L'élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis a notamment pour conséquence de relancer l'épineux dossier du nucléaire iranien.
USA et Israël réaffirment leur position ... tandis qu'en Iran même, Ahmedinejad a fort à faire, les élections présidentielles iraniennes approchant à grands pas.
Le président élu des Etats-Unis Barack Obama a déclaré vendredi que l'Iran devait "cesser" de soutenir des organisations terroristes, ajoutant que la fabrication d'armes nucléaires par Téhéran était "inacceptable".
L'attitude d'Israël envers le problème nucléaire iranien reste invariable, et l'Etat hébreu n'écarte aucune option pour le régler, a déclaré pour sa part vendredi le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, lors d'un entretien à Jérusalem avec la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.
"Je pense que la fabrication par l'Iran d'armes nucléaires est inacceptable. Nous devons organiser un effort international pour empêcher que cela puisse se produire", a dit M. Obama lors de sa première conférence de presse depuis son élection mardi. "L'Iran soutient des organisations terroristes. Je pense que c'est quelque chose qui doit cesser", a-t-il ajouté.
M. Obama a également confirmé qu'il avait reçu une lettre du président iranien Mahmoud Ahmadinejad après sa victoire. "Je vais étudier la lettre du président Ahmadinejad et je vais y répondre de façon appropriée", a-t-il assuré.
"Nous sommes convaincus que l'Iran continue d'agir pour obtenir l'arme nucléaire et continue à tromper le monde en menant des négociations sur le contrôle de cet armement", a indiqué pour sa part le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, cité sur le site Internet du journal israélien Haaretz.
Jeudi, la chef du parti Kadima (centre) et ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a mis en garde le nouveau président élu des Etats-Unis, Barack Obama, contre toute tentative de s'engager dans un dialogue direct avec l'Iran, car un dialogue à ce stade pourrait être interprété comme une marque de faiblesse.
John Bolton, ancien sous-secrétaire d'Etat américain et chercheur à l'American Enterprise Institute, estime pour sa part que les Etats-Unis pourraient tenter de modifier le régime politique en Iran afin de régler le problème nucléaire iranien. Cette stratégie leur permettrait notamment de "s'affranchir" de la position officielle de Moscou sur le dossier.
Répondant à la question savoir si Washington était à même de régler le problème nucléaire (et pétrolier ?) iranien sans faire appel à la Russie, l'ancien diplomate a répondu par l'affirmative, ajoutant que les Etats-Unis pouvaient "lancer des démarches axées sur le changement du régime en Iran" . "Il se peut que nous utilisions même la force armée pour y parvenir", a-t-il affirmé vendredi sur les ondes de la radio Echo de Moscou.
M. Bolton a par ailleurs qualifié d'erronée la position actuelle du département d'Etat américain sur ce problème. "Je ne pense pas que l'Iran renonce à son programme nucléaire de bonne grâce. Il est également peu probable que ce conflit puisse être réglé par voie diplomatique. J'estime que les démarches diplomatiques ne sont pas de nature à infléchir la position de Téhéran", a-t-il souligné.
En Iran, l'horizon est loin d'être au beau fixe pour Ahmadinejad. Rappelons que le Conseil des gardiens et le ministère de l'Intérieur ont fixé au 12 juin 2009 la date de la prochaine élection présidentielle en Iran .... la chose a évidemment son importance ...
Quelque 60 économistes iraniens ont en effet de nouveau adressé une lettre ouverte au président iranien pour dénoncer le "lourd tribut payé par le pays du fait des conséquences négatives de la politique du gouvernement", a rapporté samedi l'agence semi-officielle Irna.
"Par le passé, les économistes ont présenté leur analyse et leurs critiques, (...) notamment la manière de dépenser les revenus pétroliers, mais les responsables gouvernementaux les ont ignorées", écrivent ainsi les économistes des grandes universités de Téhéran et de province.
Des économistes ont déjà écrit plusieurs lettres ouvertes au président pour le mettre en garde contre les conséquences négatives de sa politique économique et, en particulier, "l'injection inconsidérée des revenus pétroliers dans l'économie".
Les économistes affirment que le "regard du gouvernement sur les questions internationales et intérieures est non scientifique". Ils dénoncent pêle-mêle "l'idéalisme extrémiste", "la précipitation dans l'action" ou encore "l'absence d'évaluation du coût des programmes économiques".
Ils dénoncent aussi durement "la politique commerciale erronée et la politique de tension avec le reste du monde qui a privé l'Iran des opportunités de commerce et d'investissements étrangers, imposant de lourds coûts à l'économie du pays".
Selon la lettre, "les sanctions imposées par les Nations unies" sur le programme nucléaire controversé a entraîné plusieurs milliards de dollars de coûts supplémentaires pour le commerce extérieur.
Les signataires de la lettre accusent le gouvernement d'avoir dilapidé les revenus pétroliers. Ils lui reprochent aussi de recourir aux importations massives pour tenter de contrôler l'inflation, qui a atteint les 30% au cours des 12 derniers mois.
Les signataires de la lettre mettent en garde contre les conséquences de la crise économique mondiale et la baisse des revenus pétroliers qui "imposera des coûts très lourds au pays". Il y a quelques jours, le vice-président de la banque centrale, Ramin Pachaifam, a averti que si le prix du baril se maintenait à moins de 60 dollars, l'Iran ferait face à de "gros problèmes" économiques.
Sources : AFP, France24, Ria Novosti

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