Opep du gaz : Poutine se veut rassurant

Gasputin_pipepieuvre Poutine se veut rassurant, c'est vous dire les enjeux inhérents au dossier ...

Le désormais Premier ministre russe a qualifié mardi de "sans fondement" les "craintes" de certains pays concernant l'éventuelle création d'un cartel du gaz sur le modèle de l'Opep.

Mais il n'y a pas de fumée sans feu ... Dimanche, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov avait déclaré que la "troïka" du gaz créée récemment par la Russie, l'Iran et le Qatar devait contribuer à stabiliser le marché et les cours mondiaux du gaz. Le “fameux trio” pouvant constituer l'ébauche d'un cartel gazier ...

"Nous savons que certains pays consommateurs des ressources énergétiques ont des craintes et même des peurs (concernant l'Opep du gaz), mais il n'y a aucun fondement pour ces peurs", a déclaré M. Poutine, à l'issue d'une rencontre à Moscou avec le Premier ministre égyptien Ahmed Nazif.

"Nous ne créons aucun cartel, ni ne signons un accord de cartel : personne d'entre nous ne va renoncer à une partie de sa souveraineté lors de la prise des décisions", a affirmé le chef du gouvernement russe. Pourtant, les pays producteurs des ressources énergétiques "doivent coordonner leurs actions, échanger d'information et faire tout pour garantir un ravitaillement ininterrompu en hydrocarbures des marchés mondiaux", a-t-il souligné.

Alors que le projet d'une Opep du gaz refait surface, la Russie, l'Iran et le Qatar ont annoncé fin octobre la création d'une structure ayant pour objectif de dynamiser l'assemblée des exportateurs de gaz, sans la transformer pour autant en cartel sur le modèle de l'Opep. Nous dit-on.

"Nous voulons stabiliser le marché, atteindre un niveau de prix optimal qui soit acceptable à la fois pour les producteurs et consommateurs" avait quant à lui précisé préalablement dimanche Sergueï Lavrov. Le ministre russe s'est dit persuadé que la "troïka" formée par ces trois gros producteurs de gaz aurait un "effet d'assainissement sur les marchés du gaz dans le monde".

Pour rappel, la Russie, l'Iran et le Qatar sont les trois premiers détenteurs de gaz avec environ 60% des réserves mondiales. Si la Russie est le premier fournisseur de gaz naturel, le Qatar vise la première place pour l'exportation de gaz naturel liquéfié. L'Iran en revanche est un importateur net de cet hydrocarbure, faute d'investissements et d'une forte croissance de la consommation interne.

Les pays exportateurs de gaz disposent pour l'instant d'une structure informelle de dialogue, le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), qui regroupe une quinzaine de pays riches en gaz naturel, dont l'Iran, la Russie, le Qatar, le Venezuela et l'Algérie.

En juillet dernier, le président vénézuélien Hugo Chavez, en visite à Moscou avait déclaré que Moscou et Caracas devaient devenir des alliés stratégiques dans la sphère militaire et pétrolière.

Recevant son homologue vénézuélien Hugo Chavez, le président russe Dmitri Medvedev, avait alors déclaré que la question d'un cartel du gaz sur le modèle de l'Opep restait d'actualité. "Dans le domaine du gaz, il n'existe pas d'organisation analogue à l'Opep. Il existe différentes propositions pour discuter de la création d'une telle organisation", avait-il alors affirmé.

"Les décisions n'ont pas été prises mais il serait inexact de considérer que cette question est close", avait-t-il ajouté, déclenchant des applaudissements dans la délégation vénézuélienne.

"Les prix ne dépendent pas de la position d'un ou plusieurs Etats (...) Ils doivent être justes mais cela ne signifie pas qu'il peut y avoir des accords sur les prix qui seraient imposés aux pays tiers", a déclaré M. Medvedev.

Fabuleuse aubaine tout de même que « tout ceci » pour la Russie d'engranger d'importants bénéfices dans la vente d'armements.

Le Vénézuela a quant à lui tout à y gagner d'inquiéter européens et américains, histoire – notamment – de faire remonter le cours du pétrole qui a de fâcheuses tendances baissières actuellement, incitant même Chavez à laisser sous-entendre qu'il pourrait envisager une baisse de production de son pays, lors de la prochaine réunion de l'Opep.

Quant à l'Iran, le renforcement de sa position pourrait lui permettre d'amadouer les Occidentaux par rapport à son dossier nucléaire ... s'il en était besoin ...

Sources : Afp, Ria Novosti

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