Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale prévoit une réduction des effectifs de la défense de 54.000 personnes sur 6 à 7 ans. C'est en tout cas l'information qui circule lundi, émanant d'une "source autorisée".
Nicolas Sarkozy doit présenter demain à 3.000 soldats triés sur le volet les grandes lignes de ce rapport, qui tente de donner un nouveau visage à l’armée française pour les 15 années à venir.
La réduction de postes devrait toucher aussi bien les effectifs militaires que civils de la défense, qui emploie en tout 320.000 personnes. Les trois armes (terre, air, mer) seront affectées.
La liste des unités et des implantations concernées doit être annoncée début juillet par le ministre de la Défense Hervé Morin.
Dans une tribune publiée dans Le Monde daté de mardi, ce dernier justifie la réforme à venir, sans évoquer explicitement une réduction des effectifs, affirmant qu'"il nous faut continuer à adapter notre défense au monde qui bouge". "Notre outil militaire doit s'adapter à la globalisation et aux nouvelles menaces", écrit-il, démentant toute "dégradation" de l'armée française.
"Peut-on parler de dégradation quand le contrat opérationnel, arbitré par le président de la République pour l'armée de terre, prévoit une capacité de projeter 30.000 hommes en six mois - donc avec plus de réactivité - sur un arc de crise allant de la Mauritanie à l'Afghanistan?", lance-t-il encore.
Mais la nouvelle carte militaire inquiète d’ores et déjà les élus. L'armée de terre devrait quitter Nantes, si l’on en croit son maire, Jean-Marc Ayrault. À Brest, la Marine nationale envisagerait de d’alléger sa « cargaison » …
Reçu à sa demande, par Hervé Morin, ministre de la Défense, Jean-Marc Ayrault a ainsi appris que toutes les unités de l'armée de terre basées à Nantes quitteraient la ville à plus ou moins long terme. Et le président du groupe socialiste à l'Assemblée de râler : « Cela représente au moins 750 militaires. Je ne peux que m'opposer à cette décision. Je vais demander une audience au Premier ministre. »
Selon Ouest-France, à terme, vers 2011, il ne resterait donc, à Nantes, que les bureaux d'information des armées, le commandement de la marine pour la Loire-Atlantique et les gendarmes.
Selon un document interne de l'état-major de l'armée de terre révélé par «Libération», et qualifié de «document de travail» par le ministre de la Défense, quelque trente garnisons pourraient fermer d’ici à 2012, et plus d’une dizaine de régiments seraient dissous.
Le document, daté du 4 février 2008, concerne des «opérations domaniales et infrastructures» liées à la réorganisation des armées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), selon le quotidien «Libération».
Hervé Morin, a fait valoir que ces questions feront l'objet d'une «réflexion inter armée», autrement dit, associant les trois armes (terre, air et marine), et qu'elle devra «intégrer l'ensemble des priorités du Livre blanc» sur la défense et la sécurité nationale.
Selon le document publié par "Libération", des unités seront supprimées et d'autres transférées. Seraient supprimées les garnisons de Limoges, Lunéville, Versailles (partiellement), Noyon, Saarburg (Allemagne), Bourg-Saint-Maurice, Senlis, Bitche, Laon-Couvron, Commercy, Fontevraud (partiellement), Charleville-Mézières, Sourdun, Joigny, Chaumont, Dieuze, Rambouillet, Chateauroux, Arras, Givet, Briançon et Barcelonnette. De plus petites implantations doivent également être dissoutes à Château-Chinon, Fourchambault, Guéret, Neuvy-Pailloux, Tulle, Langres, Saint-Florentin et Bruz.
Sources : AFP, Ouest France, Libération

1 Commentaire
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Excellente mesure, vue 'l'ambiance' internationale, mieux vaut supprimer son armée et laisser faire... Même la police/gendarmerie est réduite, c'est embêtant pour une politique sois disante basée sur la sécurité. Même au Canada ils investissent pour renforcer leur armée, pourquoi cette fois-ci ils ne copie pas la politique outre-atlantique ?
16 juin 2008 à 18:36Ajoutez un commentaire
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