 841 le Niger et 2.310 l'Algérie jusqu'à la côte méditerranéenne.

Le TGSP comprend également la construction d’une vingtaine de stations de compression, et aboutira, sur sa partie on shore, soit à Beni Saf à l'ouest soit à El Kala à l'est. Il doit être doublé d'une route transaharienne et d'un câble de fibres optiques. La société britannique Penspen/IPA a confirmé la faisabilité du projet, selon le ministère algérien de l'Energie.

Pour rappel, l’Algérie et le Nigeria avaient mené l’année passée une campagne de promotion de ce méga projet, auprès de la Commission européenne (CE) en vue de rapprocher des partenaires et investisseurs potentiels, d’expliciter les avantages de ce projet dans toutes ses dimensions (exportations vers l’UE, effets sur le développement durable dans les pays de transit et leurs voisins, aspects financiers, et aspects environnementaux) et à installer le projet  dans l’axe des sources d’approvisionnement énergétique de l’Union européenne.    

Sources : AFP, el moudjahid, www.tsgpipeline.com

 

4 Commentaires

  1. 1

    Algerino

    Ce projet serait très intéressant pour l'Europe car il assurerait qu'une partie du gaz nigerian (très prisé, notamment par les US) soit vendu à l'UE.

    En plus, en parallèle du pipe, une route transaharienne sera construite et de la fibre optique deployée. Ca deviendrait donc une sorte d'epine dorsale Africaine qui intégrerait des régions qui en ont besoin.

  2. 2

    Kad

    Le pb est que les US ne verront pas cela d'un tres bon oeil malheureusement.
    Pourtant si le projet est assorti de lourdes infrastructures comme routes et fibres optiques, ce pourrait etre un tres beau projet pour l'afrique (qui va en plus creer bcp d'emplois pour le realiser)

  3. 3

    Elisabeth

    La Russie risque de ne pas apprécier non plus, si cela reduit la dependance de l'UE face au gaz russe ...

    Des problèmes en perspective , et des batons dans les roues à prévoir ...

    Dommage, encore une fois ...

  4. 4

    Algerino

    Elisabeth, a priori le gouvernement nigerian aurait poussé Gazprom, qui compte se developper au Nigeria, a rentrer sur le projet du TSGP.
    Si je retrouve l article je vous envoie le lien.

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