La relance annoncée par Nicolas Sarkozy n'est peut-être pas celle que l'on croit. A défaut de croissance, il pourrait s'agir d'une nouvelle lancée ... du déficit public. Lequel n'avait d'ores et déjà pas besoin de “cela” pour s'envoler vers de nouveaux sommets.
De là à ce qu'encore un fois, la crise ait bon dos et que le gouvernement tente de justifier ses “dérapages” financiers – notamment devant ses partenaires européens – par le dit plan de relance, il n'y a peut-être qu'un pas ....
Le plan de relance de 26 milliards d'euros annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy va se faire au prix d'une envolée du déficit public à près de 4% du produit intérieur brut l'an prochain. Soit un montant bien au-delà de la limite de 3% autorisée par Bruxelles, laquelle avait d'ores et déjà tancé Paris sur ce sujet.
Pour la seule année 2009, le coût de ce plan pour les finances publiques sera de 15,5 milliards d'euros. Le gouvernement ne sera donc pas en mesure de contenir le déficit à 3,1% du PIB comme il le prévoyait jusqu'à présent. Mais attention de ne pas faire “peser” la faute sur le plan de relance. Même avant son adoption, les caisses étaient déjà vides. Ce n'est pas moins qui le dit, c'est Nicolas Sarkozy lui-même, je n'ai rien inventé.
Selon le Chef de l'Etat, tout attentisme se verrait être plus coûteux à terme. “Nos finances publiques s'en trouveraient ruinées par l'effondrement des recettes fiscales et l'explosion des dépenses induites par la montée rapide du chômage", a ainsi expliqué le président de la République, pour tenter d'expliquer aux citoyens français, que l'Etat qui était d'ores et déjà au bord du gouffre fasse un grand pas en avant.
Le Premier ministre français François Fillon a précisé quant à lui que le déficit se creuserait à 3,9 % du PIB en 2009 avant de revenir à 2,9% en 2010.
Endossant son nouvel habit de Merlin L'Enchanteur, Nicolas Sarkozy a également fait valoir jeudi qu'il ne s'agissait "pas de dépenser plus dans la durée, mais de dépenser plus vite ce qui aurait dû être étalé sur de nombreuses années, ce qui signifie que ces dépenses ne pèseront pas sur les déficits après 2010".
Reste que trésorerie et charges de la remboursement de la dette s'en trouvent extrêmement changées ...
Le déficit budgétaire sera "de l'ordre de 3,9%" du PIB en 2009 mais sera ramené à 1% en 2012 a quant à lui déclaré jeudi le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant dans une interview à deux radios chrétiennes et à La Croix.
"Les dépenses seront concentrées sur 2009 et ne seront plus à faire dans les années qui viennent » a-t-il lui aussi argumenté, reprenant la même argumentation pour le moins « rapide » et très peu rationnelle de Nicolas Sarkozy.
Selon lui, dès 2010, "nous reviendrons autour de 3% de déficit et nous pourrons, en 2012, rejoindre l'objectif récemment présenté au Parlement, à savoir 1% de déficit. Nous serons alors en voie de parvenir à l'équilibre des finances publiques, qui reste évidemment un objectif". Quelqu'un en doutait ?
Le plan gouvernemental prévoit notamment de rembourser dès l'an prochain deux années de TVA aux collectivités locales ou d'accélérer le remboursement de 11,5 milliards d'euros dus par l'Etat aux entreprises.
Pour l'économiste Thomas Piketty, parler d'un effort financier supplémentaire de l'Etat pour relancer l'économie relève de la "manipulation comptable" car "l'essentiel des 26 milliards de dépenses annoncés étaient déjà prévus".
Pour lui, la part de dépenses nouvelles ne dépasse pas "2,3,voire 4 milliards" d'euros, avec notamment la prime à la casse de 1000 euros ou le doublement du prêt à taux zéro.
Selon l'expert, le gouvernement pourrait en profiter pour justifier le montant du déficit déjà fort désastreux avant cette annonce.
Même discours du côté de François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem). Ce dernier a jugé vendredi que le plan de relance de 26 milliards présenté par le Président français serait insuffisant pour éviter la crise économique.
Il estime lui aussi que « comme réel plan d'investissement, il y a en tout et pour tout 4 milliards » , aouligant que « pour un pays qui fait 1.900 milliards de production annuelle, c'est 0,25% du PIB ». De conclure alors « c'est pas avec 0,25% qu'on va changer les choses".
Reprenant les mêmes arguments que Thomas Piketty, François Bayrou souligne également que les autres financements sont des versements anticipés aux entreprises de factures ou des remboursements de TVA, pour une somme annoncée de 11 milliards d'euros.
Le Président du Modem a par ailleurs jugé "justifiées" les inquiétudes sur le dérapage du déficit public de la France. "J'ai l'absolue certitude que le déficit sera supérieur à 4%, et peut être entre 4 et 5%" du PIB, a-t-il affirmé.
Source : AWP, AFP, La Croix

3 Commentaires
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Excellent billet, bravo. "que l'Etat qui était d'ores et déjà au bord du gouffre fasse un grand pas en avant" - aussi usée que soit l'image, elle est particulièrement juste pour décrire le comportement de nos gouvernants dans cette crise.
La première urgence serait de faire marche arrière (à commencer par le paquet fiscal). De stabiliser les mécanismes économiques (comme cela a été fait dans les autres pays d'Europe en prenant des participations d'Etat dans les banques). Au lieu de déstabiliser un Etat déjà bien mal en point.
07 décembre 2008 à 05:502
Woerth: le déficit budgétaire atteindra 79,3 milliards d'euros en 2009, soit 3,9% du PIB
17 décembre 2008 à 22:18http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?&news=6200087
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La plupart des dépenses annoncées ne sont qu'une avance sur des dépenses déjà prévues...ça ne coûte donc que les intérêts...
17 décembre 2008 à 22:58De plus, se focaliser sur la dette publique, c'est stupide : c'est oublier que ce peut aussi être les ménages qui sont endettés. Les ménages français sont les moins endettés d'Europe (cf proposition de campagne de Sarko qui voulait ramener des ^prêts hypotécaires en France).
Autrement dit, les Etats servant de modèles parce qu'ils ont une dette publique faible, sont en fait aussi endettés que la France si l'on tient compte de l'endettement de leurs citoyens. (cf USA, Angleterre)
Billet flirtant avec une idéologie de bas étage, ainsi qu'un manque de réelle réflexion...quand c'est trop simple, il faut se méfier, la réalité est plus compliquée que ça...(mais bon étant donné que vous passez votre temps à travestir celle si à coup de graphiques erronnés...,pour vous le mot réalité ne doit pas avoir une acception très riche.
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