On reprend les mêmes et on continue ... alors que le pétrole pourrait venir à manquer et que de telles craintes peuvent constituer un des facteurs alimentant la flambée du pétrole, difficile de "bouder" l'Iran et ses importantes réserves de brut, même si cela ne s'avère pas toujours politiquement correct.
Téhéran négocie actuellement avec le groupe pétrolier espagnol Repsol YPF et l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell pour leur maintien dans le gisement de gaz off-shore de South Pars, dans le Golfe, vient en effet de déclarer le ministre iranien du Pétrole. Ce dernier a également indiqué que l'Iran entendait faire de même avec le groupe pétrolier Total.
A la mi-mai, une porte-parole de Shell avait déclaré que la compagnie pétrolière se retirait de la Phase 13 du gisement gazier South Pars mais pourrait encore se joindre à des étapes ultérieures de développement du gisement.
"Les blocs 15 et 16 ou 20 et 21 (de South Pars) font actuellement l'objet de négociations avec Shell et Repsol", a déclaré Gholamhossein Nozari, selon Hamshahri. Les blocs 13 et 14 avaient été auparavant attribués à ces deux compagnies, mais l'Iran examinerait actuellement l'attribution d'autres blocs à ces sociétés.
Pour mémoire, Shell, la compagnie espagnole Repsol et la compagnie nationale pétrolière iranienne NIOC ont signé en janvier 2002 un accord de principe sur le développement de la Phase 13 dans le cadre du projet Persian LNG (GPL perse). A l'époque, Shell avait annoncé que les livraisons de gaz de pétrole liquéfié pourraient débuter en 2007.
Cependant, des sanctions prises par l'ONU à l'encontre de l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé ont ralenti le processus. Des critiques d'hommes politiques et investisseurs américains ont également freiné l'accord. De son côté, l'Iran s'est impatienté menaçant Shell de l'exclure du projet si elle ne s'y engageait pas concrètement.
Mi-mai, une responsable de Repsol avait indiqué que les deux compagnies voulaient échanger leur participation au développement du bloc 13 contre celui d'autres blocs pour des raisons liées à "l'augmentation des coûts de développement".
M. Nozari a affirmé par ailleurs que l'Iran poursuivait « des négociations similaires avec Total", sans toutefois donner plus de précisions. Le pétrolier français est engagé depuis des années dans des négociations sur l'exploitation du bloc 11 de South Pars. Des responsables iraniens avaient affirmé que Total devait prendre une décision d'ici juin sous peine de voir d'autres compagnies prendre sa place. Ils étaient ensuite revenus sur cet ultimatum.
Pour rappel, South Pars, considéré comme le plus grand gisement de gaz au monde, est partagé entre l'Iran et le Qatar, mais l'exploitation côté iranien est très en retard par rapport à celle menée par l'émirat.
Les grandes sociétés pétrolières occidentales mettent en avant la hausse des coûts d'investissement pour justifier le retard pris dans leurs projets iraniens. Mais ces délais pourraient être liés à leurs réticences à s'engager dans un pays soumis à des sanctions internationales croissantes à cause de son programme nucléaire.
Mais la stratégie des opérateurs pourrait s'orienter vers de nouvelles possibilités contractuelles : obtenir de nouvelles phases dont la date de démarrage serait postérieure à celles qui leur étaient attribuées initialement.

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