Acier : les USA revoient leur copie sur le Buy American

Buy20american Alors que le plan, appelé "Buy America" (achetez américain), récemment annoncé par les Etats-Unis s'avère fortement critiqué, notamment par l'Union Européenne et le Canada (principaux impactés ...) la Maison-Blanche a annoncé vendredi que l'administration Obama réexaminait actuellement cette disposition du plan de relance.

L'objet de la discorde : une mesure aux forts relents de protectionnisme réservant aux groupes sidérurgistes américains les achats d'acier financés par ce plan.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs a ainsi annoncé que l'administration était en train de réexaminer cette clause. Tout en ajoutant toutefois que cette « révision » ne préjugeait en rien de du résultat de ce réexamen.

Face à une crise sévère liée à une importante baisse de la demande automobile et au fort ralentissement de la construction de bâtiments , l'industrie sidérurgique américaine a appelé dès le début janvier Barack Obama à préparer un plan de grands travaux. L'objectif affiché : obtenir 1000 milliards de dollars sur deux ans en vue de relancer la demande en acier produit aux Etats-Unis.

Daniel DiMicco, P-DG du producteur d'acier Nucor, avait alors indiqué que son secteur demandait à la prochaine administration de "faire face au pire ralentissement économique de notre vie par un programme de relance". Comment ? en faisant notamment en sorte qu'une clause privilégiant les entreprises américaines soit incluses dans tous les contrats. (Buy America).

Ce qui fut chose faite ...

Le projet de plan de relance de 819 milliards de dollars adopté mercredi par la Chambre des représentants américaine comporte en effet désormais une clause en faveur de l'achat de produits américains, interdisant en grande partie l'achat de fer ou d'acier étranger pour les projets d'infrastructures financés par le plan de relance.

Il faut dire que les importations d’acier représentent 30% des volumes consommés aux USA, aux dépens bien évidemment des producteurs "locaux". Lesquels crient au loup en ces temps de "disette", estimant inconcevable dans cette conjoncture de crise, que les dépenses publiques envisagées pour relancer l’économie profitent en partie à des industries étrangères.

Pour rappel, depuis septembre, la production américaine d'acier a chuté de près de 50% et atteint son plus bas niveau depuis les années 1980. La production d'appareils électriques et de machines-outils a également contribué à diviser le prix de la tonne d'acier par deux depuis l'été 2008.

Néanmoins, Union et Européenne comptent bien ne pas se laisser faire. Les représentants des pays membres ont ainsi laissé entendre qu'ils pourraient contester le plan en tant qu’entrave aux règlements de commerce international.

Jeudi, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a indiqué pour sa part qu’il s’attendait à ce que les États-Unis respectent leurs obligations internationales, qualifiant le dossier d''affaire sérieuse ».

Samedi, lors de l'avant-dernière journée du 39e Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a enfoncé le clou. Selon lui, si un gouvernement peut certes être attiré par le protectionnisme à court terme, parce que cette approche donne l'impression aux salariés qui ont perdu leur emploi que l'on partage leurs préoccupations, cela peut toutefois avoir de sérieuses conséquences. « Nous devons éviter les erreurs qui ont été commises dans les années 30, lorsque les pays ont choisi la voie du protectionnisme, ce qui a entraîné une très longue récession. Nous voulons mettre l'accent sur le libre marché » a-t-il ainsi affirmé.

Tout n'est donc pas rose pour Obama, la Chambre de commerce des États-Unis ayant déjà affirmé pour sa part qu’elle s’opposait au plan.

Source : ats, Les Echos, Reuters, DeDefensa.org, CEP Newswires, RTL, Radio Canada

 

1 Commentaire

  1. 1

    hafrit

    yes we can , the ruthless obama

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée