La Syrie a signé avec le français Lafarge deux contrats de près de 1,2 milliard de dollars pour la construction de deux cimenteries à Damas et à Alep, a indiqué dimanche le quotidien officiel As-Saoura, citant un responsable du gouvernement français.
Dans une interview publiée samedi par les quotidiens libanais L'Orient-Le Jour, Assafir et Annahar - le jour de sa venue à Beyrouth pour apporter son soutien au président du Liban Michel Souleïmane - Nicolas Sarkozy a déclaré qu'”aujourd'hui, une nouvelle page est peut-être en train de s'ouvrir dans les relations entre la France et la Syrie".
Ces deux usines, dont la construction doit commencer en 2008, "sont parmi les investissements étrangers les plus importants en Syrie", selon le journal.
En 2007, les exportations de la Syrie vers la France se sont élevées à 700 millions de dollars, alors que les exportations de la France vers la Syrie ont atteint 500 millions de dollars, selon as-Saoura.
Le quotidien évoque également un projet français pour "agrandir et exploiter le port de Lattaquié", dans le nord-ouest de la Syrie, ainsi que des projets du groupe de distribution français Carrefour pour ouvrir ses premiers supermarchés en Syrie.
Une usine de fromage Bel-Syrie, construite par le groupe français Bel et inaugurée en septembre 2005, avait constitué le premier investissement français direct en Syrie, hors domaine pétrolier.
Interrogé samedi par des quotidiens libanais, Nicolas Sarkozy a affirmé pour sa part que "depuis trop longtemps, la situation de blocage et de crise au Liban empêchait la reprise progressive d'un dialogue" entre la France et la Syrie, “je veux dire d'un dialogue qui permette à nos deux pays de parler de leurs intérêts communs", a-t-il poursuivi. "Les choses sont peut-être en train de changer. C'est en tout cas ce que je souhaite" a-t-il ajouté.
Le quotidien al-Watan, proche du pouvoir syrien, s'est félicité dimanche de la visite du président Nicolas Sarkozy la veille à Beyrouth et de l'ouverture pratiquée par Paris en direction de Damas.
"La visite du président Sarkozy à la tête d'une importante délégation est une bonne surprise. Elle présente un soutien au nouveau pouvoir dirigé par (le président) Michel Sleimane", a affirmé le quotidien dans le seul commentaire publié par la presse syrienne.
M. Sarkozy, premier chef d'Etat occidental à rencontrer le président élu le 25 mai après six mois de vide à la tête de l'Etat, "a montré que toute la France, y compris les différents partis politiques, reste attachée à la vie institutionnelle au Liban", selon al-Watan.
Le quotidien syrien aussi note que "les dirigeants français donnent une plus grande importance à l'ouverture à la Syrie, via les contacts et la coopération avec Damas".
Le dénouement de la crise au Liban a ouvert la voie à une reprise des contacts au niveau présidentiel entre la Syrie et la France. Le dialogue avait été suspendu en décembre dernier par Paris, qui accusait Damas de bloquer l'élection présidentielle au Liban.
"La France sait l'important rôle régional joué par la Syrie dans tous les dossiers. Elle est consciente de l'importance des intérêts français sur le plan économique et des investissements » en Syrie, ajoute al-Watan.
Le 29 mai dernier, Nicolas Sarkozy avait remercié son homologue syrien Bachar al-Assad pour sa contribution au "développement positif" de Doha. Il a aussi renouvelé son souhait de "développer" leurs liens et l'a invité au sommet qui doit lancer l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet à Paris.
La présidence française a annoncé à l'occasion de la visite à Beyrouth que le conseiller diplomatique de M. Sarkozy, Jean-David Levitte, et le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, se rendraient dans les prochains jours à Damas.
Source : AFP, Reuters
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Le dictateur syrien Bachar el-Assad invité officiel au défilé du 14 Juillet
Bachar el-Assad.
Il y a quelques mois encore, il était traité en paria au sein de la communauté internationale, monde arabe inclus, pour l’implication présumée de son régime dans l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
JEAN-PIERRE PERRIN
LIBERATION.FR : mercredi 11 juin 2008
A la tribune officielle du 14 juillet, place de la Concorde, il y aura le carré des dictateurs.
On y trouvera côte à côte le président syrien Bachar el-Assad, le Tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, sans doute aussi l’Egyptien Hosni Moubarak… Il y aurait pu avoir aussi le colonel Kadhafi, s’il ne s’était élevé bruyamment contre le projet de l’Union pour la Méditerranée. Les autres chefs d’Etat se voient ainsi récompensés de leur participation à ce projet lancé par Nicolas Sarkozy qui fera l’objet d’un sommet à Paris, la veille de la fête nationale.
La surprise vient cependant de la venue du président syrien, qui, il y a quelques mois encore, était traité en paria au sein de la communauté internationale, monde arabe inclus, pour l’implication présumée de son régime dans l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
L’annonce de la possible présence de Bachar el-Assad à la tribune officielle est d’ailleurs venue de Beyrouth. Samedi, lors d’une interview à une télévision arabe, le leader druze Walid Joumblatt en évoquait la possibilité, qualifiant une telle invitation de «honte pour le peuple français». Elle a été confirmée hier à Paris de source diplomatique. Elle sera précédée début juillet par la visite dans la capitale française du ministre syrien des Affaires étrangères.
[...]
L’invitation faite à Bachar a d’ailleurs jeté un froid à Beyrouth parmi les dirigeants du «14 mars», la majorité antisyrienne.
Cette invitation intervient enfin alors que le durcissement du régime, depuis sa mise en cause dans l’assassinat d’Hariri, a jeté en prison les derniers journalistes et intellectuels qui se battaient pour la liberté d’expression, faisant qualifier la Syrie par l’ONG Reporters sans frontières de «capitale de la répression».
Elle devrait aussi choquer nombre de diplomates français, qui se souviennent de l’assassinat en 1981 de l’ambassadeur français Louis Delamarre, imputé à Damas. Certes, Bachar el-Assad n’était pas alors au pouvoir mais le régime, lui, est bien dans la continuité de celui du défunt Hafez el-Assad.
12 juin 2008 à 00:42http://www.liberation.fr/actualite/monde/331415.FR.php
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