Vers une récession dans tous les secteurs de l'industrie française en 2009

Recession

Tous les secteurs de l'industrie française devraient être en récession en 2009. Ce n'est pas moi qui le dit ... mais un très sérieuse étude de l'assureur-crédit Euler Hermès publiée mercredi.

Selon lui, rien ne pourrait y rémédier à l'heure actuelle, pas même le plan de relance du gouvernement.

Principal secteur affecté : le secteur automobile, ce dernier pouvant même devoir faire face à une chute de production de 21%, selon l'analyse.

Euler Hermès prévoit dès le dernier trimestre 2008,un recul du PIB de la France de 0,7%. Le Premier ministre français François Fillon avait pour sa part précisé récemment que le déficit se creuserait à 3,9 % du PIB en 2009 avant de revenir à 2,9% en 2010.

Principaux facteurs conduisant à une telle situation, selon l'étude : l"effondrement des exportations" lié à la contraction de la demande des principaux partenaires commerciaux de la France, une "chute de la production industrielle", une "stagnation de la consommation des ménages" et une baisse de l'activité dans la construction. Ouf, rien que cela ...

L'année 2009 s'annonce guère meilleure, bien au contraire, l'assureur-crédit prévoyant la poursuite de cette situation pour tous les secteurs industriels.

Pire, selon Euler Hermès, l'année prochaine devrait se solder par une économie en nette récession en France, avec un recul du PIB de 0,5%, dans la moyenne des pays de l'OCDE.

Le secteur automobile pourrait être le secteur le plus touché, compte-tenu de la « chute des exportations françaises » et "l'accélération des délocalisations", la baisse de la consommation des ménages français ne pesant pas tant que cela dans la balance.

Selon Euler Hermès, la "prime à la casse"devrait permettre d'amortir la crise en permettant la production de 150 à 200.000 véhicules supplémentaires en France en 2009.

Grâce à cette mesure, la vente de voitures dans l'Hexagone accuserait « seulement » une baisse de seulement 9% l'an prochain, alors qu'elle aurait atteint 15% sans la "prime à la casse".

Recession_cardsEt puis si, c'est bien connu quand le bâtiment va, tout va ... au contraire quand rien ne va ou presque, le BTP trinque ..

Le secteur pourrait être la deuxième victime de la crise fianncière, l'étude anticipant ainsi une contraction de -5% sur l'ensemble de l'année.

La progression de l'activité serait "proche de zéro" dans le commerce et deux fois moindre en 2009 pour les services par rapport à 2008.

Selon Euler Hermès, le plan de relance annoncé début décembre par Nicolas Sarkozy ciblerait avant tout l'investissement productif des entreprises, permettant de restreindre la baisse à 3,4% l'an prochain.

Alors que plusieurs voix s'étaient déjà élévés dans ce sens, l'assureur-crédit estime à son tour qu'au final, le plan – bien que portant initialement sur 26 milliards d'euros - ne comprend que 8 milliards de "mesures nouvelles et immédiates". Une dizaine de milliards supplémentaires auraient été "anticipés sur ce qui était déjà prévu sur 2010 ou 2011.

En une formule quasi-kabalistique, Nicolas Sarkozy a fait valoir pour sa part qu'il ne s'agissait "pas de dépenser plus dans la durée, mais de dépenser plus vite ce qui aurait dû être étalé sur de nombreuses années, ce qui signifie que ces dépenses ne pèseront pas sur les déficits après 2010".

Rappelons que les mesures mises en avant le Chef de l'Etat pourraient se faire au prix d'une envolée du déficit public à près de 4% du produit intérieur brut l'an prochain. Soit un montant bien au-delà de la limite de 3% autorisée par Bruxelles, laquelle avait d'ores et déjà tancé Paris sur ce sujet.

Le déficit budgétaire sera "de l'ordre de 3,9%" du PIB en 2009 mais sera ramené à 1% en 2012 avait quant à lui déclaré le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant dans une interview à deux radios chrétiennes et à La Croix.

"Les dépenses seront concentrées sur 2009 et ne seront plus à faire dans les années qui viennent » avait-il lui aussi argumenté, reprenant la même « démonstration » pour le moins « rapide » et très peu rationnelle de Nicolas Sarkozy.

Pour rappel, le plan gouvernemental prévoit notamment de rembourser dès l'an prochain deux années de TVA aux collectivités locales ou d'accélérer le remboursement de 11,5 milliards d'euros dus par l'Etat aux entreprises.

Pour l'économiste Thomas Piketty, parler d'un effort financier supplémentaire de l'Etat pour relancer l'économie relèverait ainsi de la "manipulation comptable" car "l'essentiel des 26 milliards de dépenses annoncés étaient déjà prévus".

Même discours du côté de François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem). Il estime lui aussi que « comme réel plan d'investissement, il y a en tout et pour tout 4 milliards » , aouligant que « pour un pays qui fait 1.900 milliards de production annuelle, c'est 0,25% du PIB ».

Reprenant les mêmes arguments que Thomas Piketty, François Bayrou souligne également que les autres financements sont des versements anticipés aux entreprises de factures ou des remboursements de TVA, pour une somme annoncée de 11 milliards d'euros.

Pour lui, la part de dépenses nouvelles ne dépasse pas "2,3,voire 4 milliards" d'euros, avec notamment la prime à la casse de 1000 euros ou le doublement du prêt à taux zéro.

Autres chiffres sombres dans cet avenir peu réjouissant, si l'on en croit l'étude, le pouvoir d'achat des ménages stagnerait en 2009 (après une très légère progression de 1% cette année). Principaux accusés : des destructions d'emplois pour ne pas dire licenciements ou suppressions de postes (180.000 prévues au total) et une faible évolution des salaires.

Source : AWP, AFP, La Croix

 

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