Sarkozy : la France n'aura plus de contacts avec la Syrie

Cousseran_syrieDécision qui pourrait être lourde de conséquences, notamment du fait des très proches relations entre la Syrie et l'Iran ... Nicolas Sarkozy vient d'annoncer que la France n'aura plus de contacts avec Damas tant que le régime syrien ne laissera pas le Liban élire un "président de consensus".

Fixée à samedi dernier, l'élection du président libanais a été encore reportée, pour la onzième fois depuis le 25 septembre. Pour rappel, le président français s'est entretenu à plusieurs reprises avec le président de la Syrie, ancienne puissance de tutelle du Liban.

"Je ne regrette pas et j'assume les contacts" avec le président syrien Bachar el Assad mais la France n'aura "plus de contacts avec les Syriens tant que nous n'aurons pas des preuves de la volonté des Syriens de laisser le Liban désigner un président de consensus", a prévenu le président français lors d'une conférence de presse commune au Caire avec le président égyptien Hosni Moubarak.

"Il est venu le temps pour les Syriens de prouver dans les faits ce qu'ils ne cessent de proclamer dans les discours", a déclaré Nicolas Sarkozy. "La France a pris la responsabilité d'un dialogue conditionné avec la Syrie. Nous attendons maintenant des actes de la part des Syriens et non pas des discours. Le Liban doit avoir un président, un président de consensus", a-t-il ajouté.

Dans un entretien publié samedi par le quotidien égyptien Al-Ahram, le Président français explique avoir demandé à son homologue syrien "de contribuer au bon déroulement de l'élection présidentielle (libanaise) dans le respect de l'indépendance et de la souveraineté du Liban".

"La France peut accompagner la Syrie sur la voie de la respectabilité internationale. Mais il faut que la situation se dénoue au Liban", déclare le chef de l'Etat français dans l'entretien. "J'estime que la France a fait sa part de travail. Je n'ai pas ménagé mes efforts ces derniers mois. La bonne volonté doit maintenant se traduire en actes", a ajouté le président.

Dans le journal Le Figaro daté du 26 décembre, Georges Malbrunot précise qu'après le nouvel échec, la semaine dernière, de l'élection du président de la République au Liban, nombre de dirigeants arabes reprochent à Nicolas Sarkozy ses avances à l'égard de la Syrie, qui n'a pas assoupli pour autant sa position sur le Liban, où l'impasse institutionnelle persiste.

En appelant à plusieurs reprises le président Bachar al-Assad, ou en envoyant à Damas son conseiller Claude Guéant, Georges Malbrunot estime que “Sarkozy s'est exposé” pêchant sans doute par naïveté à l'égard d'un régime syrien passé dans l'orbite iranienne et qui n'a jamais accepté d'avoir été piteusement bouté hors du Liban, après l'assassinat, en 2005, de l'ancien premier ministre, Rafic Hariri”.

Le 12 décembre, dans un entretien au Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy s'était dit "prêt à aller à Damas", posant toutefois comme conditions à son déplacement "une élection de consensus au Liban" et “l'arrêt des assassinats", "J'ai la conviction que la France doit parler avec tout le monde en tenant fermement le discours des valeurs qui sont les siennes", avit alors expliqué le chef de l'Etat.

"J'ai certes beaucoup hésité avant d'appeler (le président syrien) Bachar el-Assad. Je l'ai appelé deux fois et lui ai envoyé mes plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Jean-David Levitte", respectivement secrétaire général de l'Elysée et conseiller diplomatique du président, poursuivait-il.

Pour rappel, M. Cousseran, émissaire personnel de M. Bernard Kouchner s'était également rendu à Damas le 29 octobre 2007.

"Bien sûr, la Syrie n'est pas un régime démocratique mais s'il y a une élection de consensus au Liban, si les assassinats s'arrêtent et si la Syrie n'entrave pas l'action du Tribunal international (sur l'assassinat de Rafic Hariri, ndlr), alors je suis prêt à aller à Damas", affirmait M. Sarkozy.

Cet entretien a été rendu public peu après qu'un général de l'armée libanaise, proche du candidat favori à la présidence et responsable des opérations contre des rebelles islamistes l'été dernier, a été tué dans un attentat qui a fait quatre morts dans une banlieue chrétienne de Beyrouth.

Depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en février 2005, sept autres personnalités antisyriennes ont été tuées dans des attentats imputés par la majorité parlementaire à la Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban.

Le 21 décembre dernier, Nicolas Sarkozy a déclaré au président syrien Bachar el-Assad que la date du 22 décembre devait être respectée pour l'élection d'un président au Liban, selon des porpos rapportés par le porte-parole de l'Elysée, David Martinon. Le président de la République s'est entretenu avec son homologue syrien et lui a "redit que la France était plus que jamais attachée à l'élection d'un président libanais, un président de large rassemblement", a expliqué David Martinon lors de son point de presse hebdomadaire. Le chef de l'Etat a dit que "notre horizon, c'était désormais l'horizon du 22 décembre (...) et qu'il entendait que cette date soit respectée et que l'on trouve une solution à cet processus électoral", avait ajouté le porte-parole.

Mais, pour la onzième fois depuis le 25 septembre, l'élection du président libanais, qui avait été fixée à samedi, a été reportée vendredi "à la fin de la semaine prochaine".

L'actuel gouvernement pro-occidental de Fouad Siniora et l'opposition pro-syrienne emmenée par le Hezbollah se sont mis d'accord sur le choix d'un candidat de consensus à la présidence, le chef de l'armée, le général Michel Souleïmane, mais l'opposition veut avoir un droit de veto dans la future équipe dirigeante.

Sources : Reuters, Le Monde, AFP, JDD

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7 Commentaires

  1. 1

    attila

    Une précision, la décision concernant l'élection du nouveau président du Liban a été repousser au 12 janvier selon un communiqué du bureau du président du parlement libanais publié vendredi

  2. 2

    Elisabeth

    Ok ! Merci bcp pour l'info

  3. 3

    Guéant

    LE CAIRE (AP) - Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a contacté à deux reprises lundi le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem pour évoquer la situation au Liban, selon l'agence de presse officielle syrienne Sana.
    La veille, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il ne "prendrait plus de contact" avec la Syrie tant que Damas n'aurait pas "prouvé dans les faits" sa volonté d'aider le Liban à sortir de sa crise politique, lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le président égyptien Hosni Moubarak au Caire.
    Selon l'agence Sana, le ministre syrien et Claude Guéant ont discuté lors de leurs conversations téléphoniques des moyens "d'aider les parties libanaises à surmonter la crise politique actuelle et à aboutir à une solution de compromis qui garantisse la sécurité et la stabilité du Liban

  4. 4

    Elisabeth

    Sarkozy ne maitriserait-il plus ses "troupes" ?

  5. 5

    attila

    DAMAS - La Syrie a décidé de cesser sa coopération avec la France sur la crise libanaise en réponse à la suspension des contacts diplomatiques bilatéraux annoncés par Paris, a déclaré mercredi le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem.

  6. 6

    el gringo

    Bernard Kouchner impute à "l'Elysée" le fiasco franco-syro-libanais

    La photo couvre la "une" du supplément dominical du New York Times daté dimanche 3 février : le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, y est en vedette. Sous le titre "Un homme d'Etat sans frontières", un très long portrait retraçant son passé politique et humanitaire, écrit avec empathie, mais sans complaisance, en constitue le principal dossier.

    Le journaliste James Traub l'a suivi dans plusieurs de ses déplacements et a longuement conversé avec lui. Il a, en particulier, été du voyage au Liban, en octobre 2007, que M. Kouchner entreprit pour tenter de résoudre la crise institutionnelle et de réconcilier les factions. "Kouchner pensait qu'il pouvait y arriver. Il pense presque toujours que lui peut faire la différence", écrit M. Traub.

    Il rapporte des propos tenus alors par le ministre en privé. Si vous élisez un nouveau président de la République avant la conférence de paix pour le Proche-Orient d'Annapolis (27 novembre 2007), explique-t-il à ses interlocuteurs, "cela changera tout". "Bien entendu, les factions libanaises ne passèrent pas de compromis et Annapolis ne généra aucune avancée décisive", note le journaliste.

    Début novembre 2007, Nicolas Sarkozy avait dépêché à Damas le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le conseiller diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte. "Kouchner, qui considère les Syriens comme des tueurs impitoyables, était révolté et humilié." Cette initiative s'est soldée par "un fiasco de la diplomatie française", juge M. Traub. En décembre, le président français annonçait la rupture des pourparlers avec Damas.


    "PROBLÈME D'EXPÉRIENCE"

    Le New York Times demande alors à M. Kouchner si son échec "ne démontre pas les limites de sa marque de fabrique : la diplomatie intime" ? "Désolé, c'est le contraire. Le problème consiste à ne pas jouer le jeu que les miens sont allés jouer à Damas", répond-il. Le problème, ajoute-t-il, a été "l'Elysée". Le cabinet du président ? Pas M. Levitte, précise-t-il, "il était d'accord avec moi". Le journaliste lui signale alors que ce dernier ne lui a pas donné la même version. "C'est un gars loyal, répond M. Kouchner. Mais il savait que j'avais raison."

    Le ministre laisse entendre que le secrétaire général, Claude Guéant, et son entourage sont responsables du fiasco. "C'est toujours pareil avec eux, c'est un problème d'expérience." "Ceux qui sont au courant le savent", conclut le ministre, qui se montre par ailleurs fort peu diplomate en jugeant le président des Etats-Unis, George Bush, "honnête, quoiqu'embrouillé".

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/02/04/bernard-kouchner-impute-a-l-elysee-le-fiasco-franco-syro-libanais_1007057_3218.html#ens_id=1007178

  7. 7

    Elisabeth

    Ca decoiffe !
    entre Fillon et Kouchner qui osent enfin dire tout haut ce qui se passe, il souffle un mauvais vent pour Sarko

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