Ouf ! Pourra fort justement s'exclamer Nicolas Sarkozy. Alors que la France va très prochainement reprendre le flambeau de la Présidence de l'UE, Paris et tout particulièrement Bercy viennent d'échapper belle.
De là à ce que les deux soient intimement liées, il n'y a qu'un pas ...
Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de reporter de deux ans – soit jusqu'en 2012 - l'échéance pour le retour à l'équilibre des finances publiques de la zone. Cette mesure a été adoptée pour tenir compte du ralentissement économique, nous dit-on .... Merci de n'y voir aucune position d'ordre politique, bien entendu ...
"Ce que nous disons aujourd'hui, c'est que 2010 demeure l'objectif mais qu'il est conditionné au cycle économique et à ses performances", a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.
La décision revêt tout de même le "fabuleux" avantage de permettre à la France de sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouvait vis-à-vis de ses partenaires européens après la décision unilatérale annoncée par Nicolas Sarkozy peu après son entrée à l'Elysée de s'affranchir de l'échéance de 2010 en la repoussant de deux ans.
L'Italie a de son côté plaidé pour disposer d'un délai supplémentaire jusqu'en 2011.
La croissance économique de la zone euro devrait ralentir à 1,7% cette année après 2,6% en 2007 et sans un doute un peu plus encore en 2009, selon les prévisions de la Commission européenne.
En France, la croissance ne devrait pas dépasser 1,6% cette année après 2,2% en 2007 puis 1,4% en 2009, selon Bruxelles. Le gouvernement français s'avère quant à lui plus optimiste – voire même adepte de la méthode Coué - sa prévision de croissance se situant dans une fourchette de 1,7% à 2,0%.
Pour Christine Lagarde, les prévisions actualisées de l'exécutif européen ne tiennent "pas compte du tout" des effets de la loi de modernisation de l'économie et "très modérément" des efforts de réduction des dépenses publiques dans le cadre de la revue générale des politiques publiques (RGPP).
L'échéance de 2010 avait été arrêtée en avril 2007 par les ministres des Finances qui pensaient pouvoir profiter de l'amélioration de la conjoncture pour assainir plus rapidement les finances publiques.
Le président français avait fait valoir que le coût des réformes structurelles qu'il entendait mettre en oeuvre après son élection pouvait rendre impossible le respect de ce délai.
Mais tout n'est pas rose pour la France et Nicolas Sarkozy .. Bruxelles a néanmoins adressé mercredi une "recommandation" à la France pour l'inciter à mener de front réformes structurelles et réduction du déficit. La Commission européenne s'attend en effet à ce que le déficit public de la France atteigne le seuil maximal de 3% du Produit intérieur brut l'année prochaine après 2,9% cette année et 2,7% en 2007.
L'ensemble des ministres des Finances de la zone euro ont soutenu le point de vue de la Commission et la "recommandation" adressée à la France, a souligné le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia lors de la conférence de presse.
Sources : Reuters, AFP
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3 Commentaires
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Ils ont choisi la date de 2012 espérant qu'il y'aura une inverssion des pôles, mais alors il faudra attendre jusqu'au 21 décembre. LOL
02 juin 2008 à 22:342
J'ai pensé à la même chose ! La date 2012 m'a fait sourire. Peut-être que eux aussi ont peur pour choisir cette année.
03 juin 2008 à 01:233
Voilà qui ne rend pas l'Eurogroupe très crédible. Bon, la France l'est encore moins sur ce sujet...
04 juin 2008 à 18:20Ajoutez un commentaire
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