Les pays membres de l'Opep semblent vouloir user de toutes les stratégies pour faire monter le cours du brut – désespérément bas, à leurs yeux. Si une réduction des quotas de production pourrait être envisagé mi-décembre lors d'une réunion du cartel prévue en Algérie, il n'en demeure pas moins que les producteurs ne seront pas assurés pour autant d'y gagner au change, les marchés pouvant ne pas réagir autant qu'espéré à une baisse de l'offre.
Ce faisant, le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil - également président de l'Opep - a estimé nécessaire mardi à Alger de réduire de quatre jours le niveau des stocks mondiaux de brut afin de stabiliser les prix sur le marché. Ce qui aurait notamment le mérite d'avoir un impact “modeste” sur la valeur des quotas attribués aux différents pays membres du cartel.
Selon M. Khelil, le niveau des stocks mondiaux estimé à 56 jours de consommation devrait baisser à 52 jours, sa moyenne durant les cinq dernières années. Selon lui, la réduction du niveau des stocks de quatre jours ne peut se faire que progressivement. "En trois mois c'est impossible, en six mois peut être oui", a-t-il ainsi affirmé. M. Khelil a cependant refusé d'avancer une estimation de réduction mais a précisé que la stabilité des prix exige le retrait de l'excèdent des stocks mondiaux de pétrole.
Le Président en exercice de l'Opep a par ailleurs rappelé que la prochaine réunion du cartel organisée à Oran devrait prendre en compte la baisse de la demande mondiale de brut et les prévisions de croissance des grands pays consommateurs notamment les Etats-Unis et la Chine.
Selon M. Khelil, la demande mondiale de pétrole devrait baisser de 200.000 barils par jour le premier trimestre 2009 par rapport au dernier trimestre 2008, cette baisse devant se maintenir pour atteindre 1,5 million barils le deuxième trimestre. La demande ne devrait reprendre qu'au 3e et 4e trimestre 2009, selon le ministre algérien.
Le président de l'Opep a indiqué que "les pays membres du cartel ont appliqué à 85% les engagements de la dernière baisse de 1,5 million de barils par jour" décidée le 24 octobre à Vienne, espérant qu'"elle sera totalement appliquée d'ici au 17 décembre".
Une application partielle de cette réduction donnerait un mauvais signe au marché qui ne réagit qu'aux baisses réelles, a-t-il affirmé, pointant ainsi du doigt à demi-mot les pays membres qui pourraient avoir recours à de telles pratiques.
Source : AFP, elmoudjahid.com

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