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Morin : arbitrage de "l'essentiel" des fermetures des casernes
Les militaires vont-ils bientôt savoir à quelle sauce ils vont être mangés ?
Alors que nombre d'entre eux attendent de faire leurs valises et leurs cartons, sans savoir quelle sera leur prochaine affectation, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a indiqué dimanche sur BFM-TV qu'il avait déjà rendu "l'essentiel" des arbitrages sur les restructurations militaires et fermetures de casernes.
Les élus locaux croisent quant à eux les doigts, sans toutefois croiser les bras ...
"Les arbitrages sont pour ma part rendus pour l'essentiel ” a ainsi déclaré Hervé Morin, ajoutant qu'il terminait actuellement la consultation des élus. “ Je présenterai mes propositions au président de la République, qui tranchera" pour le 3 juillet, a-t-il par ailleurs annoncé.
Nicolas Sarkozy a confirmé mardi que le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale prévoyait la suppression de 54.000 postes sur six ou sept ans. Une réduction des effectifs des armées qui s'accompagnera de fermetures et de transferts de bases et de casernes.
Au total, selon François Cornut-Gentille - député UMP de la Marne chargé, avec le socialiste Bernard Cazeneuve, de la mission de contrôle de la refonte de la carte militaire à l'Assemblée - une centaine d'implantations seraient concernées. Mardi soir, le ministre de la Défense a évoqué quant à lui "20 ou 30 sites majeurs" affectés.
Hervé Morin a par ailleurs écrit aux grands patrons français pour leur proposer de s'implanter sur les sites militaires qui seront prochainement libérés, indiquant même avoir "écrit à toutes les entreprises cotées en bourse".
"Certaines de ces emprises militaires telles que les casernements, les ateliers, les économats, les bases aériennes avec ou sans plate-forme aéroportuaire..., pourraient accueillir une société comme la vôtre pour les investissements que vous envisagez", a-t-il mentionné dans sa missive. Cette installation, fait-il également valoir, pourrait "bénéficier du soutien de l'Etat dans le cadre de sa politique d'aménagement du territoire".
En destinataires du courrier, bon nombre d'entreprises du CAC 40 (AXA, Carrefour, Lafarge, Michelin, PSA, Renault, Sanofi-Aventis, Saint-Gobain, Suez, Total et Veolia environnement) ainsi qu'Auchan, Danone, Gaz de France, Panhard ou encore Thales. Des entreprises de transport seront également sollicitées.
"J'ai au moins entre 30 et 40 entreprises intéressées par des investissements dans ces sites" a-t-il précisé dimanche.
Six mois après la réforme Dati et le redécoupage de la carte judiciaire qui s'était conclu par la fermeture de plusieurs tribunaux, les élus de la majorité craignent de revivre la même mésaventure avec les casernes de leur circonscription. Ainsi, une dizaine de parlementaires UMP, dont les anciens ministres Gérard Longuet et Christian Jacob, sont montés au front, demandant à l'État de ne pas "déserter" et exigeant "des compensations" en matière d'aménagement du territoire. Député UMP de la Meuse et coordonnateur de cette fronde, Bertrand Pancher considère que la fermeture des casernes pourrait avoir des conséquences économiques désastreuses dans certaines zones rurales.
Au total, Bertrand Pancher et François Cornut-Gentille recensent une dizaine de cas "problématiques" et trois à cinq cas "critiques". Ces points sensibles concerneraient notamment Bitche (Moselle), Bourg-Saint-Maurice (Savoie), Cambrai (Nord), Charleville-Mézières (Ardennes), Châteauroux (Indre), Colmar (Haut-Rhin), Commercy (Meuse), Dieuze (Moselle), Dijon (Côte-d'Or), Lunéville (Meurthe-et-Moselle), Luxeuil (Haute-Saône), Nantes (Loire-Atlantique), Reims (Marne) et Sourdun (Seine-et-Marne).
Selon un document interne de l'état-major de l'armée de terre révélé par «Libération», et qualifié de «document de travail» par le ministre de la Défense, quelque trente garnisons pourraient fermer d’ici à 2012, et plus d’une dizaine de régiments seraient dissous.
Le document, daté du 4 février 2008, concerne des «opérations domaniales et infrastructures» liées à la réorganisation des armées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), selon le quotidien «Libération».
Hervé Morin, a fait valoir que ces questions feront l'objet d'une «réflexion inter armée», autrement dit, associant les trois armes (terre, air et marine), et qu'elle devra «intégrer l'ensemble des priorités du Livre blanc» sur la défense et la sécurité nationale.
Selon le document publié par "Libération", des unités seront supprimées et d'autres transférées. Seraient supprimées les garnisons de Limoges, Lunéville, Versailles (partiellement), Noyon, Saarburg (Allemagne), Bourg-Saint-Maurice, Senlis, Bitche, Laon-Couvron, Commercy, Fontevraud (partiellement), Charleville-Mézières, Sourdun, Joigny, Chaumont, Dieuze, Rambouillet, Chateauroux, Arras, Givet, Briançon et Barcelonnette. De plus petites implantations doivent également être dissoutes à Château-Chinon, Fourchambault, Guéret, Neuvy-Pailloux, Tulle, Langres, Saint-Florentin et Bruz.
Sources : Reuters, AFP, Usine Nouvelle, Le Point, Libération
A lire également :
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Commentaires
Sourdun
23 juin 2008 10:19:00
Publié le 21/06/2008 à 16:24 Le Point.fr
Elus et locaux défilent pour sauver la base militaire de Sourdun
AFP
Classez Plusieurs centaines de personnes, dont plusieurs élus locaux du Provinois, ont manifesté samedi à Sourdun, en Seine-et-Marne, pour le maintien dans cette commune du 2e régiment de hussards (2e RH).La manifestation a rassemblé 700 personnes selon la police, 1.500 selon les organisateurs. Parti du centre-ville de Sourdun, vers 10 heures, le cortège a emprunté la RN19 avant de s'arrêter devant l'entrée de la base, où le chef de corps, le colonel Eric Maury, a courtoisement salué les manifestants.
Sur place, l'ancien ministre et député-maire de Provins Christian Jacob (UMP) a exprimé son "incompréhension totale" à l'égard d'une réforme qui veut sauver "50 à 60 postes gagnés d'un côté et 30 millions de chiffre d'affaires qui disparaissent de l'autre, 20 millions d'investissements faits depuis cinq ans et qui partent en fumée".
Selon le maire de Sourdun, Eric Torpier (UMP), le déménagement du 2e RH vers Haguenau en Alsace laissera sa commune avec un manque à gagner de 150.000 euros, soit "un tiers des dotations la municipalité". Le 2e RH, également connu sous le nom de Régiment blindé de recherche du renseignement (RBRR), est une unité spécialisée dans le renseignement dont la mission est d'infiltrer les arrières ennemis.
bases de défense
23 juin 2008 23:08:41
Hervé Morin annonce la création de onze "bases de défense" expérimentales
23/06/08
PAU (AFP) — Le ministre de la Défense Hervé Morin a annoncé lundi à Pau la création dès 2009 de onze "bases de défense" expérimentales, symboles de la réforme des armées engagée dans la foulée du Livre blanc de la défense.
"Il s'agit d'une révolution copernicienne", a assuré M. Morin précisant que cette "expérimentation débutera cet été et s'achèvera en juillet 2009 pour une généralisation à partir de la fin de l'année 2009".
A terme, en 2014, "les bases de défense seront au nombre de 87, soit 78 sur le territoire métropolitain, dont 5 à Paris, et 9 outre-mer", a précisé le ministre. Elles compteront en moyenne 300 personnes affectées au soutien de 2.800 militaires.
Annonçant la liste des onze bases expérimentales, M. Morin a indiqué qu'elles seront à "dominante armée de terre" à Clermont-Ferrand, Marseille, Laudun, Valence, La Valbonne et Rennes, armée de l'air, à Avord, Nancy et Creil et marine, à Brest. La onzième sera la base "interarmée" permanente de Djibouti.
La réforme de la Défense, a souligné M. Morin, représente "un effort sur six ans qui devrait permettre de dégager 2 milliards d'euros par an" au profit des forces opérationnelles et du budget d'équipement des armées qui sera porté de 16 à 18 milliards d'euros annuels.
Les bases de défense y concourront, a-t-il détaillé, en regroupant les fonctions de soutien et d'administration (finances, ressources humaines, santé, communication, alimentation, habillement...) des unités situées dans un rayon de 30 km.
L'objectif à terme est d'inverser le ratio forces de soutien/forces opérationnelles, actuellement de 60% pour les premières, 40% pour les secondes.
M. Morin s'est en revanche montré plus circonspect sur les perspectives d'externalisation de fonctions comme l'habillement, l'alimentation ou les infrastructures.
"A titre personnel, je ne suis pas un fana de l'externalisation", a-t-il dit, se réservant d'y "recourir de façon modérée et dans la deuxième partie de la prochaine loi de programmation militaire" 2009-2014.
Sur la seule base de Pau, qui deviendra une base de défense en 2009, le personnel affecté aux fonctions de soutien devrait être réduit de 15% (80 personnes) pour une économie annuelle de 4 millions d'euros.
valerie
28 jan 2009 11:13:15
pourquoi ne pas transformer les anciennes casernes en prisons? et sauver une partie du budget de construction des nouvelles prisons...au lieu d'y reloger les statisticiens?


