Quoiqu'on en dise, en France on a du pétrole et des idées. Ces dernières peuvent s'avérer parfois fort pertinentes, voire même coulant de source pourraient dire certains. Jugez plutôt : le député PS de Haute-Garonne, Gérard Bapt, a demandé l'interdiction des licenciements des firmes lors de délocalisations à l'étranger, dans une lettre au président Nicolas Sarkozy.
Certes Monsieur Bapt oeuvre pour sa paroisse, dénonçant la fermeture de l'usine du groupe américain Molex à Villemur-sur-Tarn, laquelle impacte directement ses électeurs, mais la "proposition" est loin d'être dénuée de fondement et de logique sociale.
"Il me paraît indispensable d'imposer un moratoire interdisant les licenciements pour les entreprises qui réalisant des profits, veulent simplement optimiser les coûts en délocalisant", écrit le député dans une lettre adressée jeudi au chef de l'Etat et à la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
"Nous commençons à vivre dans le secteur automobile des situations dramatiques de mise en chômage partiel ou licenciements en rapport avec la crise du marché. Mais dans le cas du site de Villemur, il s'agit d'une multinationale qui profite de la crise pour délocaliser le site de production", affirme M. Bapt.
Pour rappel, le groupe Molex, employant 30.000 personnes à travers le monde, a annoncé son intention de fermer son site de connecteurs électriques pour automobiles de Villemur. La direction estime que le site de Villemur-sur-Tarn, fournisseur notamment de Peugeot et Renault, n’est plus compétitif avec la mondialisation. Sa production sera transférée vers l’usine slovaque de Kosice, dont les effectifs sont passés de 300 à 900 personnes entre 2004 et 2008.
Le maire de Villemur-sur-Tarn considère que depuis le rachat de l'entreprise par le groupe Molex, "le coup était prémédité. Molex est arrivé avec l'intention de nous piller et de mettre fin à l'activité". Une analyse que partage les élus du personnel. En rachetant le site, Molex a acquis les brevets et s'est ouvert les portes des grands constructeurs, sans investir localement mais en Slovaquie.
Selon les représentants des salariés, l'unité a dégagé un bénéfice de 1,2 million d'euros durant l'exercice clos en juillet 2008, pour un chiffre d'affaires de 41 millions.
"L'usine fait des bénéfices mais fabrique surtout des produits anciens", affirme Stéphane Kellar, directeur des ressources humaines de Molex Europe. "Que va-t-il se passer si elle ne réalise pas de nouveaux produits à des prix compétitifs ? Les constructeurs comme Peugeot réduisent les prix des pièces et nous subissons la hausse des coûts des matières premières” argumente-t-il.
Mais selon le député socialiste, la décision de fermer l'usine "pour développer celle située à Kosice en Slovaquie n'est absolument pas consécutive de la crise financière mondiale actuelle mais (relève) bel et bien d'une logique financière au service des actionnaires".
Le député-maire PS de Toulouse, Pierre Cohen, a également dénoncé dans un communiqué une "situation d'autant plus inacceptable que l'entreprise dégage des bénéfices et est à la pointe de la technologie dans la connectique automobile".
Sources : AFP, CCFA, Mediapart
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6 Commentaires
1
"député socialiste, la décision de fermer l'usine "pour développer celle située à Kosice en Slovaquie n'est absolument pas consécutive de la crise financière mondiale actuelle mais (relève) bel et bien d'une logique financière au service des actionnaires".
02 novembre 2008 à 19:59Et bien ce deputé socialiste est un fiefé coquin. En realité, ca obeit a une logique de logistique. La slovaquie premier producteur automobile d'europe est le siege des grosse unité de production de PSA (peugeot) , KIA, general motors, vosagen, etc. Il n'y a absolument rien d'anormal qu'il se raproche de leurs clients afin de mieux les fournirs. Mais rassurez vous, ce ne sont que des unité de production, la conception restera probablement encore en france. Et puis, entre nous, c'est pas un peu ridicule de parler de délocalisation au sein de l'europe?
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L'UE : 27 pays ...
La Russie est également vue comme appartenant au continent européen ...
02 novembre 2008 à 20:433
Nok,
Ta remarque est certes intéressante mais à force de délocaliser les entreprises à l'étranger pour des motifs économiques, que va t'il rester en France? Des chômeurs, quelques fonctionnaires et des hommes d'affaires...Qui pourra et avec quoi acheter les biens produits? Quel type d'emploi restera t'il? On ne peut pas tous être homme d'affaire, politique ou banquier. Les services à la personne en qui certains voient une réponse au problème de l'emploi peut être... Le souci est que pour ce dernier type d'emploi, qui pourra se les payer? Les retraités avec leur maigre retraite....
02 novembre 2008 à 21:18Allons, il faut se montrer raisonnable et comme l'ont fait les pays émergents, obliger chaque industriel qui veux vendre ses produits à en fabriquer une partie chez nous...
Un peu utopique, non...On a le droit de rêver!
4
"Qui pourra et avec quoi acheter les biens produits? " : tout à fait le pb
Certes, avant la crise , ils y avaient les crédits qui permettaient d'acheter sans que les salaires et les revenus ne suivent , mais ce n'est même plus le cas
Les salariés sont aussi des consommateurs, ne l'oublions pas
02 novembre 2008 à 22:415
Il nous faut en france une politique industriel (on n'en apas pas) et faire attention au dumping social que l'on fait dans les frontieres de l'europe.. Cela risque de monter les peuple les uns contre les autres surtout ajouté au contexte de crise!
03 novembre 2008 à 09:536
MOLEX VILLEMUR SUR TARN:
06 janvier 2009 à 17:20Cette usine ne doit pas fermer et des propositions doivent être faites à la direction:
-les salariés doivent proposer une réduction de 25% de leurs salaires, rattrapables dans le temps si la situation le permet.
-l'usine doit être exemptée provisoirement de taxe professionnnelle.
-les élus cumulards doivent sacrifier 25% de leurs indemnités au bénéfice des salariés.
Mieux vaut gagner moins provisoirement,conserver son travail que se retrouver au chomage et un jour ne plus rien gagner.
Du courage, sauvez votre entreprise.
Solidairement.
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