L'un des deux hauts-fourneaux du site Arcelor Mittal de Florange, en Moselle, arrêté depuis décembre, devrait être largement "sous-exploité" en 2009.
S'il est déjà sûr qu'il ne sera pas redémarré au premier trimestre, il pourrait même être fermé toute l'année 2009. Reste encore une fois à déterminer si la crise n'a pas bon dos pour justifier de telles mesures ...
"Un des deux hauts-fourneaux déjà arrêté depuis fin novembre doit rester arrêté durant le premier semestre", a ainsi indiqué Xavier Le Coq, délégué CFE-CGC, à l'issue d'un comité d'entreprise extraordinaire. Ajoutant que ce dernier pourrait demeurer à l'arrêt toute l'année 2009.
Selon les informations communiquées à la suite par un porte-parole d'ArcelorMittal, si la poursuite de l'arrêt du haut-fourneau au deuxième trimestre s'avère être à l'étude, une telle mesure demeure néanmoins à confirmer. S'agissant du second semestre, l'entreprise ne disposerait d'aucune visibilité à l'heure actuelle.
D'après la CFDT, l'usine, qui en temps ordinaire produit 2,5 millions de tonnes d'acier pour l'industrie automobile et la construction, devrait tourner à 40% de ses capacités pendant toute l'année. Sur fond de ralentissement économique, le sidérurgiste avait annoncé en novembre dernier une diminution de 35% de l'ensemble de sa production au quatrième trimestre 2008.
En Europe, ces réductions "temporaires" – au départ - devaient atteindre par la suite un taux 50% sur les sites français et belges de production d'inox. Ces derniers venant s'ajouter à la liste d'une douzaine de sites européens spécialisés dans les aciers plats, à destination de l'industrie automobile notamment, dont la production devait être réduite de près d'un tiers.
Dans le cadre de ces mesures, Arcelor Mittal avait décidé d'arrêter deux hauts-fourneaux de l'usine de Florange. Si le premier a redémarré comme prévu début janvier, le second devait initialement être relancé mi-février. Selon les syndicats, une situation “catastrophique” du niveau des commandes justifierait la poursuite de l'arrêt.
Selon la CFDT, la direction d'Arcelor Mittal a parallèlement demandé à la direction du Travail de Moselle l'autorisation de mettre une partie des 3.800 salariés du site en chômage partiel pendant le premier semestre.
Mais dès novembre dernier, les responsables de la CSC et de la CFDT craignaient que les réductions de production annoncées ne servent de prétexte à des fermetures définitives, notamment de 18 hauts fourneaux en Europe. "Nous craignons que si la crise perdure trop longtemps, Mittal puisse en profiter pour ne pas rallumer des installations, avec des licenciements à la clef", avait alors indiqué Edouard Martin, délégué CFDT d'ArcelorMittal à Gandrange (Moselle).
Car le sidérurgiste pourrait s'inspirer des méthodes utilisées par Molex lequel licencierait plus de 300 personnes pour délocaliser son activité en Slovaquie, sur fonds de crise financière, bien entendu ....
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