L'angoisse perlerait-elle au front des dirigeants des pays exportateurs de pétrole ... Qui sait ... La manne pétrolière, bien au delà de leur procurer des subsides plus que conséquentes, assoit leur pouvoir, ne l'oublions pas.
Alors que le cours du pétrole a désormais franchi le seuil de 70 dollars – à la baisse, bien entendu – l'urgence semble de mise parmi les membres de l'Opep. L'état actuel du marché pétrolier et l'impact de la crise financière mondiale nécessiteraient une réunion extra-ordinaire, et la situation serait tellement préoccupante que la réunion extra-ordinaire doit désormais se tenir dans les meilleurs délais, si l'on en croit le discours officiel.
Le cartel a ainsi indiqué jeudi que sa réunion extraordinaire aurait lieu le 24 octobre à Vienne, au lieu du 18 novembre comme prévu initialement.
"Après consultation avec le président de l'Opep et ses collègues ministres, le secrétaire général de l'Opep Abdalla Salem El-Badri a décidé de tenir la réunion extraordinaire de l'Opep à une nouvelle date. Elle aura lieu le vendredi 24 octobre plutôt que le 18 novembre 2008", a indiqué l'Opep dans un communiqué.
Rappelons qu'une réunion extraordinaire du cartel est également prévue le 17 décembre à Oran.
A l'issue de sa réunion de décembre prochain, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ne devrait réduire sa production que si le prix moyen du baril de pétrole passait sous le seuil de 80 dollars. C'est en tout cas l'annonce qui avait été faite début octobre. Or depuis, la frontière fatidique a été franchie.
Le président de la compagnie pétrolière libyenne, Choukri Ghanem, qui a rang de ministre, s'était dit alors "très inquiet de la baisse des prix du brut", avertissant que si les prix restaient à ces niveaux, son pays envisagerait de réduire sa production.
"Nous appelons les autres membres de l'Opep, comme les producteurs hors Opep, à réduire leur production pour sauvegarder leurs intérêts", avait ajouté Choukri Ghanem, laissant entendre que les prix ne permettraient bientôt plus de couvrir les coûts de production, qui ont "beaucoup augmenté".
Dans ce contexte, l'Iran, un des pays membres de l'Opep, avait estimé que les pays producteurs fournissaient trop de pétrole au marché et qu'à 100 dollars, le prix du baril était trop faible.
Nombre d'analystes pétroliers jugent pour leur part qu'à moins de 80 dollars le baril le rendement des sites d'extraction pétrolière n'est plus totalement assuré. Les compagnies pétrolières doivent en effet forer toujours plus profond, dans des conditions de plus en plus difficiles.
Le patron de Total, Christophe de Margerie, soutient quant à lui qu'un baril de pétrole à 80 dollars est le prix plancher qui permet d'assurer un "retour raisonnable" sur investissements des projets pétroliers.
Source : AFP, JDD, Reuters

1 Commentaire
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Cette information est doublement intéressante. Elle nous apprend d’une part, que le coût moyen de la production pétrolière s’est nettement élevé au cours des dernières années écoulées (du fait qu’il faut forer toujours plus profond, dans des conditions de plus en plus difficiles) et, d’autre part, que les bénéfices élevés résultant d’une grande différence entre le prix de vente et le coût de production ayant prévalu jusqu’en juin dernier se sont à présent fortement estompés, réduisant le pouvoir d’achat des populations des pays qui en ont bénéficié ainsi que les capacités d’investissement des sociétés exploitantes.
17 octobre 2008 à 13:55Sur la base de ces informations, il paraît assez vraisemblable que les pays producteurs seront incités, si nécessaire, à réduire leur production de manière à maintenir les prix au dessus de $80 par baril mais en essayant toutefois de ne pas trop aggraver la récession qui s’annonce et paraît inévitable. La production de pétrole pourrait alors stagner pendant quelque temps (sur un plateau stationnaire) sous l’effet d’un nouvel équilibre temporaire entre l’offre et la demande, susceptible d’être perturbé par des événements imprévisibles résultant de la récession. A suivre …
André sautou
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